2001_L_Odyssee_de_l_espace

Spoilers...

Ca faisait 10 ans (pas jour pour jour, mais année pour année) que je n'avais pas parlé de ce film ici. Le fait de l'avoir récemment revu m'a évidemment donné envie d'en reparler, même si je dois dire que je n'étais pas trop mécontent de mon ancienne chronique sur le blog. Bien que faisant partie des plus anciennes, elle était une des premières, sur le blog, à être d'une taille conséquente, mais elle commençait, surtout au niveau des illustrations (celles de cet article sont fait maison, des captures d'écran de mon DVD), à dater un peu. 2001 : L'Odyssée De L'Espace est le huitième film de Stanley Kubrick et il est sorti en 1968. C'est un de ses films les plus importants (dans une filmographie qui en compte un paquet, de films importants, quasiment toute sa filmographie), et un de mes films les plus importants, aussi, je veux dire un des films qui comptent le plus pour moi. J'ai découvert ce film à peu près à cette période de l'année (plus précisément, au cours des fêtes de fin d'année), il y à environ 25 ans, oui ça date. Ce film, à l'époque, passait régulièrement, à cette période de l'année, en deuxième ou troisième partie de soirée, sur la 3. Je l'avais enregistré. Je devais voir dans les 12 ans quand je l'ai vu pour la première fois, le lendemain de son enregistrement en antique VHS, aussi imaginez bien quelle a été ma stupéfaction en visionnant ce film que j'ai, pendant des années, cru bien plus long que son effective durée de 142 minutes (entièreté du générique de fin compris, sinon, le film s'arrête à 135 minutes).

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Dire que j'avais tout compris de ce film serait dire une connerie monumentale. En réalité, je n'ai rien pigé du tout au film quand je l'ai vu pour la première fois, avec mon père (qui l'avait déjà vu il y à longtemps), il me faudra plusieurs visionnages pour commencer à comprendre, progressivement. Mais si je n'ai rien compris au film à l'époque, je ne l'ai pas moins adoré, du début à la fin. Ce qui peut sembler curieux (comment peut-on faire pour aimer quelque chose qui nous passe par dessus la tête ?) mais bel et bien authentique. Je n'aurais probablement pas pu expliquer, à l'époque, comment ce film de Kubrick (pas le premier Kubrick que j'ai vu, j'avais en effet déjà vu Spartacus à l'époque, mais je ne savais pas encore, à l'époque, que Spartacus était un Kubrick) m'a cueilli. La beauté des images (même à 12 ans et à l'époque plus spectacteur de James Bond, de Disney et de comédies du type bande du Splendid', je me rendais compte que ce film, visuellement parlant, était une baffe monumentale dans ma gueule). La majesté de la musique (dont certains thèmes me foutèrent les jetons sévère : le "Requiem" de Lygeti...). Et ces décors, hallucinants. Si je rajoutais à ça le fait que le film date de 1968, je me rendais déjà compte, malgré mon âge, que la science-fiction au cinéma a vraiment connu un avant et un après ce film. Et que le cinéma, tout court, pouvait vraiment compter ce film parmi ses chefs d'oeuvre.

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J'ai dit plus haut que le film m'a longtemps semblé plus long que sa durée (précisons au passage que lors de ses diffusions TV, l'ouverture et l'interlude instrumentaux et constitués d'un écran noir manquaient à l'appel, soit environ 6 minutes de moins que sur le DVD, portant la durée du film, à la TV, à environ 2h10 sans le générique de fin). C'est vrai. Ce n'est qu'en achetant le film en DVD que j'ai pu constater la durée du film en observant son minutage réel. Putain, seulement 140 minutes pour ce film ? J'avais toujours pensé qu'il en durait bien plus, genre 155 ou 160 minutes ! 2001 : A Space Odyssey est clairement un film qui fait se diluer le temps. On ne s'emmerde pas une seconde (du moins, en ce qui me concerne) en le regardant, mais le temps semble défiler moins vite. Le prologue sans paroles et titré "L'aube de l'humanité" (j'en reparle plus bas en résumant le film) ne dure qu'un petit quart d'heure, et encore, un peu moins. Il semble en durer le double. Quand la troisième partie ("Mission Discovery") démarre, on n'est même pas à une heure de métrage, et on a pourtant l'impression d'avoir vu la moitié du film. Le film nous embarque et nous fait perdre toute notion temporelle. Le temps se désarticule comme dans un roman de Philip K. Dick (c'est d'ailleurs quasiment le titre d'un de ses romans) et au final, on a l'impression d'avoir fait un voyage de 3 heures ou presque. Se rendre compte que le film dure en réalité 2h15 (2h20 en comptant le générique de fin, que personne ne regarde en entier) est quasiment choquant. 2001 : L'Odyssée De L'Espace est aussi long qu'Orange Mécanique, film suivant du réalisateur qui, lui, défile à toute berzingue quand on le regarde !

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Le film est sorti, donc, en 1968. Ca peut sembler totalement ahurissant, mais à sa sortie, le film a été assez largement conspué par la presse (Pauline Kael, fameuse et redoutée critique cinéma américaine, qui pouvait se montrer assassine quand elle le voulait et elle le voulait souvent, en parlera comme d'un film sans aucune imagination et d'un ennui total, après l'avoir vu lors de la première américaine ; le film y était apparemment plus long, d'une durée de 155 minutes, mais Kubrick le rabotera un peu pour sa sortie mondiale). Lire de pareilles choses ("un film sans imagination", vraiment ? Pauline, enfin !) semble curieux. Mais c'est un fait, le film n'a pas trop plus à la majeure partie de la presse, à l'époque. Bien entendu, il y à aussi eu d'excellentes critiques, et le film gagnera totalement en prestige par la suite. Martin Scorsese vit le film en salles à l'époque et fut bluffé. Woody Allen aussi ira le voir en salles à l'époque, et il s'emmerdera profondément, lui, n'ayant pu apprécier le film que bien plus tard. Ce film mérite en effet qu'on prenne le temps de le voir, plusieurs fois, en insistant bien, quitte à laisser des années entre chaque visionnage. Mais par pitié, ne le regardez pas qu'une seule et unique fois, l'air de dire bon, ça y est, je l'ai vu, ce film, car ce n'est pas un film que l'on apprécie pleinement avec un seul visionnage. Son scénario, signé Kubrick et Arthur C. Clarke (d'après une de ses nouvelles, The Sentinel), écrivain de SF réputé qui adaptera le tout en roman la même année, est tout simplement brillant. Les deux hommes s'entendront très bien (Clarke avouera cependant que chacune de ses rencontres avec Kubrick lui donnait l'envie, ensuite, de s'allonger un peu pour se reposer, tant le bonhomme pouvait se montrer usant avec son perfectionnisme et ses questions !) et ont livré une oeuvre à quatre mains des plus intouchables. 

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Il est temps de parler de ce que le film raconte, et là, je suis pas dans la merde. Après une ouverture instrumentale constituée d'un écran noir et d'un extrait du "Atmosphères" de Gyorgy Lygeti (compositeur roumain dont la musique servira encore à deux reprises pour un film de Kubrick : Shining et Eyes Wide Shut), ouverture qui dure 4 minutes et est suivie d'un court générique de début sur fond de "Ainsi Parlait Zarathoustra" de Strauss, le film s'ouvre sur une vaste plaine africaine et le titre "L'aube de l'humanité". Le premier quart d'heure (un peu moins en fait) se passe à l'époque où les Hommes étaient encore des singes peu évolués (ils ne parlent pas, que des grognements et cris). Ils vivent en bandes, dorment dans des grottes, se nourrissent de ce qu'ils trouvent, ne font évidemment pas de feu, et de temps en temps, un fauve en attaque un. Une nuit, ils se retrouvent paniqués, sans savoir pourquoi. Le lendemain matin, ils découvrent, excités et craintifs, une espèce de grande pierre noire, taillée en monolithe rectangulaire, dressé devant leur grotte. Ils le touchent avec crainte et respect, tournent autour. La musique qui retentit à ce moment-là est le "Requiem" de Lygeti, qui reviendra dans le film à chaque apparition du monolithe. Peu après, un des hommes-singes, baptisé Guetteur de Lune dans la novélisation d'Arthur C. Clarke, est entouré d'ossements d'animaux et il a l'idée de prendre un gros os longiligne et de s'en servir pour taper sur les autres os, les réduisant en miettes (musique surgissant à ce moment : "Ainsi Parlait Zarathoustra"). Juste après, alors qu'une autre bande de singes arrive, les singes du Guetteur de Lune frappent l'un des intrus agressifs, l'estourbissant ou le tuant, et faisant reculer les autres de crainte. L'un des singes lance l'os en l'air, il virevolte, virevolte...

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...et on arrive en 2001, dans l'espace, avec "Le Beau Danube Bleu" de Strauss (pas le même Strauss, et aucun lien entre les deux), sur la vision d'une navette spatiale de la compagnie Pan American en route vers une sublime et doublement circulaire station spatiale internationale. A bord de la navette, un unique passager, endormi, le professeur Heywood Floyd (William Sylvester), endormi devant une petite télévision allumée (et incrustrée dans le dossier devant lui), un stylo flottant en apesanteur à ses côtés. La navette se pose sur la station spatiale, Floyd, qui doit se rendre sur la base lunaire de Clavius afin d'observer de plus près quelque chose de mystérieux venant d'y être découvert, en profite, avant de prendre la navette pour la Lune, pour visiophoner à sa fille pour son anniversaire, discuter avec des collègues soviétiques (apparemment, en 2001, la détente est de rigueur entre les USA et l'URSS ; Kubrick ne pouvait évidemment pas savoir qu'en 2001, il n'y aurait plus d'URSS) et manger un bout (ça, on ne le voit pas). Notons au passage que malgré l'austérité blanche des décors, il s'agit d'un salon Howard Johnson's et d'un hôtel Hilton ! Floyd assiste à une réunion de scientifiques basés sur Clavius et leur intime l'ordre de ne rien dire sur ce qui s'y passe (pour tout le monde, le bruit court qu'une épidémie ravage Clavius, ce qui est faux mais éloigne les curieux) pour le moment, puis cap vers la Lune (sur fond musical de Lygeti, "Lux Aeterna") où on découvre enfin ce qui se passe : un monolithe noir, rectangulaire, indatable mais vraisemblablement très très ancien, a été découvert dans le sol lunaire. Floyd et d'autres scientifiques s'approchent de ce monolithe (le "Requiem", encore, retentit) qui, d'un coup, se met à émettre de violents et stridents bruits. 

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C'est là que démarre la troisième partie, baptisée "Mission Discovery" (à noter que la deuxième partie n'a pas de titre, elle), avec le "Gayane Ballet" de Khatchaturian en fond sonore, ce qui apporte beaucoup de réconfort après la noirceur et l'oppression du "Requiem". On est dans un grand vaisseau spatial longiligne (la seconde photo, après l'affiche je veux dire, de l'article le montre), le Discovery, qui est en route vers Jupiter, pour une raison encore inconnue de son équipage. A bord, cinq hommes, dont trois en hibernation. Les deux autres sont le capitaine David Bowman (Keir Dullea) et son second, Frank Poole (Gary Lockwood). Et on a le sixième membre d'équipage, HAL 9000 (en VF, CARL 9000), unité centrale du vaisseau, ordinateur infaillible gérant tout, capable de parler, de raisonner, d'avoir des émotions (fausses ou sincères, personne ne peut le dire), et représenté, visuellement, par un gros cercle rouge. On assiste à la vie de tous les jours à bord du vaisseau : Poole mange tranquillement de la nourriture modifiée (des purées aux goûts différents) en regardant la TV tandis que Bowman court tout autour du vaisseau pour se maintenir en forme (Kubrick utilise ici une de ses figures de style préférées, le travelling arrière, filmant Bowman de face, faisant reculer sa caméra ; on ne compte plus les films de Kubrick proposant le travelling arrière, quasiment tous le font), ou bien on en voit un en train de se reposer, un autre jouer aux échecs avec HAL ou dessinant... Un jour, HAL indique qu'une unité du vaisseau va bientôt se mettre en panne, d'ici 72 heures. Bowman part l'inspecter (c'est sur la paroi extérieure du vaisseau, il prend pour ça un module) mais il s'avère au final que HAL s'est trompé, l'unité ne serait pas tombée en panne.

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Pour les deux hommes d'équipage, c'est un coup dur, la preuve que malgré tout ce qu'on dit, HAL n'est pas infaillible. Les deux hommes, après s'être volontairement coupés de la communication avec HAL, décident de tenter la désactivation de ses circuits, mais HAL lit sur les lèvres. A ce moment précis du film, un interlude de 2/3 minutes, constitué d'un écran noir et du "Atmosphères" de Lygeti, survient. Puis retour au film. Au cours d'une sortie, Poole est victime d'un accident, qui le laisse inanimé dans l'espace. Bowman part le chercher (Poole est vraisemblablement mort) et une fois sa mission accomplie (il a réussi, avec un des modules, à récupérer le corps de son ami), il se voit refuser l'accès au vaisseau par un HAL probablement devenu fou (il vient de tuer les trois astronautes hibernés en mettant fin à leurs fonctions vitales dans les caissons). Bowman n'a d'autre choix que d'entrer manuellement, à ses risques et périls, et une fois entré, il se rend dans la salle de l'unité centrale pour désactiver HAL qui ne cesse de lui demander d'arrêter, il le supplie d'une voix de plus en plus lente. Alors que Bowman a fini de désactiver HAL, un message visuel automatique se déclenche (auun lien : il se serait déclenché de toute manière) pour avertir l'équipage du Discovery des raisons de leur mission, étant donné qu'ils arrivent à destination : un monolithe a été découvert sur Jupiter. Il semblerait plus vieux que l'espèce humaine. Ses origines et son but sont encore un mystère total (cette phrase est littéralement la dernière que l'on entend dans le film, le reste de 2001 : L'Odyssée De L'Espace étant sans paroles). 

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Arrive alors la quatrième et dernière partie : "Jupiter Et Au-Delà De L'Infini", avec Lygeti ("Requiem", "Atmosphères") en fond sonore. Bowman est dans un des modules, il erre dans l'espace, après Jupiter, et va se retrouver plongé dans un univers totalement fantasmagorique, des lueurs, rais lumineux, formes étranges, très psychédéliques, qui vont le terrifier, l'interloquer (des flashes de son visage figé sont sans équivoque). Difficile de dire vraiment ce qui arrive, Bowman semble arriver au bout de l'espace, il va plus loin que personne n'ira jamais et n'a jamais été. Il finit par arriver dans un décor qu'il doit juger invraisemblable : une grande salle blanche et richement décorée, comme un Versailles blanc et aseptisé, au sein duquel son module et lui-même dans son scaphandre rouge font violemment tache. Bowman semble avoir vieilli de plusieurs années, il semble avoir une bonne soixantaine d'années sous son scaphandre. Il entend du bruit et voit un homme apparemment encore plus âgé, entrain de manger, seul. Cet homme, c'est lui. Bowman en scaphandre disparaît de l'image, on se concentre sur le vieillard qui, par inadvertance, fait tomber à terre un verre de cristal. Il lève les yeux des débris de verre au sol jusqu'au lit où se trouve une autre version de lui, encore plus vieille, moribonde. Face au lit, le vieillard alité le voit et tend un bras implorant, se trouve le monolithe. Au centre du monolithe apparaît, dans un halo, une forme d'embryon, la caméra fonce vers le noir du monolithe, et on arrive dans l'espace, vue de la Terre avec, progressivement, un halo gigantesque au-dessus de la Terre, à l'intérieur duquel se trouve un enfant humanoïde aux traits de Bowman, sur fond de "Ainsi Parlait Zarathoustra". Le film se termine sur cette émouvante image de l'Enfant des Etoiles. 

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2001 : L'Odyssée De L'Espace est un film intense, prenant de bout en bout, une splendeur aussi bien visuelle que sonore (la bande-son est à tomber par terre ; à noter que l'album de la bande-son, en vinyle, dure 36 minutes, et que sa version CD propose 22 minutes supplémentaires, vu qu'elle propose la version longue de quasiment tous les morceaux). Prouesse visuelle ayant renvoyé aux pâquerettes les précédents films de SF, il pose les jalons pour le futur de ce genre cinématographique. Les effets spéciaux, signés Douglas Trumbull, sont tellement bluffants qu'on a l'impression que le film a été vraiment tourné dans l'espace, et je n'ose imaginer ce que devait être l'expérience de voir ce film en salles, en 1968 (ou de le voir en salles, tout simplement, peu importe en quelle année). Mais surtout de l'avoir vu en 1968, de l'avoir découvert, de se le prendre dans la face sans prévenir... Si les films précédents de Kubrick étaient remarquables (L'Ultime Razzia, Les Sentiers De La Gloire, Docteur Folamour), c'est à partir de ce film-ci qu'on peut dire que Kubrick est un génie visionnaire à suivre à tout prix. Le réalisateur, basé en Angleterre depuis 1962 (le film est anglo-américain), et qui passera chez Warner en 1971 après que son projet Napoléon, commencé juste après 2001 : A Space Odyssey et avorté en raison de studio MGM frileux car un film sur le même sujet venait d'être fait et avait été un bide, le réalisateur donc, livre ici une oeuvre inaltérable. Un opéra de SF, parfait de bout en bout. On notera cependant, ce n'est pas un reproche, la platitude de l'interprétation (aucun acteur n'est connu ni le sera, ils resteront à jamais prisonniers de ce film) et des dialogues. Manière de dire que le plus important, ici, est au-delà de l'humain.

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C'est un fait : une bonne partie des dialogues (et le film n'en est pas rempli : il faut attendre quasiment une demi-heure avant d'entendre une voix humaine, et 25 minutes avant la fin du film, il n'y à plus de dialogues du tout) sont anodins : discussion amicale autour d'une table, retransmission d'une conversation téléphonique avec une petite fille, message audiovisuel des parents de Poole lui souhaitant son anniversaire, retransmission d'une émission de TV autogratulante... Et aucun des acteurs ne mérite un Oscar, ils jouent, mais c'est tout. HAL (dont le nom est une allusion à IBM : H, A et L sont les trois lettres qui suivent, dans l'alphabet, les lettres I, B et M respectivement) est le meilleur acteur du film, magistralement mis en audio par l'acteur Douglas Rain, récemment décédé. Le plus important, dans le film (qui récoltera un Oscar technique, le seul de la carrière de Kubrick, ce qui est effarant), est au-delà de ça. Voyage métaphysique sur le sens de la vie, 2001 : L'Odyssée De L'Espace n'est pas seulement un grand film de SF. C'est un grand film, tout court.