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SPOILERS !!

Probablement un des 20 (voire meme des 10) plus grands films de l'histoire du cinéma international. Chef d'oeuvre absolu de son réalisateur/acteur, aussi. Réalisé en 1958, La Soif Du Mal (en anglais, Touch Of Evil, soit 'la marque du Mal', titre bien plus adéquat) est un petit bijou d'horlogerie de film noir. Un film qui aurait bien pu etre une adaptation de James Ellroy si cet auteur génial avait écrit ses romans dans les années 40-50. Le style, l'ambiance, l'époque sont identiques.

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L'interprétation ? Elle est extraordinaire. Charlton Heston, deux ans après Les Dix Commandements, un an avant Ben-Hur, trouve déjà ici le role de sa vie, excusez du peu. Janet Leigh, deux ans avant Psychose, se retrouve déjà dans un motel (ah ah) et est resplendissante. Orson Welles, qui réalise donc (sur une suggestion de Heston), joue le role d'un flic pourri ; dans ce film, il suinte la pourriture, la méchanceté, le vice, le Mal. Akim Tamiroff excellent en petit caid de la pègre. De petits roles aussi, notamment Marlène Dietrich en bohémienne étrange, et Zsa Zsa Gabor. Musique innoubliable de Henry Mancini, bien loin de La Panthère Rose.

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Le film démarre sans générique, sans crédits, mais sur un long plan-séquence (3,10 minutes) montrant les époux Vargas, Miguel 'Mike' (Charlton Heston) et Susan (Janet Leigh) marchant vers la frontière située entre le Mexique (il est Mexicain, flic des stups) et les USA (elle est Américaine). Parallèlement, une voiture (qui contient une bombe, mise dans le coffre par une silhouette peu de temps auparavant) les suit, les dépasse, les retrouve...et finit par exploser, une fois passée sur le territoire américain. Au volant, le propriétaire d'une société de travaux, et sa maitresse (une strip-teaseuse). Officiellement, le crime a eu lieu aux Etats-Unis, mais il a été commis (posage de la bombe) au Mexique. C'est donc pour cette raison que Vargas va suivre de très près l'enquète, menée par l'inspecteur Hank Quinlan (Orson Welles), un flic véreux, obèse, ex-alcoolique, qui ne le porte apparemment pas dans son coeur...

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Pendant que Mike Vargas est occupé avec Quinlan et ses collègues (dont l'inspecteur Menzies, joué par Joseph Calleia), Susan est abordée par un jeune Mexicain qui lui annonce qu'il a un message à faire porter à son mari, et qu'elle doit le suivre. Ayant confiance, elle le suit, et se retrouve devant Joe Grandi, dit 'Oncle Joe', un gangster Mexicain spécialisé dans la drogue, et que Mike essaie de coffrer. Grandi (Akim Tamiroff) conseille à Susan de dire à Mike de faire libérer son frère, qu'il a fait coffrer. Faute de quoi, il arrivera de gros soucis. Susan, libre, s'en va, et retrouve son mari. Elle n'a pas le temps de lui faire part de ce qui lui est arrivé, car Menzies arrive pour demander à Vargas de le retrouver au poste, dans le bureau de Quinlan. Vargas demande à Susan de retourner au Mexique, elle refuse et veut le suivre (elle n'est pas rassurée). Elle décide de se poser dans un motel, proche de l'endroit où Vargas doit se rendre. C'est Menzies qui est chargé de la conduire au motel Mirador. En chemin, ils sont suivis par Joe Grandi, qui se fait vite repérer et arreter par Menzies. Menzies dépose Susan au motel, isolé, et repart avec Grandi, pour le confier aux bons soins de Quinlan (et de la police en général).

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Quinlan se rend au domicile du petit amis de la femme qui était avec Rudy Linnekar (la victime de l'attentat de la voiture). L'homme, un Mexicain du nom de Manolo Sanchez, vendeur de chaussures, est paniqué, et est vite considéré comme suspect, et meme coupable, par Quinlan. Vargas, présent, n'intervient pas, ce n'est pas sa juridiction. Il se rend dans la salle de bains pour se débarbouiller, et voit une boite de chaussures vide (important : elle est vide). Vargas sort, pour appeler le motel où se trouve Susan, et lui parle quelques minutes, puis il revient au domicile de Sanchez. Grand chambardement : Menzies, ayant été dans la salle de bains, en revient avec une boite de chaussures contenant 2 batons de dynamite. Quinlan arrete Sanchez, l'inculpe du meurtre. Sanchez se débat, crie son innocence, et Vargas, lui aussi, proclame que cette boite était vide quelques minutes plus tot. Quinlan met ça en rapport avec la nationalité de Vargas, qui défend un compatriote.

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Vargas, avec la complicité du procureur, Adair (Ray Collins) qui le croit, mène une enquète parallèle, et découvre que Quinlan, qui a un ranch, a acheté dernièrement 17 batons de dynamite. Mais les employés du ranch n'en ont trouvé que 15. Est-ce que les deux qui manquent ne seraient pas ceux de la boite de chaussures ? Autrement dit, Vargas sent le coup monté. Quinlan, de son coté, rencontre Grandi, et conclue un pacte avec lui, pour faire couler Vargas. Le motel où Susan est descendue appartient à la famille Grandi. Susan, vite retenue prisonnière, va etre mèlée à une affaire de drogue et de débauche, dont elle est innocente, et ce, uniquement pour salir Vargas et le convaincre de laisser tomber l'affaire.

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Quinlan, après avoir fait déposer Susan, endormie, dans une chambre d'hotel et passé un coup de fil anonyme aux Moeurs (Susan est droguée, et ses vetements puent la marijuana), règle son compte à Grandi. Il laisse le corps de Grandi (qu'il a étranglé) près de Susan, endormie, mais il oublie sa canne, importante pour lui, car il boite. Adair et Vargas apprennent que Grandi a été tué, et que la canne de Quinlan a été retrouvée à coté de son corps. Varags a aussi appris pour la complot contre lui et sa femme, et il charge le procureur de la récupérer. Compte tenu de la preuve de la culpabilité de Quinlan, aucune charge n'est retenue contre elle. Vargas, avec Menzies (qui est depuis au courant de la magouille), veut avoir la peau de Quinlan. Il lui tend un piège, en posant un micro sur Menzies et en lui demandant de forcer Quinlan à tout lui raconter, ce qui arrive. Tout est sur la bande, mais Quinlan, se renddant compte du piège, tire sur Menzies. Il essaie de tuer Vargas, mais Menzies, avant de mourir, parvient à le descendre d'une balle dans le dos. Quinlan s'écroule, Vargas et Susan repartent au Mexique, et Tanya (Marlène Dietrich), l'amie bohémienne de Quinlan, qui vit à coté de la scène du règlement de comptes, arrive, et en guise d'oraison funèbre, lance c'était un homme pas commun. Mais qu'est-ce que cela peut faire, ce qu'on raconte sur les gens ?, avant de s'en aller. Fin du film, sur le générique. Vous l'avez déjà compris, La Soif Du Mal est un pur chef d'oeuvre, un film qu'il faut absolument voir si on veut se considérer comme cinéphile. Que dire de plus ? Le DVD (qui propose le film, en plus, selon le montage initial voulu par Welles) n'attend que vous...