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SPOILERS !

Réalisé en 1973, La Comtesse Noire (Female Vampire, aussi connu sous les titres français nettement plus explicites – et cons – de Les Avaleuses et de La Comtesse Aux Seins Nus – ces deux titres concernent la version avec rajouts de scènes X, un massacre du film initial) est le meilleur film de Jess (ou Jesus) Franco, un réalisateur espagnol spécialisé dans les films de série B ou Z (ou X…), et principalement dans les films d’horreur gores et légèrement érotiques. Ce qui est le cas ici. Le film est interprété par Lina Romay (égérie et compagne du réalisateur, une fille peu farouche), Jack Taylor - au look pas possible, voir photo ci-dessus - , Alice Arno, Jean-Pierre Bouyxou (un spécialiste Français de la série B), Jess Franco lui-même, Luis Barboo – une gueule de rie qui joue le majordome muet – et Monika Swinn. L’action se passe sur l’île de Madère, et le film a été tourné sur place. Comme son titre original le dit, c’est un film de vampire.

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La comtesse Irina Von Karlstein (Lina Romay, muette, mais la voix-off parle pour elle) est une jeune vampire. Au lieu de sucer le sang de ses victimes – masculines de préférence – elle aspire leur vitalité en leur faisant l’amour ; le titre de mon article vous en dira plus sur les manières dont elle retire le liquide vital, qui n’est pas spécialement du sang d’ailleurs, à ses victimes…Irina boit du sang, certes, mais pas seulement.

On devine ici aisément comment Jess Franco a pu faire faire une version X plus tard, en changeant aussi le titre d’exploitation pour faire mieux… Irina, dans l’hôtel où elle réside – un luxueux palace balnéaire – va faire connaissance d’un homme (Jack Taylor), qui va s’éprendre d’elle. A ses risques et périls. De son coté, le professeur Orloff (Jess Franco – Orloff est un personnage culte de l’univers de Franco) enquête sur les mystérieuses morts qui ont eu lieu depuis peu sur Madère. Il est de plus en plus persuadé qu’un vampire, ou plutôt, qu’une vampire, digne disciple de la comtesse Bathory, rôde sur l’île, et fera tout pour l’empêcher de nuire…

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Réellement poétique, parfois très lent et vaporeux, servi par une musique superbe et suave faisant parfois penser, d’ailleurs, à un film du style Bilitis, La Comtesse Noire est un excellent film fantastique, mais qui possède quand même un défaut : il contient énormément de scènes de nudité et de sexe, ce qui en fait, grosso merdo, un film érotique aux allures de film fantastique ; l’inverse, comme Jean Rollin le fait, aurait été préférable. Ainsi, une scène de cinq minutes minimum (elle doit faire plus, je pense) montrant Lina Romay, certes sublime, se rouler, entièrement nue, sur son lit à baldaquin, chevauchant son traversin, n’est pas spécialement utile au scénario. Et pourtant, elle est bien dans le film. De même que les scènes où Lina/Irina attaque sexuellement parlant ses proies, assez lentes, et proches d’un Emmanuelle. A noter, cependant, qu’une version totalement dénuée de scènes de nudité existe. Je ne l’ai pas vue. Mais elle existe.

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Bref, on a entre les mains un film de Q maquillé. Mais l’image est de toute beauté, l’histoire, lente à se déployer, est intéressante, la musique est sublime, et dans l’ensemble, si on a plus de 16 ans (nudité oblige) et si on apprécie les histoires de vampires et les séries B, on devrait passer un très bon moment. Personnellement, j’ai vraiment bien aimé ce film. En tout cas, de tous les films de Jess Franco que j’ai vu, c’est le seul à être bon, donc, il se devait d’être sur mon blog !