SPOILERS !!

 

Cet article aborde les deux volumes de la saga...

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En 2003 et 2004, Quentin Tarantino sort deux films (qui, initialement, n'auraint du en faire qu'un seul, mais ce fut scindé en deux films pour des raisons de durée) qui vont marquer les esprits des spectateurs : Kill Bill (vol 1) et Kill Bill (vol 2). Considérablement influencés par le cinéma d'exploitation, le western spaghetti, le cinéma japonais et de Hong-Kong, ainsi que par la pop culture, ces deux volets d'une meme oeuvre, que je vais aborder ici en une seule fois pour bien montrer qu'ils doivent etre vus ensemble, dans l'ordre, et si possible, à la suite, ces deux volets, donc, sont probablement ce que Tarantino a fait de mieux. Meme si Pulp Fiction, Palme d'Or à Cannes en 1994, est sublime, de même qu'Inglourious Basterds... Allez, hop ! Ca démarre :

KILL BILL vol.1

 

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Sorti en fin 2003, le volume 1 des aventures de Black Mamba est un film extrèmement jouissif et violent (dont la scène la plus violente et sanglante est en noir et blanc, pour paraitre moins dure). Le film démarre en noir et blanc, un noir et blanc artistique rappelant largement celui des films de kurosawa. Le visage tuméfié, apeuré, d'Uma Thurman (Black Mamba/La Mariée) apparait, tandis qu'une voix, celle de Bill (David Carradine, qui n'apparait visuellement que dans le second film) retentit. Une main lui essuie le sang qu'elle a sur le visage. Tandis que la Mariée (car habillée ainsi) dit à Bill que le bébé qu'elle porte est le sien, Bill tire. Enorme choc que cette scène, tant one ne s'attend pas à ce coup de feu en pleine tete. Générique, sur la version originale de la chanson Bang Bang, de Nancy Sinatra (et pas la reprise française de Sheila, faut pas déconner, hein !).

 

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Le film, comme Pulp Fiction, est bati comme un puzzle. C'est ainsi qu'après le générique, on voit Uma Thurman arriver à bord d'une camionnette aimablement surnommée Pussy Wagon (baisodrome), pour rendre visite à Vernita Green (Vivica A. Fox) pour la descendre. Une bagarre intense et violente s'en suit, à peine troublée par l'arrivée de la fille (toute jeunette) de Vernita. Les deux femmes vont à la cuisine, et Black Mamba (appelons-la ainsi, car son vrai nom est bipé dans le volume 1, on ne l'apprendra que dans le 2) tue Vernita d'un coup de couteau. Elle raye le nom de Vernita sur sa liste des 5 à abattre, liste sur laquelle est déjà rayé le nom d'une certaine O-Ren Ishii.

 

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La scène suivante ? Un shérif arrive sur les lieux d'un massacre perpétré à la frontière mexicaine, au cours d'un mariage. Seule survivante : la mariée (Uma Thurman). Cette scène, donc, se situe juste après le générique, chronologiquement parlant. La Mariée est envoyée à l'hopital, où elle reste dans le coma pendant 3-4 ans avant de se réveiller brusquement. Un des infirmiers (j'm'appelle Buck...Ca rie avec 'fuck') ayant eu l'extrème indélicatesse de la troncher dans son sommeil, elle lui pète la gueule et lui pique sa bagnole (le fameux 'baisodrome'), dans lequel elle se rééduque lentement ses jambes pendant des heures, le temps pour nous d'en apprendre un peu plus sur les origines de O-Ren Ishii (voir la vidéo de l'article), une des 5 personnes que la Mariée veut abattre, une des personnes avec qui elle travaillait autrefois en tant que tueuse à gages pour un certain Bill. La séquence nous montrant les origines de ce prsonnages à la fois japonais et chinois (interprété par Lucy Liu) est faite en forme de manga. Elle est éblouissante.

 

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On passe à nouveau au personnage de la Mariée. Celle-ci se rend à Okinawa (Japon) pour rencontrer le fameux Hatori Hanzo, grand maitre dans l'art du sabre de samourai. Lui disant qu'elle vient pour tuer une grosse vermine du nom de Bill, celui-ci (qui conait ce personnage de réputation) lui forge un sabre magnifique. Après ça, elle se rend à Tokyo, afin de tuer O-Ren Ishii (donc, la scène avec Vernita Green est en fait la toute fin du volume 1, vous suivez ?), qui dirige, depuis, la pègre de Tokyo avec son armée de gardes du corps, les Crazy 88's. C'est dans la House Of Blue Leaves (Villa aux Feuilles Bleues), un night-club de la ville, que la Mariée retrouve la trace de O-Ren. Celle-ci envoie toute la troupe de yakusas sur elle, et s'ensuit un combat d'une violence, d'une barbarie et d'un jouissif inégalé. Cette séquence fut tournée en noir et blanc en partie pour la censure, mais surtout pour rendre un vibrant hommage au 'Gedai Gekin' (films de sabre) de Kurosawa. Tetes tranchées, corps découpés, bras et jambes au sol, yeux crevés, rien ne manque. Black Mamba affronte, seule, 88 yakusas armés, comme elle, de sabres. Vient ensuite le chef des yakusas (Gordon Liu), qui en aura pour son grade lui aussi. Et O-Ren, qui l'affronte dans un jardin à la japonaise situé derrière le night-club. Sur une musique latino, le combat final, qui tournera à l'avantage de la Mariée.

 

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Black Mamba mutile (mais laisse en vie) Sophie Fatale, l'assistante personnelle de O-Ren Ishii, afin qu'elle puisse dire à Bill qu'elle est de retour. La fin du film (car on arrive à la fin du volume 1) nous dit que l'enfant que la Mariée avait en elle lorsque Bill a tenté de la tuer, et qu'elle croit mort, est en fait bien vivant : une fille...Fin de l'acte 1, sur cette révélation qui nous fout la pression sévère en attendant la sortie, 6 mois plus tard, du second volume. Que voici.

KILL BILL vol. 2

 

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Sorti en 2004, 6 mois après le premier film (et juste après la sortie DVD du volume 1), Kill Bill (Vol. 2) est aussi posé que le premier film était hystérique. Un changement de ton radical. Le film démarre avec la meme scène que pour le volume 1 (noir et blanc, visage de Black Mamba, coup de feu), puis par Black Mamba en voiture (noir et blanc again), expliquant à la caméra ce qui s'est passé dans le premier film, et ce qui reste à faire : tuer les deux autres membres du groupe de tueurs, et, surtout, tuer Bill.

 

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Puis, encore du noir et blanc, avec la scène du massacre des Deux-Pins (le massacre du mariage). Préparatifs du mariage, la Mariée est avec son amoureux, et deux-trois autres personnes. Soudain, on entend une flute, dehors. La Mariée sort, et voit Bill (première apparition visuelle de David Carradine), en train de jouer une douce mélodie. Scène très touchante entre la Mariée et Bill (qui fut son amant, l'enfant qu'elle porte est de lui). Puis Bill assiste au mariage, tandis que quatre personnes armées entrent, pour massacrer tout le monde...

 

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Retour au présent, avec Bill qui rend visite à Budd (un des tueurs, et accessoirement son frère - joué par Michael Madsen). On apprend qu'en fait, Black Mamba n'a pas affronté 88 yakusas, mais une vingtaine (ce qui fait déjà beaucoup, et tend aussi à prouver que ce que l'on a vu dans le premier film n'était rien d'autre qu'un délire cinématographique). Budd, qui vit dans une caravane pourrie dans le désert californien, attend la venue de Black Mamba pour la neutraliser définitivement.

 

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Black Mamba se pointe, mais elle est prise par surprise par Budd, qui l'assomme, lui pique son sabre, et l'enterre vivante dans un cimetière isolé. Seule, dans son cercueil, et complètement flippée (nous aussi, la scène de l'ensevelissement étant atrocement glauque, pour les claustrophobes), Black Mamba se remémore les leçons d'arts martiaux qu'elle avait prises il y à longtemps avec le grand Maitre Chinois Pai Mei (Gordon Liu, un autre role, mais il joue dans les deux films). Un apprentissage douloureux, long et intense, prétexte à une série de scènes hallucinantes de beauté et de puissance. On pense à Dragon Ball, mais en version filmée, et en mieux (forcément). Parmi les leçons, comment fracasser du bois avec ses poings. Ce qu'elle va donc essayer de faire dans son cercueil. Sur une musique western, elle parvient à se sortir de sa tombe, et repart à la recherche de Budd, complètement recouverte de terre.

 

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Pendant ce temps, Budd reçoit la visite de Elle Driver (Daryl Hannah), dernière tueuse (avec Budd) que Black Mamba (dont on connait enfin le nom : Beatrix Kiddo) doit tuer. Elle Driver, bandeau sur l'oeil (allusion au film Thriller de Bo Arne Vibenius), vient pour racheter le sabre de la Mariée à Budd. Mais, complètement vicieuse, elle en profite pour tuer Budd avec un serpent extrèmement dangereux, un black mamba, justement.

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Beatrix Kiddo arrive à la caravane de Budd, y trouve Elle, et se bat avec elle. Elle parvient à la neutraliser en lui crevant l'autre oeil, et la laisse dans la caravane, hurlante, avec un seprent venimeux non loin d'elle. Les 4 premières personnes de la liste étant rayées, il lui reste à trouver et tuer Bill. C'est au Mexique qu'elle le retrouve, dans sa hacienda, où il vit avec sa fille (et la fille de Beatrix, qui, depuis, a découvert l'existence de sa fille). Beatrix retrouve Bill, des retrouvailles à al fois tendues et émouvantes. Elle passe un peu de temps avec sa fille (qui est heureuse, elle n'est pas retenue prisonnière - Bill, d'ailleurs, ne semble pas si méchant que ça, mais c'est une facade), puis vient le temps des explications avec Bill.

 

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Bill lui explique pourquoi il a tenté de la tuer en disant tout simplement qu'il s'est un peu emporté. Beatrix décide enfin d'en finir, mais Bill ne semble pas trop partant pour un combat. Après un ou deux coups de sabre, elle parvient à le désarmer, et lui fait la technique apprise par Pai Mei, celle des 5 points qui font exploser le coeur. Elle frappe Bill à la poitrine avec le bout de ses doigts, à cinq endroits. Il suffit que Bill fasse 5 pas pour qu'il s'effondre mort, et c'est justement ce qu'il va faire. Bill meurt, à la samourai : au combat. Beatrix récupère sa fille, et s'en va. Un long générique arrive enfin, fin de Kill Bill. Un film qui se termine dans les larmes. On a beau dire que Bill est un salaud, il a une mort absolument poignante.

 

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Que dire de ce doublé de films, si ce n'est qu'avec eux, Quentin Tarantino a atteint la parfaite maitrise de son art ? A voir et à revoir, inlassablement, meme si la trop grande différence de style entre le volume 1 (1h45) et le volume 2 (2h10) est flagrante : entre l'hyperviolence à la Pulp Fiction du premier et l'introspection à la Jackie Brown du second, difficile de faire un choix...J'adore les deux volumes, mais je trouve le second nettement plus beau. Mais tout est relatif, bien sur ! Cette mini-saga de 4 heures est un pur monument du nouveau cinéma. Mythique, tout simplement.