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DANGER...PESTICIDES...DANGER...PESTICIDES...

Telle était l'accroche de l'affiche du film de Jean Rollin, Les Raisins De La Mort (avec un tel titre, on sent bien le fleuron du Bis français !), sorte de remake de La Nuit Des Morts-Vivants (meme si de grosses différences restent) en version franchouillarde. Attention, malgré les apparences, il ne s'agit pas d'un navet, encore moins d'un nanar. Une authentique série B à la Française, parfois mal fichue, mais en tous points honnête.

Les amateurs de ciné fantastique connaissent bien Jean Rollin, un des grands spécialistes français du genre. Ces films, qui contiennent pas mal d'érotisme (de la nudité, en fait), sont principalement axés sur le vampirisme : Le Viol Du Vampire, La Vampire Nue, Le Frisson Des Vampires, Lèvres De Sang, j'en passe et des meilleures et des vertes et des pas mures. Cependant, à deux ou trois reprises, Rollin s'est essayé au monde des zombies, et aux films gores. Il y aura La Morte Vivante en 1982, assez gore, mais toutefois poétique. Mais, avant, il y aura ces Raisins, tout aussi sanguinolents.

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Parmi les acteurs du film, Brigitte Lahaie (qui jouera dans quelques films de Rollin - curieusement, elle n'est pas nue dans le film, excepté une courte scène), Félix Marten, Marie-Georges Pascal (actrice principale), le critique cinéma Jean-Pierre Bouyxou (ami, collaborateur, familier de Rollin et du Bis), ou Serge Marquand.

Le film se passe dans l'Aveyron (je le sait rapport à une voiture présente dans le film, et immatriculée dans le 12), région vinicole. Une jeune femme voyage en train, dans le but de rendre visite à son fiancé, qui dirige une exploitation viticole dans la région. Dans le train, à une halte, un homme, apparemment malade, monte. Il rentre dans son compartiment (le train est quasiment vide). La fille remarque une curieuse marque apparaitre peu à peu sur le visage de l'homme, une énorme pustule sanguinolente. En meme temps, l'homme commence à devenir agressif. Elle prend peur, tire la sonnette d'alarme, et descend du train, dans la nature. Elle parvient à atteindre une ferme, où vivent un fermier et sa fille. L'homme (grand amateur de pinard) a lui aussi une étrange pustule, mais sur la main. Découvrant un cadavre à l'étage, la femme panique, et parvient à s'enfuir alors que le fermier assassine sa propre fille en l'empalant sur une fourche.

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La jeune femme continue sa route, et rencontre une jeune aveugle, qui réside dans un village, non loin, mais s'est perdue. La femme l'aide à retrouver son chemin, et va avec elle au village. Sur la route, à l'entrée du village, plusieurs cadavres purulents sont dispersés. La jeune femme ne dit rien à l'aveugle, mais est paniquée, ce que l'aveugle ressent bien.

La jeune femme est hébergée pour la nuit par une femme assez étrange (Brigitte Lahaie). En pleine nuit, les cadavres se levent, et se mettent à arpenter les ruelles du village. La jeune aveugle est tuée, clouée à la porte de sa maison, et décapitée à la hache par son petit ami (qui, soit-dit en passant, semble vachement agé pour un fiancé !). Scène terrible.

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La jeune femme est hébergée pour la nuit par une femme assez étrange (Brigitte Lahaie). En pleine nuit, les cadavres se levent, et se mettent à arpenter les ruelles du village. La jeune aveugle est tuée, clouée à la porte de sa maison, et décapitée à la hache par son petit ami (qui, soit-dit en passant, semble vachement agé pour un fiancé !). Scène terrible.

Deux hommes, apparemment des chasseurs, pénètrent dans le village, et descendent les zombies (qui peuvent parler, et meme reprendre vaguement conscience - c'est une des différences entre ce film et les films de Romero). Ils parviennent à maitriser la situation. La jeune femme, affolée par le comportement étrange de son hotesse (qui semble s'amuser de la situation), sort, et est récupérée par les chasseurs, qui l'emmènent avec elle.

A ce niveau du film (il ne reste qu'à peine 20 minutes, et encore), on comprend que le vin nouveau de l'année est responsable de tout cela. On parle de centrales nucléaires, de produits toxiques qui auraient dénaturé et souillé le vin. Les deux chasseurs (dont Félix Marten, bourru) ne sont pas de la région, ils sont là pour les vendanges, mais ne boivent pas de vin.

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Les trois personnes arrivent à une exploitation viticole, celle-là meme où travaille le fiancée de l'héroine. Après avoir diné et bu (pas du vin nouveau, mais une vieille bouteille sans danger), ils appellent les secours, pour la femme. Celle-ci sort, faire un tour dans les locaux de fabrication, près des cuves. Elle y retrouve son fiancé, qui se cachait. Il est atrocement marqué par des pustules au visage, et tente de l'agresser ; heureusement, un des chasseurs était là, et il descend l'homme. Folle de rage, la femme lui prend son fusil, et le tue, avant d'aller tuer l'autre homme, et de se réfugier dans une cuve vide...Elle a perdu la raison.

Raconté comme ça (et j'ai occulté quelques détails moyennement importants), le film semble etre une série Z bien pourrie, je vous l'accorde. Cependant, je ne peux que vous conseiller de le voir au moins une fois. Et si il ne vous dégoutera pas du vin rouge, peut-etre vous donnera-il envie de découvrir les autres films de Jean Rollin, malgré le fait qu'ils soient radicalement différents de celui-ci...Honnetement, un très bon petit film, sans prétentions.