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SPOILERS…

Alexandre Arcady, réalisateur français spécialisé dans les films sur les Pieds-Noirs (il en est un lui-même), auteur de films tels que Le Grand Pardon 1 & 2 (version Pieds-Noirs du Parrain) ou L’Union Sacrée, a réalisé, en 1997, son meilleur film, j’ai nommé K (qui a le César du titre de film le plus court ex-aequo avec le Z de Costa-Gavras). Patrick Bruel, Pinkas Braun, Marthe Keller, Isabella Ferrari et Jean-François Stévenin sont les interprètes principaux de ce film glauque.

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Alexandre Arcady, lors de la sortie du film, a voulu expliquer le titre par le fait que K signifiait à la fois Kibboutz, Kaddosh, KGB, Killer, Koweït, Kafka. Mais c’est aussi K pour Katz, nom d’un des principaux personnages du film, personnage autour duquel tout gravite. Je tiens à le dire ici, si vous n’avez jamais vu ce film et ne voulez pas savoir quelle est la révélation qu’il contient, abstenez-vous de lire la suite.

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Sam Bellamy (Patrick Bruel, extraordinaire de sobriété) est un inspecteur de police, lié d’amitié depuis son enfance avec Joseph Katz (Pinkas Braun), un vieil antiquaire juif rescapé des camps de la mort (Bellamy lui-même est juif). Ensemble, les deux amis ont pour habitude de disputer des parties d’échecs. Un matin, alors que Sam vient de perdre (ce qui arrive assez souvent), un homme fait irruption dans la boutique vide. Katz reconnaît l’homme, un Allemand, ancien officier SS du nom de Rudi Güter (Hans Meyer). Güter est responsable, pendant la guerre, de plusieurs atrocités, dont le massacre de la famille de Katz. Les deux hommes se mettent à se battre, et Katz tue Güter.

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Alors que la police débarque, Sam décide qu’il ne peut pas arrêter son vieil ami, qui vient de libérer sa conscience (et à même prononcé un kaddosh – prière juive pour les morts – pour la circonstance), et lui ordonne de se cacher, de se rendre auprès du père de Sam, qui doit se rendre en Israël. Mais peu de temps après, dans la soirée, des hommes travaillant pour Güter (qui s’est reconverti en marchand d’art à Berlin) mettent à feu et à sang le magasin de Katz, et Katz est considéré comme mort.

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Sam, voulant venger Katz, se rend à Berlin pour en savoir plus sur Güter. Ce qu’il va apprendre, il ne l’oubliera jamais tellement ça va le révolter. Au fil de son enquête, qu’il mène avec la fille de Güter, Emma (Isabella Ferrari), Sam apprend que Güter n’était pas du tout SS…et surtout, il apprend, en se faisant contacter par des agents du Mossad dirigés par une certaine Nora Winter (Marthe Keller), chargés de débusquer les anciens nazis, que Katz n’était pas juif. C’était un officier SS s’étant fait passer pour juif après la guerre, pour éviter le procès de Nuremberg. Et c’était un vrai boucher… Entre temps, Sam l’a découvert, Katz est bel et bien vivant, et il mène le jeu…

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Angoissant et glauque, K est un film dont Arcady a eu l’idée à l’occasion du 50ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. C’est un film vraiment sombre, sérieux, inquiétant, qui plonge le spectateur dans une ambiance kafkaïenne, métaphysique. Les acteurs, à commencer par Bruel, Braun et Marthe Keller, sont extraordinaires, et le scénario, écrit en partie par Arcady (avec aide de Jorge Semprun) est remarquable. De très loin, ce film est le chef d’œuvre d’Alexandre Arcady.