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SPOILERS…

En 1974, Akira Kurosawa réalise, en coproduction avec l’URSS (son premier film en coproduction), un film absolument sublime, Dersou Ouzala, L’Aigle De La Taïga, son second film en couleurs (et il ne fera plus de noir & blanc) après Dodes’ Kaden de 1970. Interprété par Maxime Monzouk et Youri Solomine, le film est à a fois une très belle histoire d’amitié entre deux hommes très différents, et un hymne absolument bouleversant à la nature, belle et sauvage. Le film (qui sortira en 1975) obtiendra l’Oscar du meilleur film étranger.

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Inspiré du livre autobiographique du même nom de Vladimir Arseniev, le film se passe en 1902, en Sibérie, non loin de la frontière chinoise. Vladimir Arseniev (Youri Solomine) est un jeune officier-topographe qui est chargé par l’armée du tsar de faire le relevé des terres encore inexplorées, dont la vallée de l’Oussouri, près de la fontière avec la Chine. Il fait la connaissance d’un chasseur golde (un sibérien-chinois) nommé Dersou Ouzala (Maxime Monzouk), qui chasse des peaux, et connaît la taïga comme sa poche. Les deux hommes sympathisent, et même la troupe de soldats accompagnant Arseniev se prend d’amitié pour Dersou, qui devient leur guide. Il sauve même la vie du «Capitaine» Arseniev une nuit, alors qu’ils sont perdus en pleine toundra.

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L’expédition étant achevée, les séparations ont lieu, déchirantes. En 1907, Arseniev retrouve Dersou Ouzala par hasard, alors qu’il dirige une autre expédition dans la taïga. Les deux amis se retrouvent, Dersou reprend son rôle de guide, mais un accident va tout bouleverser pour le vieux golde : il tire sur un tigre, le blesse sans le tuer, et pour lui, c’est un très mauvais présage. Du jour au lendemain, Arseniev constate la dégradation du moral et des capacités de chasse de son vieil ami…

Arseniev invite donc Dersou à venir vivre en ville avec lui, mais Dersou ne supportera pas longtemps la vie citadine, et Arseniev accepte a contrecoeur de le laisser repartir dans sa taïga. Il lui offre un fusil. Arseniev apprendra quelques temps plus tard la mort de son vieil ami, retrouvé tué par un bandit, le fusil volé…

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Sublime film, doté d’images magnifiques (les décors, naturels, sont sauvages et beaux), excellemment bien réalisé et très bien interprété (le duo d’acteurs est splendide). Derzu Uzala est un des films les plus connus de Kurosawa, et un de ses plus gros succès au box-office. C’est aussi un de ses films les plus abordables et particuliers (il ne se passe pas au Japon, on n’y trouve donc ni ronins, ni samouraïs, ni combats au katana, etc…), et un des films les plus sensationnels sur la Nature. Une histoire d’amitié authentique (c’est une histoire vraie), un des plus beaux films qui soient sur l’amitié. Un chef d’œuvre émouvant.