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Spoilers (quoique…) !

Quatrième film des Charlots (après La Grande Java de Philippe Clair en 1970, Les Bidasses En Folie de Claude Zidi en 1971 et Les Fous Du Stade du même Zidi en 1972), Les Charlots Font L’Espagne date de 1972, et est réalisé par un spécialiste de la comédie populaire française, Jean Girault (les Gendarmes, c’est lui). Outre les Charlots (au nombre de 4 ici), le film est interprété par Jacques Legras, Yves Barsacq, Gérard Croce, et une foule d’acteurs/actrices nettement moins connus (et pas très talentueux).

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Le film, disons-le net, ne brille pas par la beauté de son scénario. En fait, il n’y à pas de vrai scénario. Quatre employés de la RATP assez farfelus partent en vacances en Espagne, par bus. Et à partir du moment où ils vont grimper dans le bus, une succession de péripéties va leur arriver : déjà, le conducteur (Jacques Legras) est alcoolique, et le bus est déglingué. Puis, arrivés sur place, ils découvrent que le patron de l’agence de voyages qui devait prendre leur séjour (et celui de beaucoup d’autres vacanciers) est parti avec la caisse. Et l’aventure espagnole commence pour les Charlots, qui doivent trouver un boulot en Espagne pour gagner de quoi se loger et se nourrir au pays de Franco (encore en exercice au moment du tournage)… Entre autres, les Charlots vont se faire embaucher comme hommes à tout faire dans un palace ; mousses sur un yacht privé ; toréros ; maçons…

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Complètement débile (mais c’est volontaire, après tout, on cause bien des Charlots !), le film est une suite de gags et de saynètes qui ne sont pas toujours très très drôles, mais dans l’ensemble, un amateur de comédie nanardesque et des Charlots doit y trouver son compte. Ce n’est pas mon film préféré des Charlots (sans conteste Les Fous Du Stade – bientôt sur ce blog – et le dyptique Quatre Charlots Mousquetaires/A Nous Quatre, Cardinal !), ni leur meilleur (le dyptique, dans ce cas), mais si vous aimez les Charlots et ce genre de comédies décervelées et fantaisistes, vous passerez un bon moment. Il est conseillé de laisser son cerveau au vestiaire !

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Parmi les meilleurs passages, celui où les Charlots s’improvisent (aucun autre mot ne convient) constructeurs de maison est ma foi très bien fait. Idem pour la fin, où on les voit aux prises, dans une arène, avec un taureau finalement pas très féroce (il fallait bien qu’un film sur l’Espagne aborde les corridas, non ?). Par contre, le passage pendant lequel trois d’entre eux deviennent les larbins de Gérard Rinaldi, amoureux d’une riche dame, n’est pas franchement bon. La réalisation est correcte, simpliste cependant.

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A noter, cependant, que la musique et la chanson du générique (signées, comme toujours, par les Charlots eux-mêmes) sont absolument horribles, insupportables, ridicules. De plus, on a très souvent droit à la musique dans le film, elle apparaît souvent, et ça peut rendre le visionnage un peu plombant par moments. Mais bon, à film nanardesque, musique nanardesque, inutile de paraître étonné, c’est somme toutes relativement normal ! On ne pouvait pas avoir une musique signée Morricone ou Cosma ! Dans son ensemble, donc, un gentil petit nanar comique comme les Charlots avaient l’habitude d’en faire. Pour amateurs, c’est très recommandé. Pour ma part, en tant que fan des Charlots (et surtout de leur période 1971-1975), je ne peux m’empêcher de beaucoup aimer ce film !