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SPOILERS !

 

Je ne voulais pas vraiment démarrer mon blog avec ce film, parce que Scarface représente, pour moi (et j'espère ne choquer personne en disant ça), la quintessence du film culte de ceux qui ne connaissent pas grand chose en matière de cinéma. On parle souvent de ce film comme étant le film préféré des petites cailleras, des jeunes des cités, qui se reconnaissent, en quelque sorte, dans ce personnage issu d'une minorité (il est Cubain) et parvenant à la richesse et au pouvoir grace à des moyens surtout pas légaux.

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J'ai souvenance, une fois, dans un magasin dont le nom tient en quatre lettres et qui, entre autres vend des DVD, d'avoir entendu une conversation hautement conne entre deux jeunes. Ils étaient dans le rayon DVD (comme moi), et l'un d'entre eux tenait le DVD de ce film (qui venait juste de sortir - j'allais me l'achter très peu de temps plus tard) en disant à son pote que c'était le second meilleur film qu'il avait vu de sa vie après Yamakasi. Et les voilà à discuter des plus grands films qu'ils avaient vu (Yamakasi, les Taxi, Antitrust, et Scarface, qui était le plus ancien et valable des films qu'ils abordaient). J'avais envie de leur dire 'vous voulez un vrai bon film ? Regardez Citizen Kane, ou l'original de Scarface de 1932', mais j'ai fermé ma gueule et me suis foutu intérieurement de leur bobines. Ces jeunes, ils croient vraiment n'importe quoi.

 

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Voilà pourquoi cette longe introduction à l'article : je ne voulais pas aborder ce film en priorité, estimant qu'il y à nettement plus urgent et plus réussi à aborder avant. Ce qui n'empeche pas Scarface (version DePalma) d'etre furieusement excellent quand meme ! Le film, interprété avec talent (meme si son accent cubain est raté - et je ne parle pas de la VF, qui ressemble à un accent pied-noir par moments) par Al Pacino. Michelle Pfeiffer, Steven Bauer, Harris Yulin et F. Murray Abraham sont également excellents, la réalisation de DePalma es très efficace, la musique (très années 80) signée Giorgio Moroder est assez efficace aussi (mais les chansons sont plutot pénibles, surtout celle de Debbie Harry). Quant au script signé Oliver Stone, no comment, c'est admirable.

 

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Extrèmement violent par moments (la fin, ainsi que la fameuse scène de la torture à la tronçonneuse par des Colombiens psychopathes, n'a été oubliée de personne), le film est long (2h40), mais ça ne l'empeche pas d'etre prenant de bout en bout. On suit l'ascension, lente mais sure, de Tony Montana, immigré cubain venant d'arriver en Floride avec son pote Manny (Steven Bauer). Après une escale courte mais mouvementée en centre d'immigration, Tony et Manny sont enfin à Miami. Ils débutent comme cuisiniers dans un camion, puis se mettent vite en contact avec Frank Lopez (Robert Loggia), un caid de la pègre de la ville, qui les initient, avec l'aide de Omar (F. Murray Abraham) au trafic de drogue. Ils vont vite devenir des as (surtout Tony, qui est sensiblement le leader des deux). Un trafic avec des Colombiens tournera au massacre, un ami de Tony sera torturé et tué à la tronçonneuse. Tony tuera le Colombien, et gagnera encore plus l'estime de Lopez, qui le mettra vite sur un très gros coup, dealer avec Alejandro Sosa (Paul Shenar), un grand trafiquant colombien.

 

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De fil en aiguille, Tony (qui est plutot mal vu de sa mère, qui aimerait qu'il vive d'un métier plus honnete) prend la place de Lopez, qu'il fait abattre. Devenu le plus gros caid de Miami, il s'accapare la femme de Lopez, Elvira (Michelle Pfeiffer), et se fait batir un manoir immense. Il devient l'homme le plus influent, riche, et dangereux de Miami. Il prend pour argent comptant la devise the world is yours, vue une nuit sur un zeppelin publicitaire.

 

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Tony, toujours en affaires avec Sosa (qui vit en Colombie), va néanmoins le flouter, ce qui va entrainer une riposte du Colombien. Alors qu'il plonge inéluctablement dans la cocaine (qu'il prend, en plus de la vendre) et devient paranoiaque, il subit, un soir, une attaque des hommes de Sosa, attaque qu'il va mettre à mal pendant quelques minutes, tout seul avec une mitraillette dans chaque main et un bon kilo de coke dans les naseaux (il faut le voir enfouir sa tete dans une montagne de coke !)...avant que l'inévitable se produise : il se fait descendre, d'au moins une cinquantaine de balles. Les effets de la drogue sont si puissants qu'il ne ressent quasiment pas les balles lui rentrer dans le corps, avant qu'une décharge de shotgun dans le dos ne le fasse valser de sa balustrade et ne le tue. Il a voulu vivre le reve américain jusqu'au bout...

 

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L'ascension et la plongée d'un truand, d'un caid de la pègre, parti de rien du tout pour finalement arriver au sommet - et à la mort. Le personnage de Scarface (ainsi nommé en raison de la balafre sur sa joue), en réalité, est celui d'Al Capone (le film original de Howard Hawks de 1932), celui du film de DePalma n'a jamais existé. Lors de sa sortie en 1983 le film sera critiqué, assassiné, tant par le public que par la critique. Il obtiendra meme le Razzie du pire film de l'année 1983 (un Razzie est un trophée récompensant les plus mauvais films). Depuis, Scarface est devenu un film culte, un classique, qu'il est bon de revoir. Il a inspiré bon nombre d'autres films, mais aussi certains clips et titres de rappeurs US (ou pas américains, d'ailleurs), ainsi que la série de jeux vidéos GTA. Le film est devenu une référence, un des plus grands roles de Al Pacino (en dépit de l'accent cubain passabement raté, les vrais Cubains rigoleront bien en regardant le film !), et sans doute un des meilleurs films de Brian DePalma...du moins, dans les films dénués d'éléments fantastique ou de suspense. Un classique que ce film. Je l'adore. Mais je ne le classerai quand meme pas dans ma liste 'Top 50' de mes films cultes.