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SPOILERS…

Attention, film choquant !

Réalisé en 2007 par le russe Andrei Iskanov, Philosophy Of A Knife est le film le plus dur, le plus violent, le plus choquant, le plus extrême jamais réalisé, de toute l’histoire du cinéma mondial. Totalement dérangeant, ce film est interprété par (en grosse majorité, compte tenu du sujet) des acteurs japonais, mais aussi russes : Yukari Fujimoto, Yumiko Fujiwara, Svyatoslav Iliyasov…Les citer tous serait ridicule. N’allez pas me dire que vous connaissez ces acteurs selon toute logique amateurs, ou professionnels, mais dans ce cas, totalement inconnus !

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Le film, tourné dans un noir & blanc volontairement crade (sauf la dernière heure, un peu en couleurs), dure 4 heures, et est en deux parties (chacune dure 2 heures). Il s’inspire de faits hélas totalement réels, et on trouve, d’ailleurs, dans le film, des passages d’archives authentiques (la fin en couleurs, par exemple, qui est historique, ainsi que des images d’archives noir & blanc).

Si le film a été fait en noir & blanc, ce n’est pas par manque de moyens (quoique…Iskanov n’a pas eu le même budget pour son film qu’un réalisateur américain mainstream, c’est évident), mais pour coller au mieux avec les images d’archives. Afin de ne pas vraiment pouvoir dissocier le faux du vrai. C’est surtout ça qui choque : ce que l’on voit est-il faux, tourné avec acteurs, truqué…ou réel, et donc, totalement snuff ?

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Car ce film se base sur le tristement célèbre Camp 731, ce camp de recherches biologiques japonais situé en Mandchourie et qui, durant la seconde guerre mondiale, été le théâtre d’expériences immondes sur des êtres vivants, prisonniers de guerre russes ou chinois.

Un film avait déjà été fait sur le sujet, le célèbre et choquant Camp 731 – Men Behind The Sun, réalisé en 1988 par Tun Fei Mou. Mais ce film était un film d’horreur en couleurs, trash, violent, mais un film d’horreur avant tout, et qui plus est, chinois, donc très subjectifs (des chinois ayant morflé dans ce camp, comme des russes). Philosophy Of A Knife tient plus (et c’est là sa force malade) d’un documentaire auquel on a rajouté en fiction ce qui n’avait pas été conservé en archives.

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Les photos du film, présentes ici, ne sont pas choquantes, car montrer des scènes violentes du film en images serait monstrueux. Disons juste que le film montre, entre autre, une vivisection (autopsie sur corps vivant) ; des prisonniers à qui on fait subir une décompression, ou une mort par morsure du froid (une température tellement froide que nul ne survivrait) ; une pauvre femme à qui on insère des insectes vivants et dangereux dans le vagin (gros plans chirurgicaux et donc pornographiques – inutile de le préciser, le film est formellement interdit aux moins de 18 ans) ; injection d’acide dans les veines… Ce programme des réjouissances se prolonge durant une grosse partie des 250 minutes du film. Certes, ce n’est pas 4h10 de tortures immondes non-stop, mais on trouve cependant énormément de scènes dures, malsaines, dérangeantes. Sauf la fin, qui montre l’historique de la fin du Camp 731 (procès, etc). Et qui est en couleurs.

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Pas encore disponible en DVD chez nous en zone 2 (mais il existe en z1), espérons, dans un sens, qu’il ne sorte jamais sous ce format chez nous. C’est un film à voir pour les esprits les plus coriaces, mais en même temps, pour avoir vu ce film, je regrette de l’avoir vu, car c’est, vraiment, un film qui marque au fer rouge comme jamais. A coté, Salo Ou Les 120 Journées De Sodome de Pier Paolo Pasolini, pourtant immensément dur, violent et malsain, ressemble à un Disney pour très jeunes enfants.

Ames sensibles, s’abstenir absolument. J’ai envie de dire : les autres aussi. Andrei Iskanov a eu les cojones de faire ce film. La question qui se pose, en fait, est : était-il obligé de le faire ? Il y à des vérités (car tout est vrai, au point de vue historique et tortures, les passages truqués sont inspirés de vraies tortures) qu’on aimerait ne jamais apprendre.