1196262750_ddd

SPOILERS...

Pas moins de 5 Oscars pour ce film : meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur scénario, meilleur film. Réalisé en 1975 par le réalisateur d'origine tchèque Milos Forman, adapté d'un roman de Ken Kesey, Vol Au-Dessus D'Un Nid De Coucou est tout simplement inoubliable. Interprété par Jack Nicholson, Louise Fletcher, mais aussi par de grandioses seconds rôles (Brad Dourif dans son premier rôle, mais aussi Christopher Lloyd, Danny DeVito, Scatman Crothers, William Renfield...), le film est produit par Michael Douglas (et Saul Zaentz). Le film avait germé dans la tête de Kirk Douglas (père de Michael), qui n'a pourtant pas pu le faire. C'est son fils qui le produira, et qui récoltera ainsi son premier Oscar, en tant que producteur. L'action de ce film se passe dans un hôpital psychiatrique. Un homme, Randle Patrick MacMurphy (Jack Nicholson, impressionnant) y est conduit. MacMurphy était en prison, mais son comportement asocial (et une certaine volonté de sa part de ne pas croupir en taule) le font passer pour un fou. MacMurphy ne fait rien pour dissiper ce malentendu, et se fait donc interner.

1196263502_cc

Il va ainsi faire la connaissance des pensionnaires de l'hôpital : Billy (Brad Dourif), un très jeune homme bègue et ayant apparemment un problème lié aux femmes ; L'Indien (Will Sampson), sourd-muet - du moins, le croit-on, mais plus tard, on découvrira qu'il parle et entend sans problème - , une armoire à glace ; Taber (Christopher Lloyd) ; Martini (Danny DeVito), complètement arrièré ; Cheswick (Sidney Lassick) ; Harding (William Renfield)... MacMurphy, tout en se liant plus ou moins d'amitié avec ces gens, va aussi faire la connaissance de Mildred Ratched (Louise Fletcher), une infrmière présidant les groupes thérapeutiques, une femme sévère, limite sadique, froide, cruelle. Très vite, Ratched va devenir la némésis de MacMurphy, son ennemie. Très vite, MacMurphy (qui, au départ, n'est interné que pour observation temporaire) va tout faire pour rendre Ratched dingue.

1196264447_r

Voyant le résultat que ça a donné (échec, et internement prolongé, sans date de sortie), il changera son fusil d'épaule, et fera tout pour distraire ses amis, changer leur vie. Il organisera une sortie sauvage ('empruntant' le car de transport des malades) pour les emmener pêcher au large...il fera venir, un soir, alors que seul le veilleur de nuit Turkle (Scatman Crothers) est présent, deux femmes, et organisera une party alcoolisée... MacMurphy, qui se lie d'amitié avec l'Indien, tentera de se sauver (avec l'Indien)... Hélas, une séance d'électrochocs (qu'on imagine) et autres traitements de choc rendront MacMurphy complètement amorphe (et le rendront sans doute fou pour de bon). L'Indien, après avoir charitablement mis fin à la vie de son ami en l'étouffant sous un oreiller, parviendra à s'évader, sous les sourires des pensionnaires...

1196263561_b

Touchant, bouleversant (Nicholson est à la fois sensible, drôle et émouvant, on éprouve énormément de sympathie pour son personnage, seul 'sain d'esprit' dans une communauté de 'fous' - One Flew Over A Cuckoo's Nest ; cuckoo est un argot pour 'fou'), le film est aussi oppressant, dur, parfois insoutenable dans sa violence latente. Aucune scène dure d'électrochocs ici, mais des acteurs vraiment incroyables, qui interprètent à la perfection des rôles difficiles (de vrais malades mentaux jouent en figurants dans le film). Ca rend le film d'autant plus dur qu'il semble documentaire. Louise Fletcher est antipathique, sournoise. Elle a bien mérité son Oscar - Nicholson aussi.

1196263479_z

Tout simplement un des films les plus forts et beaux que j'ai vus de ma vie, un chef d'oeuvre à voir absolument. Attention, certaines scènes peuvent sembler dures pour les personnes sensibles. C'est le film qui représente le mieux la folie au cinéma. Pas la folie furieuse, pas la folie meurtrière, mais plutôt le petit vélo au fond du crâne, si je peux me permettre cette expression un peu triviale. D'ailleurs, le titre lui-même propose une allusion argotique à la folie, cuckoo, comme je l'ai dit. Et il y à cette scène où MacMurphy, emmenant ses amis à la pêche au gros, annonce au propriétaire du chalutier que lui et ses amis s'en vont pécher (en anglais, gone fishing signifie aussi, en argot, 'complètement fou'). Humour. Car le film a beau être dur et triste, il contient aussi quelques notes d'humour, MacMurphy essayant de révolutionner la vie des pensionnaires.

1196264177_dd

En résumé, le film propose 128 minutes de pur bonheur cinématographique, un monument qui offre son plus beau rôle à Jack Nicholson. Le seul regret : le carcan dans lequel ce film à placé Nicholson : on lui proposera par la suite pas mal de rôles assez étranges, de prsonnages à moitié fous (Shining, Batman), et il y à fort à parier que sa performance dans ce film y est pour beaucoup. De même, beaucoup de gens croient que Nicholson joue un fou dans ce film, or ce n'est pas le cas : Randle MacMurphy est sain d'esprit, il se fait passer pour fou, c'est tout. Chef d'oeuvre absolu.