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SPOILERS !

 

1974, année de sortie d'un film qui marque les débuts à la réalisation d'un Canadien totalement louf', David Cronenberg. Ce premier film est connu sous plusieurs titres (pas moins de 4, en fait) : Shivers (titre international), They Came From Within, The Parasite Murders et, titre français, Frissons. Personellement, j'adore, comme titre, The Parasite Murders.

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Le film ne brille pas par la beauté de ses décors : tout le film se passe dans un complexe d'habitation situé sur une presqu'ile sur le lac Saint-Laurent, à portée de bras de Montréal (au Canada, donc). Le fait que le film ne se passe que dans cet espace restreint donne une ambiance totalement claustrophobe au film. Le film ne brille pas non plus par l'excellence des acteurs : Paul Hampton, Lynn Lowry, Joe Silver, Alan Migicowsky et Barbara Steele (la fameuse Barbara Steele du classique de l'épouvante à l'italienne Le Masque Du Démon de Mario Bava, datant de 1960 !) ne sont pas exceptionnels. La musique, signée Ivan Reitman (futur réalisateur de S.O.S. Fantomes) ? C'te blague !

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Non, si le film a sa place ici, sur ce blog, aux cotés (meme si de nombreuses pages les séparent maintenant) de Rage ! (film suivant du cinéaste), c'est parce qu'il est pour beaucoup dans le style 'film d'horreur contemporain'. Il date de la meme année que le fameux Massacre A La Tronçonneuse, et est aussi culte (meme si totalement différent) que ce film.

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L'histoire est assez tarabiscotée : un scientifique un peu fou, Hobbes, a inoculé sur une jeune femme très appréciée des locataires masculins de l'immeuble où lui et elle habitent aussi, un parasite. Ce parasite (qui ressembe à un gros caca, beuuuuuuuh) déclenche chez ceux qui le possèdent une frénésie sexuelle et/ou violente hors du commun. Ce parasite se transmet, voyage de corps en corps. Compte tenu que la jeune femme avait le feu au Q, on estime que pas mal de males lui sont passé dessus. Notamment un jeune banquier, Eric Tardieu (Alan Migicowsky), qui, un matin, se sent tellement mal qu'il décide de rester chez lui...il en vomira un beau petit parasite dans sa baignoire (qui coulissera par le siphon) et un autre par la fenetre (qui atterrira dans l'herbe, et se faufilera par le vasistas de la laverie, situé au ras du sol). Youpi, les réjouissances commencent. En vase clos. Tout se passe dans l'immeuble.

 

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Mais le film démarre en fait par Hobbes, asosmmant et éventrant la jeune femme dans son appartement, pour déverser, dans le ventre ouvert, un produit fumant. On suppose qu'il s'agit d'un produit servant à tuer le parasite, mais le mal est hélas fait, depuis. Le produit versé, Hobbes se suicide, en se tranchant profondément la gorge avec un scalpel (le meme scalpel). Une scène incroyablement choquante. Alerté par un locataire de l'immeuble venant voir la jeune femme, qui s'appelle Annabelle (pour la culbuter, on suppute), le médecin de l'immeuble, Roger Saint-Luc (y à qu'au Canada qu'on porte un nom pareil) arrive sur les lieux, ainsi que la police. Très vite, Saint-Luc (Paul Hampton, au fait) va se retrouver avec plusieurs cas étranges, alors qu'une frénésie sexuelle et violente s'empare des locataires de l'immeuble. Partouzes, agressions, hystérie collective, personne ne sera épargné, excepté peut-etre les animaux (et encore, on peut apercevoir, dans une scène, deux chats en train de s'enculer...nan, j'déconne)... Un beau bordel.

 

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Frissons est une sorte de parabole sur le thème des maladies sexuelles infectieuses et contagieuses (MST), et principalement, sur le SIDA. Le SIDA n'était pas encore totalement découvert et connu à l'époque, et on peut voir en ce film une sorte de prémonition (bien barrée, cette prémonition, quand meme). Ici, comme dans Rage !, le sexe équivaut à la violence et à la mort. Eros et Thanathos réunis. C'est-y pas beau ? Profondément dérangeant, assez violent, riche en effets gore (une scène peut faire penser à Alien, mais avec 5 ans d'avance, ne l'oublions pas, sur le film de Ridley Scott), le film est un gros délire érotico/sanglant, un film d'horreur plus psychologique que physique. Très efficace, malgré le manque cruel de moyens et l'inexpérience de la plupart des acteurs (pas mal d'acteurs, comme Joe Silver, se retrouveront dans d'autres films de Cronenberg), le film est devenu culte au meme titre que les autres films de Cronenberg, issus de sa période canadienne (jusqu'à Vidéodrome inclus). Un chef d'oeuvre absolu ? Peut-etre pas, mais dans le style 'petit budget mais gros effets', c'est indéniablement une immense réussite !