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Attention : certaines révélations sur la fin du film se trouvent dans l'article.

Il est temps, maintenant, de parler du plus beau film d'aventures jamais fait, j'ai nommé L'Homme Qui Voulût Être Roi, réalisé par le vétéran John Huston en 1975, et porté par l'interprétation fabuleuse de Sean Connery et Michael Caine. Adapté d'une nouvelle de l'écrivain Rudyard Kipling (qui est, dans le film, interprété par Christopher Plummer), le film conte l'histoire de deux amis, ex-officiers de l'armée britannique, partis à la conquête d'un pays du moyen-orient, afin d'en devenir les rois. Ce pays n'existe pas, en réalité, il s'appelle le Kafiristan. Le début du film montre un homme dépenaillé, en haillons, sale, usé, pénétrer, en pleine nuit, dans le bureau de travail du journaliste Rudyard Kipling. Il lui raconte son histoire, et tout ce que le film montre ensuite est un immense flash-back.

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Inde coloniale. Deux Anglais, deux amis, Daniel Dravot (Sean Connery) et Peachy Carnehan (Michael Caine), appartenant à la confrérie des Francs-Maçons, rencontrent Rudyard kipling (lui-même Franc-Maçon) afin de lui expliquer ce qu'ils comptent faire : atteindre le Kafiristan, pays isolé et difficile d'accès, afin d'en devenir les rois. Si leur intention première est de devenir rois de ce pays afin d'en piller les richesses, ils n'en disent mot à Kipling, préférant s'attarder sur le principe même de leur expédition. Avant eux, un seul Occidental (et pas n'importe lequel : Alexandre le Grand) avait réussi à atteindre et diriger ce pays, réputé sauvage. Selon eux, si un Grec a réussi ça, deux Anglais peuvent le faire aussi. Kipling, trouvant l'idée insensée, ne peur s'empêcher, néanmoins, de les admirer et de les envier.

Les deux compères partent, et subissent moult péripéties (attaque de brigands, traversée de paysages enneigés avec avalanche à la clé) avant d'arriver - enfin - au Kafiristan. Il atteignent un village perché sur une montagne, et y rencontrent un soldat de l'armée britannique, mais d'origine indienne, qui 'garde' plus ou moins le village. Ils y rencontrent aussi Ootah, chef du village, un crétin congénital se croyant aussi fort qu'Attila ou Genghis Khan. Avec l'aide du soldat autochtone, ils parviennent à prendre le contrôle du village, du clan. Ils apprennent l'art de la guerre aux habitants, en vue de les aider à affronter le clan adverse, dont le plus grand crime est de 'pisser dans le fleuve en amont de l'endroit où les hommes d'Ootah se baignent'. Pas très civilisé.

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Une bataille entre les 'hommes' de Dravot et Carnehan et ceux du clan adverse s'engage. Au cours de celle-ci, Dravot est touché par une flêche, qui vient se loger (sans blesser Dravot, il ne s'en rend même pas compte) dans sa cartouchière. Voyant Dravot continuer à se batter à cheval, ils cessent le combat, tétanisés, le prenant pour un dieu, un être surhumain, immortel. Bref, le clan adverse se rend. Dravot, pas peu fier, et Carnehan, amusé, réalisent qu'avec une telle réputation de 'dieu' qu'a Dravot, ils peuvent très facilement arriver à diriger tout le pays. Ils traversent le pays, le conquèrent pas à pas. Un jour, Dravot fait la connaissance d'une jeune femme, nommée Roxane (Shakira Caine), belle à en mourir, et qu'il envisage aussitôt d'épouser une fois qu'il sera couronné roi. Carnehan lui fait rappeller que la femme qu'Alexandre le Grand avait épousé s'appelait aussi Roxane...

Ils rencontrent aussi une assemblée de moines, conviant Sikander (surnom donné à Dravot, signifiant grosso modo 'le fils d'Alexandre', en hommage au premier - et dernier... -  roi du Kafiristan) à se rendre à la cité royale de Sikandergul, afin d'y être officiellement reconnu roi. Dravot accepte.

Les deux amis arrivent à Sikandergul, et y découvrent, entre autres, un trésor immense (la raison de leur venue, en quelque sorte, comme Carnehan le rappelle à Dravot), ainsi que des symboles francs-maçons sur les murs du temple, preuve de l'ancienneté de l'Ordre. Dravot est couronné, devient officiellement roi du Kafiristan, et sa réputation de 'dieu' lui monte tellement à la tête qu'il finit par se considérer comme un vrai dieu, comme le descendant direct d'Alexandre le Grand (alors qu'au départ, il riait de cette déification subite). Carnehan commence à s'impatienter et à s'énerver, ne reconnaissant plus son ami.

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Dravot annonce son mariage, il veut épouser Roxane. On l'amène à Sikandergul pour le mariage, mais celle-ci, quelque peu affolée d'épouser un dieu, panique et le mord à la joue - jusqu'au sang - au moment du baiser. Dravot est démasqué par les kafiristanais : un dieu ne saignerait pas, tout au plus, il coulerait du feu de ses blessures, mais pas du sang. Les kafiristanais comprennent que leur roi n'est ni plus ni moins qu'un homme normal. Sentant l'odeur de sapin se pointer, Dravot et Carnehan tentent de s'enfuir mais sont rattrapés. Dravot est tué, on l'emmène sur un pont de bois, et on fait tomber le pont, avec Dravot (toujours couronné) dessus. Carnehan est torturé, mais relâché, et parvient à rentrer jusqu'en Inde, où il retrouve Kipling pour lui raconter son histoire. Car l'homme sale et meurtri du début du film, c'est lui. Carnehan dépose sur le bureau de Kipling un sac, contenant la tête déssechée de Dravot, et la couronne. Et le film s'achève sur la vision, poignante, de la tête de Daniel Dravot, deuxième roi du Kafiristan.

Cette conclusion est le seule partie dramatique du film, qui par ailleurs, contient beaucoup d'humour, et est très mouvementé. Al a fois film d'aventures cocasse et exotique, mais aussi une très belle réflexion sur le pouvoir, la notion de dééité, et sur l'ambition, L'Homme Qui Voulût Être Roi est le plus beau film de John Huston avec les très différents Gens De Dublin et Le Malin, et est aussi le film qui propose à Sean Connery et Michael Caine leur meilleurs rôles. En ce qui concerne Michael Caine, il est même devenu, après la vision de ce film, un de mes acteurs préférés.

Magistral.