18686469

SPOILERS...SPOILERS...

Je viens de le revoir (à l'heure où j'écris ces lignes, il y à quelques minutes que le générique de fin s'est achevé), et comme à chaque visionnage, ça a été un choc profond. Dernier volet de la trilogie des Il Etait Une Fois, Il Etait Une Fois En Amérique est incontestablement THE chef d'oeuvre de monsieur Sergio Leone. Le dernier film de ce cinéaste d'exception aussi, sorti en 1984, et qui aura mis environ 15 ans à naitre !

1

Le précédent film de Leone, Il Etait Une Fois...La Révolution, datait de 1971. Il aura fallu 14 ans pour revoir un film de Leone sur grand écran. Pas moins de 20 scénaristes différents ont été appelés pour bosser sur le script de ce film, adaptation d'un roman de Harry Grey du nom de The Hoods. Ce nombre impressionnant de scénaristes (qui ne sont pas tous crédités, on parlerait meme de 32 scénaristes différents en tout !), ajouté au temps de gestation incroyablement long du film, ajouté à la durée du film (3h45 en tout, meme s'il semblerait qu'une version longue de 420 minutes existerait, j'en bande rien que d'y songer), fait de ce film un sérieux candidat au Guiness des records.

2

Le film est servi par une musique absolument inoubliable du mastro italien Ennio Morricone. Malheureusement, dans la précipitation, son nom ne figure pas au générique, il n'est pas crédité. Ce qui signifie que Morricone ne put etre en lice pour les Oscars ; s'il avait été indiqué au générique, nul doute que l'Oscar de la meilleure musique de film lui aurait été atribué.

3

L'interprétation, que ce soit Robert De Niro (qui trouve ici son meilleur role, selon moi), James Woods, Joe Pesci (pourtant peu présent dans le film), Elizabeth McGovern ou Treat Williams (et il y en à d'autres, plein d'autres, qui sont excellents), est tout simplement au-dessus de tout ce qu'on peut imaginer. Les décors sont aussi remarquables que la musique (le film a été tourné à Paris, Gare du Nord, pour les séquences de gare, le reste a été tourné à New York meme - dans l'ancien quartier juif, qui était habité par des Portoricains - et aussi à Cinecitta, Rome). Quant  la réalisation, bah, c'est Sergio Leone, et il va sans dire que cet ultime opus leonien atteint les sommets d'Il Etait Une Fois Dans L'Ouest, et meme le surpasse, niveau technique. On a ici, donc, je le répète, son meilleur film, de loin.

4

Raconter le film est une mission-suicide. D'abord, parce que raconter 3h45 de film en une vingtaine de lignes serait vraiment ridicule (on oublierait trop de choses) ; ensuite, parce que tout raconter (mais vraiment tout) annihilerait l'envie de voir ce film, pour ceux qui ne l'ont pas vu (et je les envie, ceux-là !) ; enfin, parce que le film repose sur une succession de flash-backs et de séquences éparses. Pour tout dire, le film commence et se termine dans la meme séquence de la fumerie d'opium (il se termine meme sur le visage souriant de Noodles (Robert De Niro), qui préfère oublier un assez gros secret dans les vapeurs d'opium...

5

Le film traite de la vie (de l'adolescence à l'age mur) d'un truand, David Aaronson, dit 'Noodles', issu du quartier juif de New York. Des années 20 (l'adolescence - Noodles, joué dans cette période par Scott Tiler) aux années 60. Noodles, avec une bande d'amis d'enfance (Max - James Woods, remarquable - , Cockeye et Patrick Goldberg) va vivre sans véritable gloire des méfaits de la contrebande et du gangstérisme durant la Prohibition. Vol de diamants, contrebande d'alcool, leur parcours n'est ni plus réussi ni moins réussi que ceux d'autres criminels de leur époque.

6

Sauf que Noodles, adolescent, tuera un autre chef de gang qui s'en prenait à eux. Il purgera une peine de prison, pendant que ses amis (et surtout Max, qui devient le leader du groupe) s'enrichissent. A sa sortie de prison, Noodles est devenu adulte (Robert De Niro), et plus réfléchi. Le gangstérisme n'est plus trop son affaire, il a fait de la prison. Mais, par amitié, il continue, il suit ses amis...

7

La soif d'argent de Max devenant, à la fin de la Prohibition, trop grande (projet de braquage d'une immense banque), Noodles ne vera pas d'autre choix (à son grand malheur) de le dénoncer à la police. e braquage tournera mal, Max et ses deux complices Cockeye et Patrick (eux aussi des amis de Noodles, vous vous rappelez ?) périront, et Noodles prendra le large...Il ne reviendra à New York que 35 ans plus tard, ayant reçu un avis d'autorisation de déménagement des tombes de ses amis, d'un cimetière juif vers un autre ; en fait, après enquète, une invitation à un diner mondain par un certain Bailey, qu'il ne connait absolument pas. Par cette invitation, une signification sous-jacente : 'Noodles, on sait que tu est en vie, on te cherche', signe, selon un Noodles vieillissant, que certaines affaires ne s'oublient jamais...

8

Saisissant de bout en bout, Il Etait Une Fois En Amérique est un film-somme, sans aucun doute le plus grand film jamais fait sur la période de la Prohibition et sur le ganstérisme (et pas la mafia, attention). On ne s'ennuie jamais (comment pourrait-on ?) devant ces 3h45. Le fait que le film soit scindé en deux disques pour le DVD rend son visionnage plus facile, meme si il semble inconcevable de ne pas regarder les deux 'parties' à la suite (le film est sorti en une seule fois, avec une entracte au bout de...2h40 !).

9

Le film a subi un outrage lors de sa sortie US : amputé de plus d'une heure, il sortit aussi sous un autre montage, montrant le film dans un ordre linéaire, dans l'ordre, si vous préférez. Un peu comme si vous preniez Pulp Fiction et que vous le remontiez dans l'ordre des historiettes qu'il contient. Le film, d'un coup, est devenu atrocement banal, et de ce fait, n'obtint pas de très bonnes critiques US (remonté selon la version originale de 225 minutes, il sera acclamé dans le monde entier, et ce remontage US montre bien la connerie américaine).

10

Pour en revenir à ce film mythique, il faut le voir, absolument, sans tarder (si ce n'est pas déjà fait, et je l'espère pour votre culture cinématographique). Quiconque l'a vu le sait : Il Etait Une Fois En Amérique est le plus grand film de l'histoire du Septième Art. Amen. Pour vous dire à quel point je respecte ce film, j'ai pris soin de publier toutes les photographies (des captures d'écran totalement inédites !) dans l'ordre du film.