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Attention : SPOILERS !

Richard Donner n'a pas toujours été le réalisateur des Goonies, de Superman ou de la saga de L'Arme Fatale. En 1976, il a meme réalisé un des plus importants et flippants films fantastiques (j'ai dit 'film fantastique', pas 'film d'horreur') qui soient, j'ai nommé La Malédiction. Adaptaion d'un roman de David Seltzer (The Omen, en anglais), le film traite du diable.

Rome, le 6 juin 1970 (pour etre franc, je ne me souviens plus trop si le début du film se passe en 1970 ou plus tot, donc, par défaut...), à 6 heures du matin. Katherine (Lee Remick), La femme de Robert Thorn (Gregory Peck), un homme politique américain, accouche. Malheureusement, le bébé meurt quasi immédiatement, en salle de soins. Les médecins (et un pretre) annoncent la nouvelle à Thorn, mais pas à sa femme, car ils ont une faveur à demander à Thorn : en meme temps, une femme est morte en mettant au monde un enfant, qui a survécu. Le père du bébé étant inconnu, le pretre et le personnel hospitalier demandent à Thorn d'adopter officieusement l'enfant sans le dire à sa femme ; bref, de faire comme si le bébé était leur enfant, afin de préserver Katherine. Thorn accepte, ils appellent l'enfant Damien. Thorn est nommé gouverneur américain en Angleterre, ils déménagent donc...

Angleterre. Les Thorn coulent de jours heureux dans leur cottage campagnard, avec domestiques (nounou, surtout, pour le jeune Damien, qui a maintenant 4 ans). Cependant, d'étranges évenements se produisent. Alors qu'un pretre, le Père Brennan, tente désespérément de parler à Thorn (pour lui parler de son enfant - on l'entend meme dire, avant d'etre expulsé par les agents de sécurité, que la vraie mère de Damien serait 'un chacal', mais Thorn n'a pas le temps d'entendre ce dernier mot) et que Thorn refuse obstinément de l'entendre (n'ayant pas envie de remettre sur le tapis les circonstances de l'arrivée de Damien dans sa vie, et on le comprend, car son vrai fils est mort-né), il se passe d'autres choses : l'enfant semble un peu perturbé, il s'affole et devient hystérique aux environs de batiments religieux, il affole et fait fuir les animaux du zoo...Bref, on sent bien la place déterminante qu'aura le gosse dans l'histoire !!

Le jour de la fete d'anniversaire de Damien, le paroxysme est atteint : sa nounou se pend avec une corde attachée à la fenetre (elle se défenestre en meme temps, donc), devant les invités (dont Brennan). Un photographe, Jennings (David Warner et sa fameuse coup de cheveux 'lévrier afghan malade'), assiste à la scène, et l'immortalise. Sans qu'on se l'explique, il tient aussi à photographier Brennan.

Ce meme Brennan sollicite encore une fois un rendez-vous avec Thorn, qui accepte. Mais à peine se rencontrent-ils (par un après-midi orageux, devant la paroisse du pretre) que Thorn s'énerve, ne veut pas entendre parler Brennan à propos de Damien, et le laisse là. Brennan reste seul devant son église. A ce moment, la foudre tombe sur le paratonnerre, qui s'effondre, et vient empaler Brennan, le clouant littéralement au sol.

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Le lendemain, Thorn apprend la nouvelle, et est contacté par Jennings, le photographe, qui veut lui parler de choses étranges. Thorn accepte, et Jenning l'emmène 'visiter' la demeure de Brennan, un appartement miséreux, aux murs entièrement couverts de pages de la Bible. Jennings apprend à Thorn que Brennan avait une marque de fabrique sur le corps, un 666 sur le bras. De plus, en lui montrant les diverses photos qu'il a pris, il a constaté des évenements troublants : la photo de Brennan est tachée d'une barre noire, un trait traversant la photo de part en part. Comparant avec la photo du corps de Brennan, ils s'aperçoivent que la barre noiratre de la première photo se situe exactement là où le paratonnerre à empalé le pretre...De meme, se prenant en photo, le photographe a constaté un trou noir au niveau de son cou, en-dessous de sa tete...

Jennings commence à parler à Thorn de l'Antéchrist, lui annonçant que Brennan était persuadé que Damien est le fils du Diable. Thorn refuse d'y croire, mais Jennings le convainc de partir (avec lui) pour Rome, lieu de la naissance de son fils et de Damien, afin d'obtenir des informations sur la vraie mère du gamin. Ils apprennent qu'un incendie a ravagé les archives de l'hopital, et que le pretre qui avait remis l'enfant est retiré dans un monastère, et dans un état critique, après une attaque cérébrale sérieuse. Ils se rendent quand meme au monastère, rencontrent le pretre (presque un légume), qui parvient à leur donner le lieu où se trouvent la tombe de la mère de Damien, mais aussi la tombe de l'enfant mort-né de Thorn. Il parvient aussi à donner le nom d'un exorciste, Bugenhagen, vivant à Jérusalem, spécialisé dans la démonologie.

Jennings et Thorn, de nuit (scènes sublimes), vont au cimetière isolé, afin d'ouvrir les tombes. Plein d'espoir que dans la tombe de son fils mort-né il n'y ait rien (ce qui signifierait que tout ceci serait une mascarade, et que Damien serait vraiment son fils), Thorn commence par celle-là, et découvre avec effroi un squelette minuscule et humain : son fils naturel est donc vraiment mort. Il pense donc qu'on aurait tué son fils pour le remplacer par Damien. Mais le pire n'est pas encore découvert. Dans la tombe de la mère de Damien, il découvre un squelette de chacal.

Les deux hommes partent pour Jérusalem. Pendant ce temps, une nouvelle nounou, Mme Baylock (Martine Beswick, inquiétante) est arrivée dans la maison familiale. Elle s'attache très fort au gosse, qu'elle se met à protéger comme jamais personne n'a protégé quelqu'un. Peu de temps après, Katherine Thorn a un accident, elle tombe de l'escalier, et se retrouve à l'hopital. Elle n'en sortira, hélas, pas, une nouvelle agression (perpétrée par Mme Baylock, qui est sataniste) la défenestrera et, par conséquent, la tuera. De Jérusalem, Thorn apprendra ces nouvelles.

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Jérusalem. Jennings et Thorn rencontrent Bugenhagen, qui leur explique que Damien à une marque de fabrique (666) sur lui, et leur remet 7 poignards sacrés à enfoncer progressivement dans le corps de l'enfant, afin de le tuer (c'est la manière de tuer l'Antéchrist avant sa totale renaissance, l'enfant étant encore très faible). Thorn se refuse à utiliser ces poignards, prétextant à une crise de dote (et si l'enfant n'était pas l'Antéchrist ? Il commettrait un meurtre !). Jennings lui dit que lui, il le fera. Malheureusement, un accident arrive à ce moment : une vitre, située à l'arrière d'un camion dont les freins lachent (et qui dévale une rue pentue), le décapite, faisant ainsi se réaliser la prophétie de la photo (rappelez-vous : une marque noir au niveau du cou...).

Thorn rentre chez lui, avec les poignards. Une ois chez lui, il est agressé par Baylock, mais parvient à la neutraliser. Il inspecte 'son' enfant, à la recherche d'une marque de naissance (un 666), et la découvre sous sa chevelure, comme Bugenhagen le lui avait dit. Il enlève l'enfant, se rend dans une église, et s'apprete à sacrifier l'enfant. Malheureusement, dans sa précipitation pour se rendre à l'église, il attire l'attention des policiers, qui pénetrent dans le lieu saint, et le descendent avant que l'enfant ne soit touché. Et la dernière scène montre l'enfant, devant la tombe de ses 'parents', Robert et Katherine Thorn. On voit deux adultes le tenant par la main, et une voix en voix-off nous apprend qu'il s'agit du couple présidentiel américain, qui a donc prit l'enfant sous leur aile. Et le film se termine sur le regard à la fois froid et angélique de Damien, alors que la musique, terrifiante, retentit. Brrrr...

Parlons un peu de la musique : signée Jerry Goldsmith, elle mèle chants religieux et messe noire. Imaginez des choeurs à la Carmina Burana psalmodier 'Antéchrist, Antéchrist...', et tremblez. Il s'agit probablement d'un des thèmes musicaux les plus flippants qui soient. Pour cette musique, Goldsmith aura un Oscar, bien mérité.

Réalisation impeccable, scénario diabolique (dans tous les sens du terme !), interprétation plus qu'à la hauteur de Gregory Peck et David Warner (Lee Remick, Martine Beswick et les autres acteurs - le gosse aussi - sont également géniaux), musique incroyable, photo sublime...Avec son lot de scènes cultissimes et glaçantes (la mort de Jennings, traumatisante), La Malédiction s'impose comme un des meilleurs films sur le sujet du Diable et de l'Antéchrist (le second étant, comme chacun le sait, le fils du premier), bien supérieur à des films comme La Fin Des Temps (pour ne citer que celui-là). Un chef d'oeuvre du cinéma d'angoisse, qui laisse planer le doute jusqu'à la fin : Damien est-il vraiment l'Antéchrist, ou bien Thorn (et avant lui, Brennan) a t-il pété les plombs ?

Les deux suites, Damien : La Malédiction 2 de Don Taylor (1978 : une suite excellente) et La Malédiction Finale de Graham Baker (avec Sam Neill, 1983 : un volet franchement moyen) montreront que la première supposition est la bonne. Mais, en attendant, le film reste hautement déstabilisant.

Petite anecdote personnelle pour finir : mon père à vu ce film en salles en 1976. Je suis né en 1982. Et je m'appelle Damien. Non, je vous rassure, je n'ai aucune marque de naissance, mais je suis à peu près quasiment sur que si mon père a décidé de m'appelé ainsi, c'est en partie parce qu'il avait aimé le film, et que le film l'avait marqué...

Ah-aaaah, ah-aaaaah, ah-aaaaaaah ! (rire sardonique)