1187441518_354dl68_la7ecompagnieauclairdelune3

Ils sont souvent rediffusés à la télévision, mais impossible de s'en lasser tellement c'est drole : la trilogie de la '7ème compagnie', trois films réalisés en 1973, 1975 et 1977 par Robert Lamoureux. Interprétés tous par Jean Lefebvre, Pierre Mondy et Henri Guybet (excepté le premier, où Aldo Maccione joue le role qu'aura Guybet dans les deux autres), avec des acteurs aussi droles que Pierre Tornade, Robert Lamoureux, Jean Carmet et Gérard Jugnot (meme si ces deux derniers ne jouent que dans le dernier volet), ces trois films sont purement et simplement géniaux. Bon, OK, le dernier volet est nettement en-dessous des autres (il faut dire que le second film est de très loin le meilleur), mais il fait marrer, et c'est bien le principal. Dans cet article, petite description (mais vraiment petite, inutile de rentrer dans les détails, je ne veux pas détailler tous les gags du film, ça ne servirait à rien) de chaque film, et critique personnelle. Photos à l'appui, aussi. Je m'attarderai un peu plus sur le secondfilm, ceci étant.

Allez, on commence par :

1) MAIS OU EST DONC PASSEE LA SEPTIEME COMPAGNIE ?

1187438697_mais_ou_est_donc_passee__1973_

Ce premier volet de la saga date de 1973, et sera un des trois plus gros succès en termes d'entrées en France avec Les Aventures De Rabbi Jacob et Mon Nom Est PersonneLe film se passe pendant le débacle française, en 1940. L'armée française recule (comme Robert Lamoureux - qui joue aussi le role du colonel Blanchet - le dit en voix-off au début, de mémoire militaire, jamais une armée n'avait reculé aussi vite et aussi bien. Les généraux français disent meme que c'est presque un plaisir de reculer aussi efficacement). Une unité de l'armée, la 7ème compagnie (attachée aux transmissions) se retrouve prise en tenaille entre les différentes positions ennemies.  Le capitaine Dumont (Pierre Tornade) envoie trois de ses soldats en éclaireurs pour installer des cables pour les transmissions. Pendant que ces trois soldats pas très futés (le sergent Chaudard - Pierre Mondy ; le soldat Tassin - Aldo Maccione ; le soldat Pithiviers - Jean Lefebvre) installent des cables et en profitent pour casser la croute dans un cimetière, les hommes de la 7ème compagnie de transmission se font faire prisonniers par les Allemands.

1187439172_3990752_chaudard_1

Désormais seuls face à l'ennemi, les trois hommes vont tenter de se démerder, et vont évoluer dans la campagne. Ils rencontreront un jeune officier de l'armée de l'air française, le lieutenant Duvauchel (Erik Colin), dont l'avion s'est fait fraichement descendre, et qui va vite prendre le controle du petit groupe. Ensemble, ils arriveront à bien faire chier l'envahisseur...

1187439219_ede7lru_pithiviers_1

Humour omniprésent (meme si c'est quand meme le plus 'sérieux' des trois, enfin, tout est relatif, on se marre pas mal), gags vraiment cultissimes et très droles, situations improbables (mais le 2 ira encore plus loin), répliques qui tuent (J'ai glissé, chef !...Fous afez du à l'ail ? Mon ami, il foudrait du à l'ail !), voilà le quotidien qui vous attend durant l'heure et demi de ce premier volet, totalement indispensable si vous etes amateur de comédies françaises made in 70's. Mais, comme je l'ai dit, le second volet écrase tout sur son passage, tellement il est hilarant. Et ce second volet, ben, le voici :

2) ON A RETROUVE LA SEPTIEME COMPAGNIE !

1187439551_on_a_retrouve_7_compagnie__1975_

Là, on arrive aux portes du nanar, meme si le niveau reste quand meme bien plus élevé que dans une comédie nanar traditionnelle (genre, pour etre méchant, les deux dernier épisodes de la saga des Gendarmes...). Sorti en 1975, le film sera, comme le premier, un franc succès. Cette fois-ci (et ce, jusqu'à la fin de la série), Henri Guybet remplace Aldo Maccione dans le role de Tassin. Seul regret : l'accent méridional de Maccione permettait de montrer Tassin comme un Français à moitié Corse et à moitié Italien. Guybet n'ayant aucun accent, cette part de la personnalité de Tassin passe au trou. De plus, Guybet est un peu plus lourd que Maccione en ce qui concerne l'humour. Mais ce n'est finalement pas un grand mal, il est vraiment très drole aussi.

1187440632_1r74080_chef

Le film commence là où le premier se terminait : les hommes de la 7ème compagnie (ceux du capitaine Dumont) sont libérés par Tassin, Pithiviers, Chaudard et Duvauchel, qui ont volé une dépanneuse aux Allemands. Mais, peu de temps après, Duvauchel ordonne à ses 'hommes' de reprendre la route. Pendant ce temps-là, Blanchet (Robert Lamoureux) décide de mener un beau role dans la guerre, en allant plastiquer tous les ponts qu'il trouvera sur son passage, pour freiner l'avancée allemande. Comme un civil lui remettant les explosifs (Hubert Deschamps) lui dit : Si vous devez faire sauter le pont, essayez de le faire une fois que la mère Crouzy aura traversé, sinon, faites-vous sauter avec, vous gagnerez du temps. Parce que la mère Crouzy, elle, ça l'obligera à faire un détour de 10 kilomètres, si vous détruisez le pont, alors, prenez garde !

- Ecoutez, c'est la guerre !

- Justement, la guerre, c'est rien à coté de la mère Crouzy !

1187440985_56746d4_7e

Blanchet plastique le pont, mais comme il a mal branché les fils sur l'interrupteur (le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge...en fait, c'est le fil vert sur le bouton bleu, et le fil rouge sur le bouton blanc !!), il n'arrive à faire sauter le pont qu'après le passage des Allemands...Le pont saute au moment où une certaine dépanneuse allemande passe, celle de la 7ème, bien sur (Si j'connaissais l'con qu'à fait sauter l'pont !, grogne Pithiviers). La dépanneuse est morte, pour la réparer, des barres de fer sont nécéssaires, mais celles-ci se trouvent de l'autre coté de la rivière. Tassin et Pithiviers sont envoyés à la nage, vite rejoints par Chaudard. Quant à Duvauchel, resté à terre, il est fait prisonnier par les Allemands, alertés par l'explosion.

1187440664_02l0l6e_section_deguise

Chaudard, Pithiviers et Tassin sont vite récupérés par la mère Crouzy (Jackie Sardou), qui leur remet des vetements propres appartenant à des oficiers français les ayant laissé ici pour fuir. Les voilà donc en tue d'officiers, ce qui est illégal. Vite arretés par les Allemands, ils sont envoyés dans un immense chateau, avec d'autres officiers, en tant que prisonniers. La découverte d'un passage secret sous une tapisserie les fera s'évader...Pour etre repris par la suite (à cause d'une autre explosion de pont orchestrée par Blanchet, gaffeur à ses dépens) et envoyés au travail pour réparer une voie ferrée abimée par des explosions...Pour s'évader à nouveau, en grimpant dans le train.  Cette fois, comme on le voit à la fin du film, ça sera la bonne. Oh, un autre pont explosera, mais après leur passage, cette fois-ci.

1187441566_25drl2l_maisouestdoncpasseela7ecompagnie4

Un second épisode encore plus réussi que le premier, totalement hilarant, délirant, dingue, riche en scènes, gags et répliques cultes (celle qui donne son nom à mon article est ma préférée), mené tambour battant, on ne s'emmerde pas une seule seconde devant cette heure et demi de rigolade franchouillarde. Le troisième film, le dernier, sera nettement inférieur, mais contient quand meme de bons moments :

3) LA SEPTIEME COMPAGNIE AU CLAIR DE LUNE

1187441173_1977_7eme_compagnie_clair_de_lune

Réalisé en 1977, ce troisième épisode se passe en 1942, donc, en pleine Occupation allemande. Finies les bravades guerrières, les trois braves hommes de la 7ème sont civils. Pithiviers et Tassin viennent rendre visite à leur chef Chaudard dans sa quincaillerie bretonne (tiens ! Elle ne se situait pas à Vesoul, dans les autres épisodes ?), et vont se retrouver happés dans une formidable emmerde. Poches, mais aussi Allemands, Gestapo, et milice française (pourtant, la milice date de 1943, pas avant) vont les prendre, suite à un beau quiproquo, pour les membres d'un réseau de résistants extrèmement dangereux, le réseau Attila...

1187441538_209r968_clair_de_lune

S'en suivra une rocambolesque histoire, qui mènera à la fuite vers l'Angleterre, en bateau (des cotes de la Loire Atlantique, pas commode d'aller en Angleterre, c'est pas exactement tout droit...). Le troisième film est donc le moins bon, le moins drole, malgré la présence de Jean Carmet en passeur de résistants assez idiot. Gérard Jugnot, assez débutant, est ici dans le role du beau-frère de Chaudard, qui le prend volontiers pour un con et un incapable. Le film est beaucoup plus court que les autres. Il dure 1h20,et on se rend vraiment compte, en le regardant, qu'il dure encore moins longtemps que les deux premiers volets. On ne s'ennuie pas en le regardant, mais il faut quand meme avouer qu'à part deux ou trois scène hilarantes, on n'est pas devant la meme qualité.

1187441784_gorgeton_chaudard

Au final, on a entre les mains une très sympathique trilogie de films comiques, qui se laisse regarder avec le plus grand plaisir. J'avoue une préférence totale pour On A Retrouvé La Septième Compagnie !, mais c'est vraiment le meilleur des trois, de toutes façons. Après, chacun son préféré, mais le second volet revient souvent en tete. J'ai d'ailleurs choisi le second volet pour servir de lien avec l'article, c'est donc dire s'il est de loin le plus culte (tout y est, ou presque)...