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SPOILERS...

En 1975 sort le meilleur film réalisé par Sidney Lumet, et accessoirement un des plus grands films interprétés par le grand (mais pas par sa taille) Al Pacino : Un Après-Midi De Chien (Dog Day Afternoon). Inspiré d'une histoire vraie, le film est un des meilleurs films de braquages de banques. Interprété par Al Pacino, John Cazale, Chris Sarandon, Charles Durning et meme Lance Henriksen (dans un petit role, à la fin, celui de l'agent Murphy du FBI), le film raconte les déboires de deux braqueurs de banque amateurs, dont le hold-up dégénère en prise d'otages incontrolable.

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Sonny Wortzik (Al Pacino) et Sal (John Cazale) débarquent, un après-midi d'aout 1972 (le 22 aout, pour etre précis) dans une succursale de la First Brooklyn Savings Bank, pour la braquer. En fait, au départ, ils sont trois, mais le troisième, pris de panique, se barre dès le début... Sonny et Sal prennent rapidement le controle de la situation, meme si on suppose que cette prise de controle ne risque pas de durer dans le temps : Sal est un peu nerveux, et semble aussi passablement ralenti (de ce fait, c'est Sonny le maitre des opérations, Sal est l'éxécutant), et Sonny est lui aussi très énervé...il est d'autant plus énervé de découvrir que dans le coffre de la banque ne se trouvent que 1100 dollars (les convoyeurs de fonds étant probablement passés avant eux !).

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Sonny, n'ayant apparemment aucune meilleure idée que celle de cramer le registre de la banque dans une corbeille, fait attirer, malheureusement, l'attention des badauds sur la banque (la fumée sortant des conduits). Très vite, la police est sur les lieux, et l'impensable arrive pour les deux braqueurs (eux qui pensaient n'en avoir que pour vingt minutes tout au plus) : ça dégénère en prise d'otages (le directeur de la banque et ses employées, que des femmes).

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Sonny, après avoir fait sortir un des otages (le responsable de la sécurité, un Noir asthmatique n'ayant probablement jamais vu une arme à feu de sa vie), Sonny, sortant avec un autre otage, parvient à se mettre les badauds avec lui en provoquant la police (et notamment le chef Moretti - Charles Durning). Devant la banque, désarmé (avec Sal bien planqué à l'intérieur, pret à massacrer tout le monde), Sonny gueule, en direction de la foule, Attica ! Attica ! Souvenez-vous d'Attica !...Pour info, Sonny fait référence à une boucherie dans une prison, en 1971, où innocents et coupables (des prisonniers ayant pris en otage d'autres prisonniers) furent liquidés par la police qui n'avait fait aucune distinction...

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A partir de ce moment, Sonny prend vraiment le controle de la situation, et est acclamé à chacune de ses sorties. Peu à peu, le FBI débarque, et Sonny exige de parler à sa femme. C'est là que tout le monde (et le spectateur aussi) se rend compte de la vraie nature de Sonny : sa femme est, en fait, un homme, Leon (Chris Sarandon), un paumé suicidaire voulant changer de sexe, marié à Sonny (qui est donc homosexuel), qui lui-meme est déjà marié à une femme, avec laquelle il a deux gosses. Bref, Sonny, bisexuel (ou homosexuel sur le tard) a braqué cette banque uniquement pour avoir de l'argent pour que Leon puisse se faire opérer. Dè le moment où tout le monde apprend sur la sexualité de Sonny, il perd assez vite en popularité, jusqu'à ce que des ligues gays débarquent, et transforment ce braquage raté en évènement social...Vraiment, pour Sonny et Sal, c'est un vrai après-midi de chien.

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Les revendications de Sonny et Sal (obtenir un bus, puis un avion pour partir très loin - Sonny pense à l'Algérie) finissent par aboutir. Un bus arrive, et les otages et preneurs d'otages y montent. Le conducteur, un certain Murphy, est du FBI. Une fois arrivés sur le tarmac de l'aéroport, Murphy, grace à un revolver caché dans l'accoudoir, descend Sal, et Sonny est arreté. Il sera condamné à 20 ans de prison...

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Sonny Wortzik (le vrai) est finalement sorti de prison quelques années plus tard (il touchera des droits d'auteur sur le film), et il est décédé en 2006 (cancer). Son 'mari' Leon est mort en tant que femme, du SIDA. Voici un film puissant, à la fois drole et touchant, et qui plus est, inspiré d'un fait divers réel. Pacino (qui a failli obtenir l'Oscar pour ce film) est dans son meilleur role avec celui de Michael Corleone dans la saga du Parrain. La réalisation est classique, mais efficace, et les autres acteurs sont épatants (mention spéciale : John Cazale). En résumé, un vrai monument du cinéma, un film mythique pour tout fan de Pacino.

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Un vrai classique signé Lumet (son meilleur film, avec Serpico et Le Crime De L'Orient-Express), qui stigmatise avec brio les ennuis de communications existant entre chacun de nous. A voir, et à revoir, et à rerevoir...Al Pacino y est littéralement génial, à la fois comique et touchant. Pour finir, cette citation issue du film, que j'adore, et qui arrive au moment où Pacino exige par téléphone de parler à sa vraie femme : on me file toutes les lignes téléphoniques que je veux. Je pourrais appeler le Pape, un astronaute, Dieu Lui-meme, qui sait ? Et a qui je demande de causer ?...