Pink Floyd, The Wall est un film bien particulier en celà qu'il ne raconte pas vraiment une histoire, ne comporte pas de scénario, mais est l'adaptation d'un album rock du groupe Pink Floyd. L'album date de 1979, le film, réalisé par Alan Parker (avec animations de Gerald Scarfe), date, lui, de 1982.

"The Wall" (le disque, un double album) a été composé dans sa quasi totalité par le bassiste Roger Waters. Le thème principal est l'aliénation, la folie ; plus particulièrement, l'enfermement sur lui-même d'une star du rock, nommée, dans le film, Pink Floyd (pourquoi chercher midi à quatorze heures ?). Autour de sa personne, Pink (joué par le chanteur des Boomtown Rats, Bob Geldof, depuis reconverti dans l'organisation de concerts de soutiens à l'Afrique) construit un mur, dont chaque brique est constituée des frustrations et emmerdes qu'il subit (sa mère, possessive ; son maître d'école, tyrannique ; la disparition, pendant la seconde guerre mondiale - comme ce fut le cas pour Waters - de son père ; sa femme, chiante et infidèle ; ses fans). En quelque sorte, Pink se construit un vrai mur, il s'isole carrément. Une parabole sur l'autisme ?

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La fin de l'histoire sera moins drôle pour Pink : virant fasciste dans ses délires, il sème le chaos, passe en jugement, et sa punition est d'abattre le mur, afin de se révèler au monde entier.

Le film est en fait un gigantesque vidéoclip reprenant, avec une ou deux libertés, l'intégralité du disque. Un titre ("Hey You", sublime pourtant) manque, et deux ou trois titres sont en plus ("When The Tigers Broke Free" 1 & 2, "What Shall We Do Now ?"). L'ordre change un peu, aussi. Le film contient beaucoup d'animations, notamment les fameuses 'fucking flowers', animation assez osée. Sur la chanson "Goodbye Blue Sky", on a même droit à quelques visions apocalyptiques de la guerre, une scène terrifiante, ce qui est rarissime dans un cartoon. Bien entendu, "Another Brick In The Wall, 2", et son fameux credo 'We don't need no education, we don't need no thoughts control' est un des moments-clés du film. Que ce soit en dessin animé ou en 'live', voir des enfants au visage atrocement défiguré passer à la moulinette/hachoir du professeur est, comment dire...spécial.

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De même, la marche des marteaux, sur le fameux "Waiting For The Worms", aux paroles que certains jugeront choquantes ('waiting for the queers and the coons, for the Reds and the Jews...waiting for the final solution') est une allégorie fracassante sur le fascisme. Ce passage peut sembler difficile à digérer, cependant. Néanmoins, pour la comprenette générale du thème du film/disque, il est essentiel.

Le film se regarde comme un grand trip malade, pendant 1h35. Pas de dialogues (ou alors, ils sont inintelligibles et inutiles), un seul vrai acteur - Bob Geldof...Le film regorge de scènes-choc et cultes, Bob Geldof/Pink pataugeant dans une piscine remplie de sang - ou, en tout cas, d'un beau liquide rouge - , Pink 'zombifié' par la drogue injectée dans ses veines ("Comfortably Numb", la plus belle chanson du groupe)...Un cauchemar éveillé, mais, cependant, sublime. Un film glaçant, marquant, qui permet de lever pas mal de zones d'ombres sur le disque, même de mieux l'apprécier ("The Wall" n'étant pas mon disque préféré du Floyd, loin s'en faut, même si il est très bon).

En conclusion, je dirai une simple chose, qui me paraît évidente : ceux qui aiment Pink Floyd aimeront le film, ceux qui n'aiment pas Pink Floyd n'aimeront pas. Ca me paraît impossible (ou alors, chapeau !) d'adorer Pink Floyd, The Wall et de détester Pink Floyd. De même que c'est impossible d'adorer Yellow Submarine et de haïr les Beatles. Ca va ensemble, ces choses-là. Moi, ça tombe super bien, j'adore le Floyd !