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SPOILERS...

 

Brian DePalma, maitre incontesté du suspense (après Alfred Hitchcock, dont il est en quelque sorte le fils spirituel, voir son premier film Soeurs De Sang), réalise, en 1981, ce qui sera un de ses plus grands films, j'ai nommé Blow Out. Ce film, remake 'auditif' du Blow Up de Michelangelo Antonioni, st interprété par un John Travolta à l'époque tout auréolé du succès des films La Fièvre Du Samedi Soir (1977) et Grease (1978). Il trouve, ici, son meilleur role (il faudra attendre 1994 et Pulp Fiction) pour qu'il retrouve un role aussi excellent). Nancy Allen, John Lithgow et Dennis Franz sont aussi au générique de ce film complexe au suspense implacable, diabolique. 

 

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Jack Terry (John Travolta) est un ingénieur du son travaillant pour le cinéma, et surtout sur des films d'horreurs. Actuellement, son boulot est en plein stand-by, car il recherche un cri parfait pour insérer dans le film d'horreur qu'il sonorise, mais le casting vocal (et féminin exclusivement) ne donne rien de potable. Un soir, alors qu'il enregistre des sons nocturnes divers (clapotis de l'eau, vent, animaux), il est témoin d'un accident de voiture, qu'il enregistre sur bande (uniquement le son, bien sur). Une voiture plonge dans le fleuve qui borde la ville (Washington). A son bord, un homme politique et une prostituée, Sally (Nancy Allen). Jack saute dans le fleuve, parvient à sauver la fille, mais ne peut plus rien pour l'homme. A l'hopital, il apprend l'identité de l'homme : McRyan, un politicien influent qui était en campagne présidentielle. Sous pression des proches de la victime et de la police, il est tenu de garder le secret, et de ne pas chercher à revoir Sally. Néanmoins, il va la revoir, ne serait-ce que pour voir si elle va mieux, ce qui est le cas.

 

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Jack écoute attentivement la bande sonore de l'accident (qu'il a tenu à garder secrète), et réalise que ce qu'il avait au départ pris pour un bruit d'éclatement de pneus (qui précède immédiatement l'accident) serait en fait une détonation (blow out). Dès le lendemain, un journal publie des photos de l'accident, prises par un photographe, Manny Karp (Dennis Franz), qui se trouvait sur les lieux par hasard. Jack découpe chacune des photos de façon à en faire un petit flipbook (carnet de photos à faire défiler pour constituer une animation), qu'il adapte sur diapositives et mixe avec sa bande-son. Il a ainsi un film de l'accident, et il se rend compte qu'au moment de la 'détonation', un flash blanchatre minuscule apparait dans un buisson près de la voiture : coup de feu. Donc, l'accident serait un attentat politique... (Pendant ce temps, la ville est marquée par les agissements d'un tueur en série qui poignarde ses victimes (que des femmes) d'une manière très spéciale, puisqu'il les poignarde de telle sorte que la forme de la Cloche de la Liberté (symbole américain) soit sur leur torse. Une nouvelle victime est d'ailleurs découverte...)

 

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Jack commence à comprendre qu'il est en plein dans une histoire de machination politique. En effet, Sally connait Manny Karp, et ils avaient monté ce coup ensemble. Elle devait aguicher et escorter McRyan, et lui, Manny, devait les prendre en photo, pour discréditer le candidat et favoriser son concurrent. Seulement, à aucun moment il n'était question d'attentat. L'attentat a été organisé par le concurrent de McRyan, par le biais du tueur/éxécutant Burke (John Lithgow). Burke, en recherche de Sally, survivante de l'attentat, essaie de la tuer. Seulement, pour un tueur, il est plutot inexpérimenté. Croyant tuer Sally, il se rendit compte qu'il avait tué une autre femme. C'est à ce moment-là que l'idée de faire passer ce crime pour celui d'un serial killer germa en lui, et il se mit à tuer d'autres femmes (le 'tueur à la Cloche', c'est donc lui) pour noyer le poisson.

Jack se rend compte que les bandes sonores et le film qu'il comptait remettre aux autorités à disparu...Sally et lui obtiennent néanmoins un rendez-vous avec un journaliste (qui n'est autre que Burke). Sentant que Sally est en danger, il lui pose un micro, et la suit de loin. Le rendez-vous à lieu à la gare Grand Central. Sally rencontre Burke (qui, entre temps, s'est fait les mains sur une pute dans les toilettes de la gare, scène hitchcockienne par excellence).

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Burke embarque Sally avec la ferme intention de la tuer. Sally hurle, ce qu'entend Jack (qui lui avait posé un micro). Jack se met à courser, en voiture, Burke et Sally. Il arrive enfin à retrouver le tueur et Sally, mais trop tard, Burke a fait son oeuvre, et Sally est étendue, morte, poignardée. Jack, fou de rage, poignarde à son tour Burke, en lui faisant une belle boutonnière en forme de Cloche de la Liberté... Scène finale du film : Travolta, regardant le film d'horreur qu'il était en train de sonoriser au début du film, et s'exclamant, d'une voix atone, ça, c'est un cri !, alors que retentit dans le film (et dans la salle) l'ultime cri de Sally, au moment où celle-ci se faisait poignarder...Jack, dans un élan morbide, a récupéré ce cri glaçant et tout ce qu'il y à d'authentique, et l'a inséré dans le film.

Machiavélique, prenant, terrifiant par moments (le personnage du tueur, Burke, est vraiment remarquable - John Lithgow, qui avait déjà joué dans un autre DePalma, le grandiose Obsession, est ici au sommet), ce film de suspense politique est un des plus grands films de Brian DePalma. Rigoureusement indispensable ! A noter que la première séquence (une séquence de 'film dans le film', puisqu'il s'agit d'une séquence du film d'horreur sur lequel travaille le héros) est un beau pastiche des slashers à la mode à l'époque... Blow Out, version 'puzzle sonore' de Blow Up (qui jouait sur l'image) est à voir, pour tous les amateurs de thrillers et de suspense. Je le préfère largement à son modèle, meme si celui-ci est sublime également !