Risque de révélations !

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Tommy, (adaptation du double album du meme nom sorti en 1969, du groupe de rock The Who), date de 1975. Réalisé par Ken Russell (Love, Les Diables), c'est un chef d'oeuvre musical de mauvais gout assumé (Ann-Margret pataugeant dans une mare de champagne et de haricots cuisinés), de kitsch et de délire total.

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L'histoire est très conne, et meme totalement ahurissante de non-crédibilité, mais on s'en moque, tant le contenant est sublime. Un petit garçon, Tommy Walker, fils d'un officier de la Royal Air Force disparu au combat (seconde guerre mondiale), devient sourd, muet et aveugle après avoir vu sa mère (Ann-Margret) et l'amant de sa mère - qui deviendra son beau-père (Oliver Reed), tuer son père, de retour après la guerre, alors que tout le monde le croyait mort (1921 dans le disque, 1951 dans le film). L'enfant devient triplement handicapé, par choc psychologique intense. Il grandit ainsi, dans son monde, in a quiet vibration land, comme dit dans une des chansons du disque et du film (Amazing Journey).

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Au fil de son adolescence, Tommy est confié à un cousin horriblment méchant, le cousin Kevin, qui, sous ses dehors d'ange blondinet, le martyrise, le torture, lui joue des tours de con une fois laissé seul avec lui (brulures de cigarettes sur la main, noyades dans la baignoire, verre pilé dans la bouffe, j'en passe). Il est aussi laissé aux bons soins de son oncle Ernie (Keith Moon, batteur des Who, un personnage totalement barge dans la vraie vie, mort de ses excès, d'ailleurs), relativement pédophile, je passe les détails (Fiddle About).

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A la fin de son adolescence, Tommy (joué par Roger Daltrey - chanteur des Who - dès que le personnage atteint l'age 'adulte') est emmené vers divers personnages, qui, tous, tenteront de le guérir : un pretre rock'n'roll qui prèche dans l'Eglise du culte de Marilyn Monroe (le Hawker, joué et interprété par Eric Clapton, avec deux autres Who - Pete Townsend et John Entwisle - en enfants de choeur) ; et une prostituée barjo, la Reine Acide (Tina Turner), qui lui fera subir un trip d'acide pour le rendre plus mur. Rien de tout ça ne marche. Tommy, un jour, découvre un flipper, et, en y jouant par sens du toucher, il devient un champion. Il se bat contre le champion du flipper (Elton John et ses platform boots immenses, ses lunettes zarbi), et gagne contre lui. Il devient le Pinball Wizard.

Ses parents (enfin, sa mère et son beau-père) l'emmènent voir un médecin (Go To The Mirror ! - Jack Nicholson), qui se rend compte que Tommy est sourd, aveugle et muet parce qu'il se l'est imposé à lui-meme, un gros choc pourrait meme le guérir. Se rendant compte que Tommy semble attiré par son reflet dans le miroir, sa mère brise le miroir (Smash The Mirror), se qui guérit totalement Tommy. Pouvant enfin voir, parler et entendre (I'm Free), Tommy monte une secte d'adorateurs du flipper (et de ses adorateurs), et il construit un camp de vacances à son nom (Welcome), où ses adorateurs pourront, comme lui auparavant, jouer du flipper en ayant les oreilles, yeux et bouche bouchées...Comme on le constate à la fin du film, ça ne plait que moyennement aux adorateurs, qui, dans un élan de révolte (We're Not Gonna Take It) détruisent tout, en s'enfuient.

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Musicalement parfait, meme si on a du mal, au départ, en écoutant les chansons du disque interprétées par d'autres chanteurs que Daltrey et Townsend (Tina Turner, Elton John, Eric Clapton, meme Jack Nicholson, Ann-Margret, et Oliver Reed, qui chante très très mal), Tommy est un film emblématique des années 1970, qui a peut-etre un peu vieilli par moments, mais reste très beau à voir. Si vous aimez les Who, vous aimerez ce film. Si vous aimez les films de Ken Russell (souvent baroques et délirants visuellement parlant - Lisztomania - avec Daltrey également), vous aimerez ce film. Si vous aimez les films musicaux, vous aimerez ce film. Mais si vous n'aimez pas trop les films qui partent dans tous les sens (la scène de l'Acid Queen, celle de l'Eglise du culte de Marilyn Monroe), inutile, alors, de regarder Tommy. Ce film est fait pour les enfants du rock.