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Spoilers…

En 1988, Thomas Harris, écrivain américain, sort son roman Le Silence Des Agneaux, second volet de sa saga ‘Hannibal Lecter’ (après Dragon Rouge en 1981, adapté au cinéma en 1986 – Le Sixième Sens – et 2004 – Dragon Rouge). Deux ans plus tard, le film sort, réalisé par Jonathan Demme. Et devient immédiatement un succès populaire, malgré sa violence, sa crudité et son interdiction aux moins de 16 ans. Le Silence Des Agneaux est à ce jour encore considéré comme le sommet insurpassable (ou alors, seulement par Seven) du thriller et du film de serial-killer. Jodie Foster, Anthony Hopkins, Scott Glenn, Ted Levine, Anthony Heald sont les acteurs principaux de ce film mythique. On trouve aussi, dans de petits rôles, le chanteur Chris Isaak (le commandant du SWAT, à Memphis), George A. Romero (un agent du FBI à Memphis), Roger Corman (chef du FBI), Charles Napier (lieutenant Boyle).

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Anthony Hopkins, dans le rôle d’Hannibal Lecter, est totalement effrayant, en même temps que très charismatique. Il obtint l’Oscar du meilleur acteur, pour sa performance qui, pourtant, n’est que limitée : il n’apparaît que dans environ 20 minutes du film. Une anecdote racontée par Hopkins est amusante : après la sortie du film, Hopkins se rend, un jour, dans un hôtel. L’employée, le voyant, sursaute, et lui dit Oh mon Dieu, c’est vous ! Vous…vous n’allez pas me tuer, n’est-ce pas ? Hopkins lui répondit, calmement (mais intérieurement très amusé) Non, pas ce soir ; pas encore. C’est dire si son interprétation a marqué les mémoires !

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L’histoire, tout le monde la connaît : Clarice Starling (Jodie Foster, remarquable), agent du FBI stagiaire, reçoit comme mission d’entraînement de rendre visite, à l’asile dans lequel il est enfermé, au serial-killer Hannibal Lecter, alias ‘le cannibale’, psychiatre de surcroît. La raison ? Le supérieur de Clarice, Jack Crawford (Scott Glenn, parfait), pense que Lecter pourrait les aider à dénicher un serial-killer insaisissable, Buffalo Bill, qui écorche ses victimes et retire leurs peaux. Clarice rencontre Lecter, qui lui offre quelques petits détails pouvant permettre d’en savoir plus sur Buffalo Bill. En fait, Lecter sait pertinemment (ou est bien près de savoir) qui est en réalité Buffalo Bill, mais il n’acceptera d’aider Clarice qu’à la condition que Clarice lui raconte sa vie. Contre un ‘échange de bons procédés’, en fait une vraie psychanalyse, Clarice en saura plus sur Buffalo Bill. De son coté, Lecter fomente lentement une combine pour s’évader, ce qui va rendre sa collaboration avec le FBI très compliquée…De son coté également, Buffalo Bill (Ted Levine, incroyable) vient de capturer une nouvelle victime, la fille d’une sénatrice très en vue…Le compte à rebours commence…

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Le film regorge de passages cultes, comme la danse de Buffalo Bill, grimé en travelo (le personnage est sexuellement déviant, persuadé qu’il est une femme piégée dans un corps d’homme), maquillé à outrance, dansant sur le splendide et étrange Goodbye Horses de Q Lazzarus. Mais d’autres passages marquent vraiment : chaque apparition d’Hannibal Lecter, surtout la première (Hopkins droit comme un I, dans sa cellule, reniflant le parfun de Jodie Foster). La scène de l’évasion de Lecter est la plus violente du film, et la plus flippante. On voit toute la folie et la cruauté sanglante du personnage dans cette scène.

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La fin, aussi, montrant Clarice affrontant Buffalo Bill dans une cave, dans la plus complète obscurité, est terrible : Clarice ne voit rien, et est à l’affût du moindre petit bruit. Buffalo Bill, lui, est silencieux, calme, et pour cause : il porte une paire de lunettes à vision nocturne, et voit parfaitement Clarice paniquer et regarder vainement à gauche et à droite. Sensation d‘oppression et de claustrophobie garanties. On n’ose s’imaginer à la place de Clarice. Magistral, angoissant, intelligent, terriblement bien adapté d’un roman encore plus terrifiant à cause de son réalisme, Le Silence Des Agneaux fait peur, fait sursauter, et rend totalement accro à ce genre cinématographique qu’est le thriller horrifique. Un chef d’œuvre absolu.