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SPOILERS !!

John Waters est le réalisateur trash par excellence, meme si il s'est considérablement assagi dès les années 80. En 1972, il sort son premier vrai film, le cultissime et incroyablement trash Pink Flamingos, vraie bible du cinéma underground et dégueulasse, proposant moult scènes répugnantes. Le film, interprété par Glen 'Divine' Milstead (un homme, acteur fétiche de Waters, travesti notoire), mais aussi Mink Stole, Edith Massey et David Lochary, est un summum dans son genre. L'interprétation est assez aléatoire (les acteurs surjouent, et balancent des répliques qui ne sonnent pas forcément très juste), la réalisation oscille entre l'efficace et l'amateurisme le plus flagrant (le film a été tourné à la va-vite, pour presque rien de budget, et ça se voit - ça contribue à l'aura underground du film, forcément), le scénario est con comme la lune, mais le propos est vraiment efficace et trash.

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L'histoire est simple : Divine vit dans une caravane, près de Phoenix, sous le nom de Babs Johnson. Elle vit dans cette roulotte moisie et rose (devant laquelle trone une sculpture de flamant rose) avec sa mère, Edie (Edith Massey, dans le role d'une cinglée obèse vivant dans un parc pour bébés, et obsédée par les oeufs), son fils Crackers (un dégénéré baisant des poulets) et sa compagne Cotton (la compagne de Divine, pas de Crackers, hein). Divine se fait surnommer (à raison) the filthiest person alive (l'etre le plus répugnant vivant au monde), et est fière de ce titre loin d'etre usurpé.

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Tout en suivant les tribulations de Divine (qui arpente les rues de Baltimore - ville natale de Waters et Divine - et faisant se retourner tout le monde derrière elle ; on voit aussi Divine acheter une cote de porc et se la carrer sous sa robe moulante, en guise de slibard - quand elle la fera cuire plus tard, impossible de ne pas grimacer...), on suit aussi les aventures d'un couple de malades, Connie et Raymond Marble (Mink Stole et David Lochary), qui vivent d'un trafic répugnant (ils enlèvent des jeunes femmes, chargent leur homme de main Channings de les violer et de les mettre enceintes, attendent l'accouchement en enfermant les jeunes femmes dans une cave moisie, et revendent les bébés à des couples de lesbiennes - généralement, les jeunes femmes meurent en couche...).

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Les Marble (cheveux rouges pour elle, bleus pour lui) sont des pervers sexuels, des dépravés, qui se considèrent aussi comme étant les personnes les plus répugnantes au monde. L'annonce comme quoi Divine serait LA personne la plus répugnante au monde les rend fous furieux, et ils vont tout faire pour se débarasser d'elle afin de s'accaparer le titre tant convoité. Envoi de merde par colis postal, incendie de la caravane une fois Divine en sortie, tout sera bon pour eux... Pendant ce temps, Divine organise sa fete d'anniversaire, invite bon nombre de dégénérés notoires (parmi eux, un homme capable de dilater son anus à volonté - et on le voit bien dans le film ; désolé, pas de photos...). Les Marble, désirant à tout prix anéantir Divine, font venir les flics pour qu'ils les arretent. Mais les invités sont plus nombreux que les flics, et les pauvres flics finissent bouffés (littéralement)...

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Au fur et à mesure, et ce jusqu'à la terrible conclusion (les Marble enlevés par la bande à Divine, sommairement jugés par un tribunal sauvage devant des caméras de télévision, et exécutés d'une balle par Divine, attachés à un arbre, recouverts de goudron et de plumes), tous les coups seront permis pour faire du vainqueur l'etre le plus répugnant qui soit au monde. Et ce n'est pas la scène finale, mythique (et authentique) qui nous fera dire le contraire : Divine déustant, à peine sorties du troufion d'un caniche, une poignée de déjections encore fumantes...on lui souhaite bon appétit, mais en ce qui nous concerne, on hésite entre rire et vomir. Apparemment, Divine aussi !

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Pink Flamingos est une expérience limite (le film contient des scènes de sexe explicites et vraiment filmées - fellation, insémination), d'une drolerie totale, meme si l'humour est, bien entendu, noir, trash, dégoutant au possible. Totalement subversif (Desperate Living, en 1977, ira encore plus loin, bien que moins trash visuellement parlant), ce film de John Waters est un vrai monument du cinéma underground. Au départ, le film était diffusé, en vrai midnight movie qu'il est, dans des salles de cinéma de quartier, à minuit. Les premiers spectateurs étaient, à l'origine, gays, mais le film s'est par la suite étendu à toutes les catégories de personnes.

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On ne saurait vraiment avertir les estomacs sensibles de faire extrèmement attention avec ce film : le film a beau avoir 35 ans cette année, il n'en reste pas moins complètement dégueulasse. La scène où Divine mange réellement une crotte de chien fraichement pondue n'a été faite qu'une seule fois (Waters le signale dans le commentaire audio présent sur le DVD : je ne suis pas un sadique, Divine ne l'a fait qu'une seule fois). Placée en toute fin du film, à un moment où tout le monde (lors de la première vision) croit que le plus dur et dégoutant est passé, elle choque, révulse, perturbe, marque à vie, meme si elle est aussi terriblement drole (c'est en partie du aux mimiques des acteurs, et à la bande-son, version anglaise de Combien ce petit chien dans la vitrine ?). Si vous observez bien la photo placée au-dessus de ce paragraphe, vous apercevrez une couleur marron dans la bouche de Divine...ne cherchez plus, c'est ça !

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Un film hilarant par moments, déviant et vraiment spécial. A voir absolument, mais pas en mangeant, et pas avec des enfants : le film est interdit aux moins de 16 ans. En tout cas, nul ne pourra l'ignorer après avoir vu ce film culte : John Waters fait peut-etre des films caustiques à l'heure actuelle, mais dans les années 70, c'était un sacré fou furieux !