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Spoilers…

Jean Rollin est un réalisateur bien particulier. C’est un des très rares (voire même le seul) spécialistes, en France, du cinéma fantastique. Ses films sont quasiment tous centrés sur le thème du vampirisme (même si ce n’est pas le cas pour le film que je vais aborder ici), et sont fortement connotés d’érotisme soft (comprendre : nudité), de poésie. Quelquefois gore (mais le sang ne coule quand même pas à flot, sauf dans Les Raisins De La Mort et La Morte-Vivante, que j’ai déjà abordé ici), ses films sont, surtout, lents.

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On parle de lui comme d’un réalisateur de série Z, ce qui est faux, même si ses films les plus récents sont franchement, pourris (La Fiancée De Dracula). Jean Rollin est, en revanche, un vrai réalisateur de films B, ça, c’est évident ! Et, quelquefois, de nanars, mais le film que je vais aborder ici, Les Démoniaques, réalisé en 1973, n’est pas un nanar. Malgré des dehors un peu bisseux. Le film est interprété par Joëlle Cœur, Willy Braque, John Rico, Patricia Hermenier, Louise Dhour, Paul Bisciglia, Mireille Dargent, Jean-Pierre Bouyxou. Jean Rollin en a signé le scénario. Avec une musique de Pierre Ralph, plutôt réussie, le film est centré sur le thème de la vengeance.

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L’action se passe sur les Côtes du Nord de l’Europe (en France, Belgique, on ne le sait pas vraiment). Une bande de naufrageurs (pilleurs de bateaux provoquant des naufrages), menés par le Capitaine (John Rico – les deux autres naufrageurs sont joués par Willy Braque et Paul Bisciglia) et sa fiancée Tina (Joëlle Cœur), font, un jour, naufrager un bateau. Seules deux jeunes femmes, deux jumelles vierges (Patricia Hermenier et Louise Dhour, pas jumelles dans la vie, mais physiquement ressemblantes), survivent au naufrage. Les naufrageurs les violent, et les laissent pour mortes.

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Mais le Capitaine va les voir, sans cesse, le hanter, dans ses rêves, mais également quand il ne dort pas. Il les aperçoit, ensanglantées, le regardant fixement, et se demande s’il n’est pas en train de perdre la boule. Les deux jeunes femmes ne sont en effet pas mortes, mais ont trouvé refuge dans un château en ruines, et, avec l’aide du maître des lieux, qui a tout du vampire (ç’en est un), préparent leur vengeance…Une vengeance quasiment d’outre-tombe…

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Très lent, assez particulier (le film démarre d’une manière assez grotesque, avec 17 minutes sans dialogues, et présentation, en médaillon incrusté dans le centre de l’image, des naufrageurs, très kitsch), avec un jeu d’acteurs pas toujours excellent (Joëlle Cœur est meilleure quand elle montre son cul et ses seins que quand elle joue la comédie, et John Rico, en particulier, est mauvais), et une réalisation simple, parfois inégale.

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Cependant, Les Démoniaques est une des meilleurs films de Rollin, un de mes préférés aussi, car un des plus étranges. Un des plus tragiques, aussi, il suffit de voir la fin (personne ne survit). On ne conseillera pas ce film aux plus prudes, car la nudité féminine y est particulièrement importante. Rollin n’est pas un obsédé, mais il a toujours aimé montrer de la nudité soft, teintée de poésie, dans ses films (ses deux premiers films s’appellent, quand même, Le Viol Du Vampire et La Vampire Nue !). Ici, surtout en ce qui concerne les deux jeunes femmes, c’est très fréquent. Ca ne rend pas le film plus intéressant, et ça ne l’enfonce pas non plus. C’est, en gros, la marque de fabrique de Jean Rollin. Ceux qui ont vu un de ses films savent très bien de quoi je veux parler : il n’y à que Jean Rollin pour faire du Jean Rollin, ses films sont inimitables, et souvent inoubliables. La poésie du macabre, en somme !