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Spoilers !

Mel Brooks réalise, en 1968, un de ses meilleurs films (et son premier), un film qui a fait l’objet d’un remake honteux (en 2005) avec Uma Thurman, j’ai nommé Les Producteurs. Le film est interprété par Zero Mostel, Gene Wilder, Dick Shawn, Kenneth Mars, et Andreas Voutsinas. Entre autres. Mais les deux premiers acteurs cités, et Kenneth Mars, sont les principaux rôles du film.

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Max Bialystock (Zero Mostel) est un escroc n’arrivant plus à amasser suffisamment d’argent, et réduit à servir de chien-chien à des vieilles dames. Leo Bloom (Gene Wilder) en est un autre, dans la même situation. Les deux hommes se rencontrent, et décident de monter ensemble une comédie musicale à Broadway. Mais pas n’importe quoi : selon Bloom (dont le patronyme est assez similaire à celui de Léon Blum – humour juif cher à Brooks, qui en est un lui-même sinon il ne se serait jamais permis), il conviendrait mieux de faire une pièce ratée, un fiasco, plutôt qu’un succès potentiel. Un succès, on en parle dans les journaux, à la radio, mais, inévitablement, au bout d’un moment, le soufflé retombe. Mais concevoir un fiasco, une pièce ratée, c’est, selon Bloom, le succès assuré (enfin, façon de parler) : ceux qui iront voir la pièce, journalistes compris (et surtout), ne s’empêcheront de défoncer la pièce, d’en parler comme d’un truc horrible. Bref, de quoi attiser la curiosité du plus grand nombre, qui ira la voir en se disant si c’est effectivement aussi nul que ça !

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Avec ce raisonnement tordu (mais possédant quand même un certaine logique), Bialystock et Bloom se concentrent sur une pièce écrite par un certain Franz Liebkind (Kenneth Mars), un obsédé du nazisme, ancien nazi apparemment, et totalement fou dans sa tête. Le nom de la pièce musicale : Printemps Pour Hitler. Sentant l’odeur de merde de la pièce de Liebkind, Bialystock et Bloom jubilent…et montent, après répétitions et tout ce qui s’ensuit, la pièce à Broadway. Le résultat sera...mais je vous laisse la surprise ! Les acteurs sont vraiment excellents (Gene Wilder, surtout, et mention spéciale à Kenneth Mars), et l’histoire, assez tordue et tordante. Le passage musical final (la fameuse pièce des deux producteurs véreux, avides de récupérer un max de pèze) est d’un mauvais goût total (swastika de danseuses en tutu, chantant, en allemand, Springtime For Hitler, sur une mélodie très Cabaret de Bob Fosse – mais 4 ans avant Cabaret).

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Un des meilleurs films de Brooks, et son premier. Franchement, s’il n’y avait pas Frankenstein Junior, on aurait ici LE meilleur film de Brooks, carrément. Assez méconnu par rapport aux comédies qu’il fera par la suite, Les Producteurs est sorti, dans certains pays, en 1971, et sur certains sites web, il est répertorié comme étant de l’année 71. Mais il date bel et bien de 68. Acteurs en roue libre, ambiance délirante et gentiment provoc (il n’y avait qu’un mec comme Brooks, juif, pour oser aborder une comédie musicale sur Hitler et Eva Braun coulant des jours heureux), The Producers est un sommet de l’humour, un film délirant, m     ais cependant plus fin que les films suivants de Brooks.