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Le film à coté duquel "Ben Hur" ressemble à un documentaire !

1974. En se faisant aider financièrement par le groupe Led Zeppelin (entre autres), la bande de joyeux dingues des Monty Python (constituée d'Anglais, sauf Terry Gilliam, Américain) réalise son premier vrai film (après un ou deux films constitués de sketches indépendants), le complètement barré Monty Python, Sacré Graal !, démolition en règle des bases mêmes de la légende arthurienne et de la Quête du Graal.

Succession ininterrompue de gags hilarants et souvent hallucinants de crétinerie assumée, le film se laisse toujours regarder avec un plaisir non feint, plus de 30 ans après sa sortie. Les autres films du Monty Python (La Vie De Brian et Le Sens De La Vie) sont aussi très réussis, mais pas autant que celui-là. Condition sine qua none pour bien apprécier le film : le voir en VO sous-titrée. Cependant, je ne crois pas qu'il existe une version doublée en français, ce qui arrange bien les choses.

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Le film ne respecte absolument rien, ni la légende du roi Arthur et de ses Chevaliers de la Table Ronde, ni le Moyen-Âge en général, encore moins le générique de début. En effet, dans ce fameux générique, il se passe pas mal de choses étranges. Ca démarre normalement, et même d'une manière un peu austère, bergmanienne. Puis, d'un cou, après le titre, une phrase vient s'incruster en bas de l'écran : 'Si on allait visiter la Suède ?'. S'ensuit une succession de phrases toutes plus débiles les unes que les autres ('On y trouve des lacs splendides, et des animaux intéressants, dont le majestueux élan'...'Un élan à mordu ma soeur au doigt, une fois...'), signifiant, bien entendu, une conversation entre les deux doubleurs du film. Lesquels se retrouvent vite virés, comme un panneau nous l'indique. S'ensuit absolument rien, plus de sous-titrages. Puis un autre panneau, nous annonçant que le doublage a été confié à quelqu'un d'autre. Puis, une succession de couleurs psychédéliques et une musique délirante à la country western déglinguée nous annoncent que le film a été confié à une bande de barges. Fin du générique, puis panneau annonçant que le film se passe en l'an 932, ou plutôt, an l'an 93 au carré...

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Ca serait fastidieux et inutile de répertorier l'ensemble des gags du film, ni d'en raconter l'histoire. Citons, parmi les moments forts, et en vrac, deux cavaliers chevauchant sur des montures invisibles (en fait, ils avancent en sautillant, et en frappant deux moitiés de noix de coco pour imiter le bruit des sabots...) ; un lapin géant en bois servant à investir un château tenu par des Français au vocabulaire fleuri ('je vous pète à la gueule') ; un monstre terrifiant gardant l'entrée de la caverne de Caerbannog, et qui s'avère être (mais qu'est-ce qu'ils ont contre ce charmant animal, enfin ?) un lapin blanc amateurs de gorges ; des paysans communistes ; un passeur énigmatique et incompétent ; un historien assassiné à coups d'épée ; des animations hilarantes et superbes ; une version 'comédie musicale' de la Table Ronde...quant au titre de mon article, il est la base d'une des plus mémorables séquences du film.

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Vous l'aurez compris, un joyeux portnawak, orchestré de main de maître par le duo Terry Jones et Terry Gilliam, deux des Monty Python (dont la troupe au complet est constituée de Graham Chapman - qui joue le Roi Arthur -, Eric Idle, Terry Jones, Terry Gilliam, John Cleese et Michael Palin). A l'exception de Chapman, tous jouent au moins deux rôles dans le film. Exemple : John Cleese interprête Lancelot, mais aussi le Chevalier Noir...

Monty Python And The Holy Grail est une comédie délirante, hélas trop courte (1h35), cultissime et inratable. Il faut absolument voir ce film, en prévoyant les mouchoirs : certaines scènes sont si drôlissimes que les larmes vous en viendront rapidement...