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SPOILERS…

Cet article aborde la version complète (3 heures) du TVfilm de 1979

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Tobe Hooper, rendu célèbre avec son Massacre A La Tronçonneuse de 1974 (qui restera à jamais comme un sommet de l’horreur viscérale), réalise, en 1979, pour la télé américaine, cette adaptation du roman Salem’s Lot (titre original du livre et du film) de Stephen King, Les Vampires De Salem. En dépit de tout ce qu’on a pu dire sur ce film (qui est, de plus, uniquement sorti dans une version courte et charcutée de 95 minutes environ dans le reste du monde, et ce, pendant très longtemps), ça reste une excellente adaptation de Salem (titre français du livre), lequel est, d’ailleurs, un des plus grands romans de King. Un de ses premiers, aussi, et même, si je me souviens bien, son second à être sorti, en 1975.

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Interprété par David Soul (Hutch dans la fameuse série TV Starsky & Hutch), James Mason, Bonnie Bedelia (future ex-Mme McClane dans les Die Hard), Reggie Nalder, George Dzundza (Voyage Au Bout De L’Enfer), Les Vampires De Salem, dans sa version complète diffusée à l’époque aux States et maintenant disponible en DVD Zone 2 (chez Warner), dure 3 heures, et est divisé en deux parties. Une mini-série comme le seront Il Est Revenu – Ca, Les Tommyknockers, L’Invasion Commence ou Les Langoliers, en ce qui concerne les adaptations télévisuelles de King.

Malgré quelques libertés avec le roman initial (Pourquoi avoir changé le nom de Floyd Tibbits en celui de Ned Tebbets ??? Mais la plus grosse trahison concerne les vampires en question : dans le roman, le Maître Vampire est Barlow, et son disciple est Straker ; dans le film, Straker est apparemment le grand organisateur du chaos ambiant, alors que Barlow n’est qu’un vampire d’apparence hideuse, et probablement un peu trop bestial pour être intelligent – un animal, en sorte), rien à dire sur le film de Hooper, il est efficace.

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Bon OK, il faut passer outre l’esthétique de l’époque (coupes de cheveux atroces – les gamins, mais aussi David Soul - , décors assez moches, image un peu datée par endroits, Lance Kerwin (qui joue Mark Petrie, photo n&b avec le vampire plus bas) a une belle tronche à claques, et VF absolument insupportable – la VOST est excellente, en revanche), mais on finit par s’y faire, et puis l’histoire en elle-même est plus importante que l’esthétique, non ?

Parlons donc un peu de l’histoire : Ben Mears (David Soul), écrivain, revient dans la petite ville de Jerusalem’s Lot (dans le Maine, Etat de prédilection de King, car il y est né et y habite), où il a vécu son enfance. Il pense y trouver de l’inspiration, notamment en ce qui concerne une vieille baraque décrépie et immense nichée en haut d’une colline, Marsten House, une maison de sinistre réputation. Désirant la louer, il aprend que c’est déjà fait, par un homme étrange venant d’ailleurs d’ouvrir un magasin d’antiquité en ville, Richard Straker (James Mason). Le magasin porte le nom de Barlow & Straker, mais le Barlow en question, personne ne l’a encore vu (pour info, c’est Reggie Nalder).

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Ben fait vite la connaissance d’une jeune femme, Susan Norton (Bonnie Bedelia), qui s’éprend vite de lui. Il retrouve aussi un ancien professeur de lycée, Matt Burke. Un soir, Matt ramène chez lui un jeune homme bourré, Mike Ryerson, travaillant pour la voirie municipale. En pleine nuit, Mike se met à délirer, et le lendemain, Matt le trouve mort, exsangue, avec deux marques sur son cou. Si on y ajoute plusieurs faits étranges s’étant déroulé en ville depuis plusieurs jours (un chien immolé sur une tombe, un enfant qui a disparu et son frère retrouvé à moitié exsangue), tout concorde : pour Matt, qui avertit Ben, des vampires sont quelque part en ville. D’abord incrédule, Ben devra vite faire la part des choses et se rendre à l’évidence : il y à effectivement, à Jerusalem’s Lot, des vampires…Barlow en est leur maître, même si c’est Straker (qui n’est pas un vampire) qui mène la danse…

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Je passe outre la totalité des détails (ceux qui ont lu le livre s’apercevront des différences dans les détails, justement), et je ne révèlerai pas la fin, qui est à la fois remarquable et décevante (un peu précipitée, et effets spéciaux assez datés, il faut bien l’avouer). Je ne peux que vous conseiller, si vous ne l’avez encore jamais vu, de vous précipiter sur Les Vampires De Salem. Assez mal estimé de nos jours, le TVfilm de Tobe Hooper n’en est pas moins superbe, assez angoissant (mais jamais réellement flippant, par contre), et meilleur que le remake (en TVfilm de 3 heures aussi) réalisé en 2006 par Nick Salomon, avec Rob Lowe et Rutger Hauer (Hauer dans le rôle de Barlow), qui vaut quand même le coup, mais me semble vraiment moins fort. Un des meilleurs romans de King, une des meilleures adaptations, et en plus, dans une version complète qui rend enfin honneur au travail de Tobe Hooper et du scénariste Paul Monash (Carrie Au Bal Du Diable). Que demande le peuple ?