1214037005_la_morte_vivante_0

SPOILERS…

Attention, photos assez choquantes !

Jean Rollin, spécialiste Français de la série B fantastique (aux relents d’érotisme, souvent), s’est essayé à quelques rares reprises dans le gore. En 1978, avec Les Raisins De La Mort (abordé sur le blog depuis très longtemps), et en 1982, avec ce film, La Morte-Vivante, un film pour le coup très très gore.

1214037107_livingdeadgirl_dumpersdeath

Ce film s’éloigne des obesssions de Rollin pour le vampirisme. Pas autant que Les Raisins De La Mort, qui était une sorte de remake inavoué de La Nuit Des Morts-Vivants en version pinard/terroir. Ici, pas de vampires comme c’est le cas des films les plus connus de Rollin, mais on ne peut quand même s’empêcher de voir en la morte-vivante en question une sorte de vampire malgré elle : elle ne dévore pas vraiment ses victimes, mais elle boit pas mal de sang… Le film est interprété par Françoise Blanchard, Marina Pierro, Mike Marshall (oui, Mike Marshall, de la famille de Michèle Morgan !) et Carina Barone. Jean-Pierre Bouyxou, ami de Rollin, apparaît au début dans un rôle de profanateur de tombe qui se fait crever les yeux et égorger, miam.

1214037038_livingdeadgirl_inafield

L’histoire est simple : deux hommes s’introduisent dans la cave d’un château abandonné depuis la mort de la châtelaine quelques semaines plus tôt. Ils pénètrent dans la cave/catacombes (dans laquelle se trouvent les cercueils de la châtelaine et de sa fille, morte depuis un petit moment) pour y déposer des fûts radioactifs provenant de la centrale nucléaire toute proche. Les hommes ouvrent les cercueils afin de voler les bijoux des corps, malgré les hésitations de l’un d’eux. Un des hommes fait tomber un fût, qui se déverse sur le sol. Les émanations ramènent à la vie Catherine Valmont (Françoise Blanchard), la fille de la châtelaine, qui massacre les deux hommes et sort, lentement, de la cave.

1214037172_livingdeadgirl_fingersinthroat

Dès lors, Catherine va rôder dans son château, attaquant d’une manière bestiale tous ceux qui s’y attardent. Un jour, son amie d’enfance Hélène (Marina Pierro), décide de se rendre sur place, ignorant la mort de la mère de Catherine. Elle va y découvrir Catherine, recouverte de sang, errant dans le château. Catherine va la reconnaître, et peu à peu se rouvrir à la vie avec elle. Mais le goût du sang est difficile à oublier, de même que son statut de morte-vivante, et Hélène va le découvrir rapidement. Très vite, elle va l’aider à trouver de nouvelles proies…

1214037228_livingdeadgirl_killinghelene

Le film, il faut bien l’avouer, regorge d’incohérences (comment le corps de Catherine, morte depuis plusieurs années, peut-il être dans un état aussi excellent lors de l’ouverture de son cercueil ? Comment se fait-il que l’autre cadavre ne soit pas réanimé par les radiations ? Comment se fait-il qu’un cadavre se fasse réanimer par des radiations, d’ailleurs ? Et la soudaine reprise de conscience de Catherine, qui se remet à parler normalement et à avoir des cas de conscience, c’est gratiné aussi). Mais il n’en est pas moins très réussi dans son ensemble, pour peu qu’on connaisse et apprécie le travail de Jean Rollin. Car, il faut l’avouer, ce mec n’a pas que des fans, bien au contraire, et ses films sont lents et très typés ‘bis’. Ici, un peu moins d’érotisme que d’habitude (pas facile de tringler quand on est mort), mais de la nudité, de temps en temps, ce qui est à la fois agréable et peu utile au fonctionnement de l’intrigue (quand Hélène arrive au château et découvre Catherine debout, nue, devant le piano : la scène marcherait aussi bien si Catherine serait habillée).

1214037063_livingdeadgirl_barbaraandgreg

Mike Marshall et Carina Barone jouent un couple d’Américains en goguette, sans cesse en train de s’engueuler depuis que la femme dit avoir vu, rôdant dans la campagne, une jeune femme ressemblant trait pour trait à Catherine Valmont, morte depuis un bail (de ce fait, c’est bien entendu Catherine qu’elle a vu). Toutes les scènes avec ce couple de photographes sont en VOST, histoire de faire réaliste (ils sont anglophones, donc on parle anglais). Mais ces scènes sont assez connes.

1214037200_livingdeadgirl_sparkingmemory

Le film est lent, très lent, et vaporeux, entre scène de flash-back de l’enfance d’Hélène et Catherine (amies d’enfance) et errements de Catherine dans son château, comme si elle le redécouvrait. Il est lent, mais poétique, aussi, c’est la marque de fabrique de Jean Rollin. Cependant, attention, il contient des scènes vraiment gores sanglantes, ça pisse le sang, ça gicle, c’est vraiment impressionnant (la fin est incroyable, j’ai rarement vu ça). Avis aux amateurs de films gores et de curiosités. C’est un très bon film, un de mes préférés de Rollin. Mais je vous préviens, ceux qui n’aiment pas les films de Rollin n’apprécieront pas du tout du tout du tout.