1233584329_un_nomme_cable_hogue_0

SPOILERS...

En 1970, Sam Peckinpah réalise un film qu’il considèrera, par la suite, comme son préféré de toute sa carrière : Un Nommé Cable Hogue. Ce western, radicalement différent de son film précédent (La Horde Sauvage, d’une violence absolument terrifiante), est aussi, malheureusement, un de ses films les moins connus. Interprété par Jason Robards, Stella Stevens et David Warner (avec aussi Strother Martin, L.Q. Jones et Slim Pickens dans la distribution), ce film, mis en musique par Jerry Goldsmith, est pourtant une œuvre touchante et magistrale, et Peckinpah avait bien raison de le préférer à ses autres films. Ce film est aussi calme et apaisé que La Horde Sauvage était brutal et nerveux. Par bien des aspects, c’est limite une comédie, car on y trouve pas mal d’humour (c’est le film le plus drôle de Peckinpah, avec Le Convoi). On y trouve aussi de la romance, et surtout, une belle histoire abordant des thèmes aussi variés que l’amour, l’amitié, la persévérance, et la rédemption.

1233584573_73919

Début du XXème siècle. Cable Hogue (Jason Robards) est un prospecteur qui parcourt le désert avec deux collègues, Taggart (L.Q. Jones) et Bowen (Strother Martin). Un jour, ses deux associés l’abandonnent, en plein désert, sans eau, ni arme, ni nourriture. Cable, rempli de haine à leur égard, se jure de les retrouver et de les tuer. Il arpente le désert, et finit, par chance (ou miracle ? Après tout, il implore le Ciel à plusieurs reprises), par trouver de l’eau. Il se rend compte que la source qu’il a découverte se trouve non loin du passage de diligences.

1233584358_18956014_w434_h_q80

Se rendant en ville, Cable achète, pour 2,50 dollars (toute sa fortune…) deux acres de terrain, à l’endroit même où il a découvert l’eau. Ainsi, il devient légalement détenteur de cette source, qu’il compte bien faire profiter, commercialement, aux diligences. Il fait la rencontre d’un prédicateur, Joshua Duncan Sloane (David Warner), un homme d’église libidineux et cynique, qui devient son ami et associé. Il fait aussi, en ville, la connaissance d’Hildy (Stella Stevens), une prostituée au grand cœur, dont il tombe amoureux. Cable, construisant un relais près de sa source pour nourrir et ravitailler les diligences, fait peu à peu fortune, après avoir signé un contrat avec la société de diligences. Peu à peu, il s’installe, patient, attendant la venue, tôt ou tard, de ses deux anciens associés. Car il sait bien qu’un jour où l’autre, ils finiront par croiser à nouveau sa route, et ce jour-à, il saura les accueillir !

1233584536_18963409_w434_h_q80

Que dire ? Ce film est magnifique. Jason Robards et David Warner (qui rejoueront chez Peckinpah : Pat Garrett & Billy The Kid pour Robards, Les Chiens De Paille et Croix De Fer pour Warner) sont tout simplement prodigieux, Stella Stevens est belle et, ma foi, très bonne ; la réalisation est superbe (pas de ralentis comme habituellement chez Peckinpah, mais des accélérations, qui rendent certaines scènes réellement comiques ; de plus, on a droit, au départ, à des multiples écrans très bien foutus pendant le générique) ; l’histoire, magistrale.

1233584674_vvv

La musique de Jerry Goldsmith (avec pas mal de chansons, signées Richard Gillis) est très jolie. Le film est vraiment drôle, par moments (je pense surtout à David Warner, bourré, qui tente de se taper une jeune femme éplorée ; ou à la première rencontre charnelle entre Robards et Stella Stevens, qui se termine plutôt dans le chaos, ce dernier partant sans payer !), mais il ne néglige pas la romance et les passages plus dramatiques. En revanche, quasiment pas de violence ici, contrairement aux autres films de Peckinpah. C’est son film le moins violent (avec Le Convoi). The Ballad Of Cable Hogue, film limite théâtral, est une merveille absolue, un western qui marque la fin d’un genre (apparition d’automobiles et de side-cars à la fin : le progrès débarque), et reste une des œuvres les plus belles et émouvantes de Peckinpah. Oui, il avait bien raison de préférer ce film à ses autres films !