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Spoilers…

En 1997, Mick Garris réalise, avec l’appui de Stephen King (qui non seulement aide à la production, mais fait lui-même l’adaptation), une nouvelle version de son chef d’œuvre littéraire Shining. En effet, si le roman écrit en 1977 avait déjà été adapté au cinéma en 1980 par Stanley Kubrick, King lui-même avouera toujours être horriblement déçu du résultat. Le film de Kubrick est, visuellement parlant, un choc terrifiant, un chef d’œuvre d’angoisse. Mais en ce qui concerne l’adaptation du roman, c’est catastrophique, on ne retrouve que le nom des personnages et des lieux, et quelques rares passages (la chambre hantée, la réserve).

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Bref, un film fantastique formellement parlant, mais une adaptation ratée. En revanche, quand on sait que c’est King lui-même qui a signé l’adaptation scénarisée de son roman pour ce TVfilm, on peut vraiment se dire que, cette fois-ci, même si le résultat n’atteindra pas les hauteurs visuelles et artistiques du film de Kubrick, il sera au moins bien mieux respectueux du roman. Et, en effet, tout du long de ses 260 minutes (trois parties, le tout tient sur 2 DVD), Shining, Les Couloirs De La Peur (connement rebaptisé Les Couloirs Du Temps sur la jaquette DVD) est une adaptation quasi parfaite. Mais souffrant d’un manque de style flagrant.

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Steven Weber, Rebecca DeMornay, Melvin Van Peebles, Elliott Gould, Pat Hingle, Will Horneff et Courtland Mead sont les acteurs de ce film. Steven Weber et Rebecca DeMornay, dans les rôles de Jack et Wendy Torrance, Courtland Mead (dont je trouve qu’il a une tête à claques, désolé) dans le rôle de Danny. On retrouve même dans le film le personnage de Watson, le chauffagiste de l’hôtel Overlook (Pat Hingle), qui brille par son absence dans le film de Kubrick. Le personnage de Stuart Ullman (Elliott Gould), directeur de l’hôtel, retrouve toute sa personnalité de gros con prétentieux, comme dans le roman, alors que dans le film de Kubrick, il était tout mielleux. Enfin, Tony, l’alter ego imaginaire de Danny, est enfin montré, comme dans le roman (pas comme dans le Kubrick, où il était trop légèrement représenté par un…doigt de Danny !), et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce personnage imaginaire sensé représenter Danny adolescent (Tony pour Daniel Anthony Torrance) a une telle importance dans le roman que le passer à l’as dans le film de Kubrick était une grave erreur.

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Je ne raconterai pas l’histoire ici, il suffit d’aller voir l’article sur le film de Kubrick, ou de lire le livre, pour la connaître. En gros, c’est l’histoire d’un écrivain ex-alcoolique qui part s’installer comme gardien dans un immense palace perdu dans les montagnes du Colorado, avec sa femme et son petit enfant aux dons de médium. Mais l’hôtel est hanté, maudit, et les dons de Danny vont, involontairement, tout déclencher…

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Riche en passages angoissants comme l’attaque des animaux de buis, le parc de jeux, la chambre 217 hantée ou la visite de l’hôtel (Danny et ses visions glauques), Shining, Les Couloirs De La Peur est un excellent TVfilm. Steven Weber est excellent (contrairement à Nicholson, qui semblait fou dès le début du film, ici, on sent bien que le personnage de Jack Torrance devient fou peu à peu, au fil du temps), Rebecca DeMornay est plus dans le style de la Wendy du roman, Melvin Van Peebles joue un Hallorann parfait (en revanche, physiquement, je lui préfère, cette fois, Scatman Crothers du film de Kubrick).

Courtland Mead, en revanche, est assez irritant, ce qui est dommage car, comme dans le roman, le TVfilm se base surtout sur Danny plus que sur Jack (dans le film de Kubrick – on y revient toujours, mais comment ignorer ce film ? – on se base surtout sur le personnage de Jack Torrance).

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En résumé, un TVfilm très long (4h20), mais remarquable. Scandaleusement sous-estimé, Shining, Les Couloirs De La Peur est à voir si vous êtes fan de Stephen King. Certes, le film de Kubrick est visuellement plus réussi, et instaure une ambiance plus oppressante et terrifiante. Mais en terme d’adaptation, ce TVfilm de Mick Garris est parfait. On se prend à rêver d’un film alliant la réussite formelle du film de Kubrick et la réussite scénaristique de ce TVfilm de 1997…là, pour le coup, on aurait un chef d’œuvre complet !