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Je sais, je suis dingue. Totalement dingue. Après avoir abord successivement des films de Kubrick (et avant eux, un Tarkovski et un Costa-Gavras), je m'attaque maintenant à un réalisateur qui ne risquera jamais de figurer dans le panthéon des meilleurs réalisateurs : Jean Girault. Et plus particulièrement, je m'attèle à parler d'un des épisodes de la saga populaire et franchouillarde (mais tellement drole) du Gendarme.

Quatrième volet de la saga, Le Gendarme En Balade date de 1970. Passé ce film, il faudra attendre 1979 pour revoir les héros de cette saga. Jusqu'à cet épisode, il fallait attendre en moyenne deux ans pour chaque nouveau film. Période de créativité constante ? Pourtant, on pourrait imaginer que les scénaristes, réalisateur (Girault, pour les 6 films, il est meme mort pendant le tournage du dernier) et acteurs en avaient marre : en effet, dans ce quatrième film, les gendarmes les plus populaires de l'histoire se retrouvent...à la retraite. Si certains (Fougasse - Jean Lefebvre, dont ce sera la dernière participation à la série, de meme que Christian Marin) sont jouasse, d'autres (Gerger - Michel Galabru - et Cruchot - De Funès) sont tristes à en crever. On les comprend : finie la chasse aux nudistes, fini le boulot, il y à de quoi déprimer...

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Le film est le plus délirant de la saga. Une succession de gags souvent hilarants, parfois très cons, toujours assumés. A la retraite, le maréchal des logis-chef Cruchot s'emmerde. Il vit dans un somptueux manoir, avec sa Josepha (Claude Gensac) de femme, qui veille au grain afin que son mari ne s'ennuie pas trop : domestiques anglais (qui ne le supportent pas vraiment, et c'est totalement réciproque) faisant tout le boulot à sa place...chasse aux braconniers...promenades à cheval, avec un lad assez soulant (Paul Préboist)...Parties de peche assez routinières (un homme-grenouille chargé d'accrocher les poissons à l'appat)...visites du curé, toujours avide de sous-sous pour sa pauvre chapelle en ruines...

La visite du curé permet d'ailleurs une scène hilarante de grimaces, entre un curé assis tout seul de son coté du canapé et un De funès assis auprès de sa femme (qui papote à tout va) et faisant de vilaines grimaces au curé, qui se met à répliquer (provoquant la consternation de la femme de Cruchot)...

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Autre visite, cette fois-ci très importante, celle de l'adjudant Gerber et de sa femme. Pris au piège d'une série de traquenards anti-braconniers (portail éléctrifié, jets d'eau, plancher qui s'ouvre, la totale !), ils seront reconnus, un peu tard, par Cruchot et Josepha. Cruchot, ayant conçu un musée personnel de la gendarmerie de Saint-Tropez, fait la visite à Gerber qui, sous le coup de l'émotion, craque. Peu de temps après dans la meme journée, l'arrivée de Merlot (Christian Marin), qui vient leur annoncer une terrible nouvelle : Fougasse (Jean Lefebvre) est amnésique. Décidant de faire en sorte qu'il retrouve la mémoire, les trois hommes (ensuite rejoints par Berlicot - Michel Modo - et Tricard - Guy Grosso) partent en route vers le Sud, non loin de Saint-Tropez, où Fougasse est interné dans une pension pour gendarmes à la retraite. L'enlevant de la Pinsonnière (nom du centre), ils l'emmèneront en virée, afin qu'il retrouve la mémoire. Croyant que la vue du panneau "Saint-Tropez" lui créera un déclic, ils prennent espoir, mais Fougasse n'arrive à lire que "Saint-Trospète". Pendant un quart de seconde, en entrant dans la ville, ils croiront, eux aussi, lire "Saint-Trospète"...

La suite est une succession de situations impossibles (les compères, ayant retrouvé l'uniforme - qu'ils n'ont plus le droit de porter - s'amusent à faire la circulation et à chasser les nudistes), jusqu'à ce que Fougasse leur avoue qu'en fait, il n'est pas amnésique, mais qu'il faisait croire à tout le monde qu'il l'était et profitait de la maison de repos. A la fois soulagés et furieux, ils hésitent entre lui casser la gueule et lui casser la gueule.

Je ne raconterai pas la suite du film, excepté quelques scènes éparses (visite d'un camp de hippies avec dégustation de chichon à la clé ; retrouvailles avec la bonne soeur devenue mère supérieure d'un couvent ; les gendarmes à la recherche de gamins ayant pour idée de faire sauter une fusée...), car ça serait vain et difficile. Le film est mon préféré de tous les films que j'ai vu de Louis De Funès (et je les ai pratiquement tous vus), et selon moi, le meilleur de la saga avec Le Gendarme A New York deuxième épisode) et le premier épisode, bien entendu. J'ai du le voir un paquet de fois (au moins 50 fois, si ce n'est plus), et il me fait toujours autant marrer. Une sympathique comédie de série B, sans prétentions autres que faire rigoler un bon coup. Il repassera sans aucun doute très bientot sur M6 (chaine d'adoption des Gendarmes par excellence), ne le loupez pas ! Pour ma part, j'ai le coffret DVD de l'intégrale, alors...