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SPOILERS...

Voici un film appartenant totalement au registre politique. Un film qui en dit bien plus qu'il ne laisse paraitre de premier abord. Z est le film qui possède le titre le plus court de toute l'histoire du cinéma (oui, je sais, il y à aussi K, mais bon). Ca, c'était pour la petite anecdote ridicule n'ayant aucun rapport avec le sujet du film.

Le film est réalisé par Constantin Costa-Gavras, réalisateur français d'origine grecque (ce qui est important compte tenu du sujet du film). Il est sorti en 1968 (et pas 1969 comme dit sur AlloCiné) et sera un grand succès. Interprété par une pléiade d'acteurs talentueux tels qu'Yves Montand (dont Z est le premier d'une série de films politiques qu'il tournera avec le réalisateur, les autres étant, entre autres, le grandiose L'Aveu en 1970 et le très bon Etat De Siège en 1973), Jean Bouise, Charles Denner, Julien Guiomar, Bernard Fresson, Irène Pappas, Georges Géret, Marcel Bozzufi, Renato Salvatori, Pierre Dux, Magali noel, Jacques Perrin, Francois Perier, et Jean-Louis Trintignant. Excusez du peu, hein.

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Le film est inspiré par un roman de Vassili Vassilikos, mais aussi et surtout par une partie de l'histoire de la Grèce contemporaine : la 'dictature des colonels'. Le film (une coproduction franco-algérienne probablement tournée en Algérie) se passe dans un pays imaginaire. D'emblée, le réalisateur, dans le générique, précise que toute ressemblance avec des faits ou des personnages ayant existé est voulue. Costa-Gavras veut taper là où ça fait mal, il veut dénoncer. Comme il dénoncera le système des purges staliniennes des années 50 dans L'Aveu et le coup d'état de Pinochet au Chili dans Etat De Siège.

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Le pays imaginaire (dites vous bien qu'en fait, c'est la Grèce) est tenu par des militaires, des officiers, généraux, colonels (Pierre Dux, Julien Guiomar, entre autres), qui dirigent le pays d'une poigne de fer. Au début du film, on apprend qu'un meeting politique de gauche (le pays étant largement d'extrème-droite) doit etre organisé. Le leader du parti populiste, qui n'a pas de nom et que l'on appelera Z (Yves Montand), doit tenir ce meeting. Avec ses assistants du parti (Charles Denner, Bernard Fresson...), il a fort à faire avec la majorité dirigeant le pays.

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Au cours du meeting, il est assassiné, assommé mortellement par une matraque, par deux hommes troubles (Marcel Bozzufi, Renato Salvatori) à la solde du Gouvernement. A la suite de cet assassinat qui révolte tout le monde, les amis de Z, ainsi qu'un journaliste/photographe curieux (Jacques Perrin) et un juge d'instruction intègre, incorruptible et borné (Jean-Louis Trintignant), vont mener l'enquete, pour faire élcater la vérité : c'est un complot politique et non un crime de fanatique. Le juge va en profiter pour faire renverser le pouvoir en place et dénonce la dictature.

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Mais, s'il parvient à ses fins, on se rend compte aussi, lors de l'épilogue du film (qui explique le titre du film, Z - qui se prononce 'zi' -  voulant dire 'il est vivant' en grec ancien), que les quelques personnes ayant manoeuvré pour faire éclater la vérité, soit mourront, soit disparaitront étrangement pour ne jamais revenir, soit verront leur carrière brisée (Trintignant)...La vérité est à ce prix.

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Lors de sa sortie, le film fut acclamé partout. La dictature des colonels s'étant terminé avant que le film ne soit fait, aucun problème n'arriva en Grèce. Le film est le premier de Costa-Gavras à etre politisé, et par la suite, le réalisateur fera de ce style cinématographique son cheval de bataille. Mais, à l'exception de L'Aveu, jamais il ne le fera aussi bien que dans Z. Acteurs épatants, scénario en béton, réalisation excellente, tout concourt à faire de Z un grand classique du cinéma français. Un film à voir, si possible très jeune (je dirais, dans les 12-13 ans), pour bien assimiler la notion meme de liberté politique, de démocratie, de citoyenneté. Magistral.