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SPOILERS...

Unique réalisation de Coluche, Vous N'Aurez Pas L'Alsace Et La Lorraine date de 1977, et est une comédie loufoque, débridée et très proche de l'esprit des Monty Python. N'ayant eu que peu de succès lors de sa sortie, le film a par la suite acquis un statut très enviable de film culte. C'est du en partie à l'aspect totalement dingue du film, à ses gags hilarants et fous, mais aussi et surtout à l'interprétation d'un acteur qui, à l'époque, n'était pas encore le grand acteur que l'on connait maintenant : Gérard Lanvin. Cet acteur peut tout faire : des roles dramatiques (Le Fils Préféré de Nicole Garcia) ou comiques (celui-ci, ou Le Boulet de Alain Berberian). Dans ce film coluchien par excellence, Lanvin joue le role principal (en dehors de Coluche), celui du Chevalier Blanc, un chevalier un peu beaucoup con, ne pouvant s'empecher de parler de sa propre personne, et ne pouvant s'empecher, dans ce cas, de chanter la meme chanson, le désormais cultissime on m'appelle le chevalier blanc, je vais et je vole au secours d'innocents..., etc, etc...

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Coté acteurs, le film est super bien pourvu, que ce soir Coluche dans le role du roi, Lanvin donc, ou encore Anémone, Roland Giraud, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Jean-Jacques, Martin Lamotte, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, ou encore la voix-off signée Christian Clavier. Coté musique, c'est monsieur Serge Gainsbourg qui signe le tout, excusez du peu. Coté image, c'est daté (le film a trente ans), mais sympa. Coté scénario, c'est un délire de chaque instant !!

Le roi Gros Pif 1er (Coluche) règne sur la France. Ses mousquetaires (dirigés par le chef des mousquetaires, Gérard Jugnot) collectent l'impot royal avec beaucoup de zèle, n'hésitant pas à passer plusieurs fois par semaine pour foutre la bérézina dans les villages (à propos, le village du début du film est Monpazier, dans la Dordogne, un village que je connais bien, ce qui me donne une raison supplémentaire pour adorer le film). Le roi, qui vit dans son chateau avec sa femme, la reine, et son amante (Anémone), est mal aimé, de ses sujets, et de ses ministres (parmi lesquels Michel Blanc, Roland Giraud). Avec l'aide des ministres et de la propre épouse du roi (la reine, Dominique Lavanant), le bouffon royal (Martin Lamotte) va ourdir un complot destinant à renverser et meme neutraliser définitivement le roi. Alors que ce dernier s'éclate (il est bien le seul, les autres convives sont bourrés et dorment) à sa soirée, il se fait enlever, et placer dans un cachot de son propre chateau.

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Pendant ce temps, le peuple veut du changement, et demande de l'aide au Chevalier Blanc (Gérard Lanvin) afin qu'il les sortent de la merde. Le Chevalier Blanc se rend au chateau (il parvient à grimper grace à une corde, mais ne cessera de tomber, cependant : à chaque fois qu'il arrive en haut, il se fait prendre à part par un soldat qui lui demande qui il est, et, lachant prise, il crie, en tombant dans les douves, on m'appeeeeeeeeeeeeeeeelle...plouf), et rencontre l'amante du roi, la Princesse (Anémone), qui lui apprend que le roi est prisonnier. N'écoutant que son courage, le Chevalier Blanc, après une sérénade dont la princesse se serait bien passé (c'est de sa faute, aussi, elle avait pas à lui demander qui il était), va tenter le tout pour le tout pour sauver le roi. Ce qu'il fera. Le trio s'enfuira du chateau, arpentera la campagne pour atteindre les Flandres, afin de rencontrer le roi des Flandres (Jean-Jacques). Avec le roi des Flandres, ils ourdiront un complot pour renverser les ministres du roi de france, qui ont pris le pouvoir après avoir neutralisé Gros Pif 1er...Ce complot consiste en une déclaration de guerre entre la France et les Flandres. Avec l'aide du Chevalier Blanc, Gros Pif parvient à gagner la guerre (une guerre amicale, dirons-nous), et à retrouver son trone...

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Vous l'aurez pigé, le film est un joyeux bordel, un portnawak intégral, cocasse et hilarant de bout en bout. Excellence des gags (le Chevalier Blanc se ratatinant les couilles en sautant du rempart vers la selle de son cheval...sans compter les gags visuels totalement incontrolables), beauté des décors naturels, acteurs délirants et au diapason, Coluche, pour son premier et unique film en tant que metteur en scène, a réussi une comédie populaire majestueuse. Comment oublier la scène où Lanvin sort de sa roulotte de gitan, en collant blanc, en chantant cette fameuse chanson, tout en se faisant enfiler ses bottes par des nains de jardins plus vrais que nature ? Ambiance très 'café-théatre', très montypythoniesque aussi, pour un résultat que l'on ne se lasse pas de voir et revoir.