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Un film de Belmondo dans un blog sur les films cultes, on aura vraiment tout vu. Oui, en effet, même si ce film reste probablement un de ses plus grands films, un de ses plus réussis et trippants. Le temps d'un film, Belmondo reprend le flambeau des polars 'hard boiled' à la Dirty Harry (Eastwood), à la Get Carter (Michael Caine), et plus exactement, comme les polars violents et urbains que l'Italie nous a offert durant les années 70.

Peur Sur La Ville, le titre suffit à planter le décor. Pour ce film (comme pour ses autres films), Jean-Paul Belmondo a fait lui-même ses cascades, aussi insensées soient-elles : incursion dans un appartement par le biais d'un hélicoptère, course-poursuite sur les toits de Paris, et surtout, poursuite dans le métro, avec Bébel sur le toit du métro, se jetant à plat ventre entre chaque station...Ce sont ses assureurs qui ont du gueuler.

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L'histoire est assez simple, un tueur en série, étrangleur, se faisant appeler Minos (et possédant un oeil de verre, détail sordide donnant un ton giallo au film) terrorise Paris. Pendant ce temps, un truand, Marcucci, est de retour à Paris après un hold-up sanglant perpétré à Asnières (dans le 9-2, ouais mon frère), au cours duquel plusieurs personnes perdirent la vie.

Belmondo joue le rôle du commissaire Letellier, un homme qui, au moment du hold-up (que l'on voit en flash-back) avait été un temps accusé - puis relaxé, car son innocence fut prouvée - d'avoir été le responsable de la balle perdue ayant fauché un passant, lors de la fusillade. En fait, c'est du flingue de Marcucci que provenait la balle mortelle. Letellier, dont la carrière fut légèrement et temporairement mis à mal par la faute de Marcucci, et parce qu'il n'avait pas réussi à la coincer lors du hold-up, prend l'annonce du retour du truand à Paris comme une vendetta personnelle. Le fait qu'en même temps il y ait un serial killer à la Six Femmes Pour L'Assassin de Mario Bava dans les rues de la capitale le perturbe, mais sa principale motivation est de retrouver et de choper Marcucci.

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C'est ainsi qu'une course-poursuite entamée entre Minos et Letellier, commencée sur les toits de Paris, et poursuivie dans les Galeries Lafayette et en voiture, s'interrompt lorsque Letellier retrouve la piste de sa némésis, et se met à courser Marcucci dans le métro plutôt que de courser le terrifiant Minos. Au terme de cette poursuite endiablée, Marcucci meurt, emporté et par une balle de Letellier, et par la rame de métro. Letellier ayant accompli sa vengeance personnelle, il peut donc se mettre à la poursuite du tueur, qui en est déjà à sa deuxième victime (même si la première, comme on le voit au départ, n'est pas vraiment morte de sa main).

Bébel se surpasse dans ce film rarement comique (on est loin des polars estampillés 80's avec humour et décontration, les Le Marginal ou Flic Ou Voyou). Il se permet quelques notes d'humour assez bienvenues (une de mes préférées : Belmondo fait irruption dans l'appartement d'un suspect dans l'affaire de la mort de Norah Elmer - première victime. Le suspect sort une arme pour tirer sur Belmondo, adossé à la fenêtre (plus efficace que de crier 'police !' devant la porte). Il rate Bébel, mais Bébel ne le rate pas, et lui tire dans la poitrine, juste en-dessous de l'épaule gauche, en fait. Relisant la lettre d'amour que le suspect (un amant de la victime) lui avait écrite (ma chérie, je dois partir, mon coeur saigne...), il le regarde, et s'exclame : 'c'est vrai qu'il à le coeur qui saigne !').

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Le film est sorti en 1975, et cassera littéralement la baraque. Probablement un des plus gros succès de Belmondo avec Le Professionnel et L'As Des As. Réalisé de manière très efficace par le vétéran Henri Verneuil, interprété par de très bons acteurs (Charles Denner, Adalberto-Maria Merli dans le rôle de Minos), et servi par une musique impeccable et stressante de Ennio Morricone (au top de sa forme, le Morricone, il se permet aussi un léger clin d'oeil musical au Clan Des Siciliens) et un scénario en béton, Peur Sur La Ville est un polar estampillé 70's, certes, ce qui signifie que par moments il sonne un peu daté. Mais il reste aussi un grand moment de cinéma populaire, et pour quiconque aime le polar brut et dur, ce film constituera un grand moment.