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Spoilers…

Sergueï Mikhalovitch Eisenstein, en 1926, réalisa un des films les plus essentiels de tous les temps, un chef d’œuvre du cinéma muet (et du cinéma tout court), Le Cuirassé Potemkine. Citer les acteurs de ce film ne servira à rien, ils ne vous diront rien. Mais je le fait quand même, car il ne faut pas les négliger sous prétexte que le film a plus de 80 ans et qu’il est soviétique ! Donc, on y trouve Alexandre Antonov, Vladimir Barsky et Mikhaïl Gomarov. Ainsi que bon nombre de figurants (des marins, la population de la ville ukrainienne d’Odessa).

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D’une durée de 75 minutes, le film aligne des passages cultes, et le plus célèbre, bien entendu, est celui des escaliers d’Odessa, une particularité de la ville qui en a fait la renommée (surtout grâce au film). Dans cette scène apocalyptique, on y voit, entre autres, un landau (avec bébé) dévaler les marches, dans un paysage de carnage (foule se faisant massacrer par des soldats leur tirant dessus). Une scène reprise dans plein de films, souvent en parodie (Brazil), parfois en vrai hommage (Les Incorruptibles).

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Le film traite d’une mutinerie, celle de l’équipage du cuirassé « Potemkine »,  dans le port d’Odessa, en 1905, ainsi que de l’insurrection qui s’en suivit, dans la ville. Sans oublier, bien entendu, la terrible répression qui s’en suivit, mettant un terme violent à tout cela. Le film est présenté du point de vue des insurgés, uniquement, donnant au film un ton révolutionnaire (ça se passe en 1905, 12 ans avant la fameuse révolution socialiste de 1917 ayant tout bouleversé en Russie), bien dans la norme de l’époque du tournage (1926).

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Le film prend vraiment le parti des ouvriers et des insurgés : tous les officiers sont montrés sous un jour vraiment peu glorieux, tous ressemblent à des monstres cruels, cyniques, méchants, injustes. On est totalement avec les insurgés, quand on regarde ce film, et ce, quel que soient vos opinions politiques. La scène du landau et des marches est vraiment puissante, terrible (vision épouvantable de la nurse, ensanglantée, hurlante, avec un œil crevé selon toute vraisemblance). On y voit des images qui n’ont pas vieilli, comme celle de cette nurse dont je viens de parler, ou de cette femme tenant dans ses bras le cadavre de son enfant. Et ce film date de 1926 ! Mais il contient vraiment des plans terribles ! Chef d’œuvre inaltérable, que même les anti-film muets (ceux qui pensent qu’un film muet est chiant, irregardable, because y à pas de paroles) doivent voir. Pour approfondir sa culture cinématographique, un film tel que Le Cuirassé Potemkine est, rigoureusement, indispensable.