SPOILERS !!

***Cet article aborde l'ensemble de la trilogie***

Pièce maitresse de l'oeuvre de Francis Ford Coppola (avec son chef d'oeuvre Apocalypse Now), la saga du Parrain est incontestablement un des plus grands moments de l'histoire du cinéma mondial. Totalisant environ 9 heures de projection, la trilogie est à voir et à revoir, tant elle fourmille de moments cultes et remarquables. Aucun film n'est moins bon que les autres (tout au plus pouvons-nous dire du dernier volet, réalisé bien après les deux autres, qu'il est un tout petit peu moins puissant au premier abord ; on peut aussi dire du second film qu'il écrase les deux autres, niveau puissance).

Attaquons tout de suite la trilogie avec le premier volet :

1) LE PARRAIN (The Godfather)

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Réalisé en 1972, ce premier volet est l'adaptation d'un roman exceptionnel (et best-seller) de Mario Puzo. Magnifiquement interprété, le film est avant toutes choses une commande que la Paramount avait proposé à Coppola. Mais Coppola, tout en adaptant à la perfection de roman, a transformé un film de gangsters somme toutes assez convenu en fresque inoubliable sur le milieu italo-américain. Le tout, porté par une musique remarquable du grand Nino Rota.

Que dire de l'interprétation ? Marlon Brando en fait peut-etre un peu trop dans le role de Don Vito Corleone (mie de pain dans les joues, voix fatiguée et limite inaudible par moments, attitude nonchalante), mais pas autant que dans le film dans lequel il s'autocaricaturera, Premiers Pas Dans La Mafia ; Al Pacino, James Caan, Robert Duvall, John Cazale, Richard Castellano, Diane Keaton, Talia Shire, Richard Conte, Sterling Hayden, tous les autres acteurs de ce film sont incroyablement bons, sérieux, sobres. On a l'impression que ces roles ont été conçus pour eux, on a l'impression qu'ils sont vraiment les personnages du film.

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L'action se passe juste après la seconde guerre mondiale, à New York. Don Vito Corleone (Marlon Brando) règne en maitre sur la Famille Corleone, une des plus grandes 'Familles' de la Mafia italo-américaine. La 'Famille' Corleone s'occupe surtout des syndicats et casinos. Régulièrement, des gens viennent voir le Don afin qu'il leur rende de petits services, en échange de quoi, ils lui assurent une loyauté totale et éternelle - tel l'entrepreneur de pompes funèbres qui, au début du film, alors que le Don marie sa fille Connie (Talia Shire), vient lui demander de sauver l'honneur de sa fille, qui a été violentée par deux hommes ayant été graciés par la justice. Ou bien encore Johnny Fontane, un filleul du Don, crooner désirant percer dans le cinéma, mais qui ne parvient pas à convaincre son producteur, Woltz, de l'engager pour son prochain film ; une visite surprise le fera changer d'avis, le Don lui ayant fait une proposition qu'il ne pourra refuser...

Le Don se fait aider par ses fils Santino 'Sonny' (James Caan) et Fredo (John Cazale). Le plus jeune de ses enfants, Michael (Al Pacino), qui revient de la guerre, est volontairement écarté des 'affaires'. En revanche, le Don se fait aussi aider (et conseiller) par Tom Hagen (Robert Duvall), avocat et consegliere de la 'Famille'. Hagen est d'origine irlando-allemand, mais a été recueilli enfant par Corleone, qui le considère comme son fils (et les autres enfants du Don, comme leur frère).

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Un jour, Sollozzo, un mafieux s'occupant du trafic de drogue, vient demander au Don de faire affaire avec lui. Contre l'avis de ses fils et de Hagen, qui estiment le marché de la drogue plein d'avenir, le Don refuse, ne voulant pas y toucher. Il est victime d'un attentat (cinq balles dans le dos) peu de temps après. Cette tentative de meurtre paralyse la Famille, et d'un commun accord, Sonny (le plus agé) prend les rènes. Michael, se rendant au chevet de son père à l'hopital, parvient à éviter un nouvel attentat contre son père. Il se proposera, auprès de ses frères, comme intermédiaire entre la Famille et Sollozzo. Un rendez-vous est pris dans un restaurant, et michael se propose pour abattre Sollozzo et son accompagnateur, un capitaine de police corrompu du nom de McCluskey (Sterling Hayden). Malgré le fait que Michael n'a jamais été mis dans le secret auparavant, aucune objection ne se fait. Michael se rend au rendez-vous, et, en récupérant une arme cachée dans les toilettes, abat les deux hommes. Il est immédiatement envoyé en exil volontaire en Sicile, afin d'etre en sécurité, et doit donc laisser aux USA sa fiancée Kay (Diane Keaton), sans pouvoir la tenir au courant par la suite...

Pendant ce temps, le Don se rétablit, et reprend peu à peu le controle de la Famille. Un jour, Sonny, après avoir reçu un appel de sa soeur Connie, qui se fait battre par son mari Carlo, décide d'aller corriger violemment Carlo. En chemin, victime d'une embuscade menée par les autres Familles de la pègre, il est tué...De son coté, en Sicile, dans le village de Corleone (qui a donné son nom au Don, Corleone étant un pseudonyme), Michael rencontre une jeune femme, Appolonia, dont il tombe amoureux. Il l'épouse. Un jour, il apprend la mort de Sonny, mais aussi le rétablissement de son père. Il apprend aussi qu'il n'est plus en sécurité là où il est. Voyant Appolonia monter dans la voiture pour la faire démarrer, il n'a pas le temps de réagir, et voit la voiture - et sa femme - partir en fumée...Dès lors, Michael retourne aux States.

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Michael, de retour, n'est plus le meme. Il retrouve Kay, qui a un enfant de lui, et se voit diriger la Famille en partenariat avec le Don - Fredo étant envoyé à Las Vegas pour diriger les casinos. Michael décide que la Famille doit s'installer au Nevada, et se rend à Las Vegas (où il retrouve Fredo) pour proposer au gérant des casinos, Moe Greene, de les lui racheter. Refus net de Greene, Michael repart pour New York.

Le Don, alors qu'il joue avec son petit-fils (enfant de Michael), meurt d'une attaque cardiaque. Peu de temps après l'enterrement, Michael devient le parrain de l'enfant de sa soeur Connie. Parallèlement au baptème du bébé, on assiste à une série d'assassinats (celui de Greene, mais aussi des chefs des Familles ayant causé des ennuis à la Famille Corleone). Suspectant Carlo, mari de Connie, d'y etre pour beaucoup dans la mort de Sonny, il le fait abattre, mais ment à Kay lorsque celle-ci lui demande s'il a un rapport avec la mort de Carlo. A partir de ce moment (enterrement de Don Vito, règlements de comptes brutaux), Michael devient Don Michael Corleone, Parrain de la Famille Corleone. Et le jeune homme timide et innocent du début a disparu, pour laisser la place à un homme arrogant, teigneux, dur en affaires, un vrai chef de clan...

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2h48 de pur chef d'oeuvre, un film absolument grandiose, riche en scènes cultes (le producteur hollywoodien Woltz découvrant, au fond de son lit, à son réveil, la tete tranchée et ensanglantée de son cheval favori ; la mort de Sonny et d'Appolonia...), le film est littéralement passionnant. La musique cultissime de Rota, dont le thème majeur apparait dès la séquence montrant Michael en Sicile, est inoubliable. En gros, on ne peut se déclamer cinéphile ou cinémaniaque sans avoir vu ce film.

Le Parrain obtiendra l'Oscar du meilleur film en 1973. Beaucoup le tiendront comme un des meilleurs films jamais faits. Mais, deux ans plus tard, la suite de ce film légendaire, qui obtiendra aussi le meme Oscar, allait surprendre tout le monde...

Mais vous n'avez pas vu Le Parrain, si vous n'avez pas vu...

2) LE PARRAIN, 2ème PARTIE (The Godfather, Part 2)

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Le film date de 1974. Le Parrain ayant obtenu l'Oscar du meilleur film en 1973, Francis Ford Coppola (avec l'appui de l'auteur du roman, Mario Puzo), décida illico de faire une suite, qui se passerait quelques années après les évenements du premier film (au début, on apprend, par le truchement d'un dialogue entre Michael et Kay, que sept ans ont passé), mais aussi au début du siècle (années 10 à 20), à travers l'histoire de la jeunesse de Vito Corleone. Impossible, dès lors, de faire un film durant moins de trois heures ; de ce fait, Le Parrain 2 dure 3h10 très précisément (il est sur deux disques du DVD, le film étant coupé passé les deux premières heures).

Que dire sur cette seconde partie ? Pour plus de clarté, j'aborderai d'abord la partie 'Vito Corleone', avant d'aborder la partie 'Michael Corleone'. En effet, ça me semble assez difficile de raconter le film tel qu'il est, vu que les deux parties se chevauchent...

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Vito Corleone s'appelle, en fait, Vito Andolini. En 1901, son père, son grand frère, et sa mère se font tuer par un chef mafieux local, suite à une provocation verbale du père de Vito. Vito, 9 ans, voit d'ailleurs sa mère se faire tuer devant lui. Il prend la fuite, et parvient à partir en bateau pour les USA. Vito est rebaptisé Corleone à Ellis Island (centre d'accueil des immigrants)...

On le retrouve ensuite en 1917 (il a 25 ans, et est joué par Robert De Niro à partir de ce moment), et il est père de famille, ayant eu son premier enfant, Fredo. Il fait la connaissance de Clemenza (son fidèle homme de main, que l'on voit souvent dans le premier film), suite à un service qu'il lui rend - cacher des armes à feu. Il apprend que le quartier de Little Italy (à New York, bien sur) est quasiment sous la coupe de Don Fanucci, un mafieux.

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Avec l'aide de Clemenza et de Tessio, un autre de ses nouveaux amis, Vito va tendre un piège à Fanucci, et le tuer, afin de libérer le quartier de son racket. Vito (qui a eu, depuis, deux autres enfants, Sonny et Michael - Connie viendra plus tard) devient en quelque sorte, après ce coup d'éclat, le nouveau 'maitre' du quartier, il devient très populaire. Profitant d'une visite en Sicile, dans son village natal, où il retrouve ses anciens proches, Vito retrouve le mafieux responsable de la mort de ses parents, et le tue...Voilà pour la partie du film abordant le personnage de Vito Corleone jeune.

Le reste du métrage, donc, aborde la suite des évenements arrivant durant le règne de Michael Corleone. La Famille est installée au bord du Lac Tahoe, dans le Nevada. Michael fait faire sa première communion à son fils Anthony, qui à maintenant à peu près le meme age que Vito avait lors de son arriver aux USA. Michael envisage de racheter des licences et établissements appartenant à un financier du coin, et demande son appui au sénateur Geary (G.D. Spradlin), moyennant pots-de-vins, mais le sénateur refuse. Il retrouve ausi Frankie Pentangeli (Michael V. Gazzo), un membre de la Famille, s'étant installé à son compte à New York dans l'ancien domaine. Pentangeli demande à Michael l'autorisation de liquider les mafieux de la Famille Rosato, qui lui ont causé pas mal d'ennuis. Michael refuse d'accèder à sa requete, compte tenu que les Rosato sont amis du chef de la mafia juive, Hyman Roth (Lee Strasberg), et que Michael est justement en affaires sérieuses et amicales avec Roth.

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Michael, tard dans la soirée de cette meme journée de communion, échappe de peu à un attentat (fusillade dirigée vers sa chambre, où Kay dormait). Ses hommes de main découvrent vite les corps des deux tueurs, abattus par quelqu'un présent dans la propriété. Suspectant Pentangeli, Michael se rend à Miami, voir Hyman Roth. Il lui fait part de ses doutes, et Roth se range de son avis.

Les deux hommes partent pour Cuba, la Havane, pour leurs affaires. Là, il retrouve son frère Fredo (John Cazale), et découvre que Fredo a beaucoup de relations avec des officiels du coin (le pays est en guerre civile, Castro n'est pas encore au pouvoir, mais ça ne saurait tarder). Michael, commençant à suspecter Roth de vouloir l'abattre, tente de le faire assassiner le jour du Nouvel An, mais la tentative échoue, Roth (pourtant agé) survit (il se fera néanmoins abattre à la fin du film, par un mystérieur tueur). Michael retourne aux USA. Dès son arrivée, il apprend que Kay (Diane Keaton), qui était enceinte de lui, a fait une fausse couche. Michael est effondré par la nouvelle. Parallèmement à ça, suite à ces évenements, il est sommé de passer devant une Commission sénatoriale l'accusant d'etre le chef d'une organisation mafieuse. Il nie tout en bloc, et parvient à etre lavé, mais un homme y laissera sa 'tete' : Pentangeli, qui se fera coffrer en résidence surveillée par le FBI. Il se suicidera, finalement, pour arranger tout le monde...

Michael, suite à tout ça, a une longue discution avec son frère. Il apprend de la bouche meme de son frère que Fredo a une part dans le complot qui visait à toucher Michael à Cuba - seulement, Fredo n'était pas au courant de tout. Michael renie complètement son frère, et annonce à ses hommes de main que tant que sa mère sera en vie, rien ne devra lui arriver - la signification intrinsèque de cette phrase veut tout dire...

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Justement, la mamma Corleone rend l'ame. Michael, sur une suggestion de sa soeur Connie (Talia Shire), console Fredo, mais un regard lancé à son homme de main Rocco veut bien dire ce qu'il veut dire : que Fredo meure, vite. Michael n'a aucun scrupule à faire abattre son frère, ce qui arrive lors d'une partie de peche au large du Lac Tahoe. Michael, ruiné par le départ de Kay, qui lui avait avoué qu'elle n'avait pas fait une fausse couche, mais a en fait avorté (pour la punir, il a gardé les enfants, et l'a chassé), voit son frère se faire descendre, tout se se remémorant les moments heureux de sa vie...

Le film se termine sur une scène se passant en 1941, quelques jours après l'attaque de Pearl Harbor. Il s'agit d'une réunion de famille entre Michael, Fredo, Sonny (James Caan, qui a participé au tournage de cette scène) et Connie. On apprend, lors de cette scène, l'engagement militaire de Michael. C'est, en fait, à ça que pense Michael peu de temps après avoir fait tuer son dernier frère, l'ainé de la Famille, mais pourtant le moins bien estimé...

Comme vous pouvez le constater, c'est extrèmement dur pour moi de parler de ce film, tant il se passe des choses . 3h10 de pur bonheur cinématographique, sublimé par la musique de Nino Rota, l'interprétation incroyable de Al Pacino, Robert De Niro (qui aura l'Oscar du meilleur second role), Robert Duvall, John Cazale, Diane Keaton...Tout est renversant dans Le Parrain 2. Les scènes cultes et fortes sont légion, citons entre autres la scène de la mort de Don Fanucci, ou de celle de la confrontation verbale entre Fredo et Michael (tu n'est plus rien pour moi, ni un frère, ni un ami, rien). Sans oublier la fameuse scène où Tom Hagen (Robert Duvall) compare la Famille Corleone avec l'Empire Romain.

La perfection cinématographique existe bel et bien : il suffit de regarder ce film pour s'en convaincre. Le Parrain 2 obtiendra 6 Oscars, dont celui du meilleur film (comme ce fut le cas pour le premier film). Il faudra attendre 17 ans pour que Francis Ford Coppola boucle la boucle, avec un troisième film moins réussi (il est vrai), mais néanmoins passionnant. Et pour en savoir plus, veuillez sauter une ligne !

3) LE PARRAIN, 3ème PARTIE (The Godfather, Part 3)

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Le film date de 1991, et a été réalisé par un Francis Ford Coppola plus ou moins ruiné par les échec de ses précédents films (Coup De Coeur, Cotton Club, Outsiders, pourtant très bons). Un besoin urgent de redorer son blason l'a poussé à accepter de faire ce troisième volet.

On ne va pas mentir, ce troisième volet, pour excellent qu'il est (quelques scènes sont absolument renversantes de maitrise, j'y reviendrai), n'en reste pas moins le moins bon et intéressant de la trilogie, qui se termine donc sur une note un tantinet basse. Mais bon, faire aussi bon que le premier film était difficile, et faire encore plus réussi que le second était tout simplement impossible. Coppola n'a meme pas tenté d'égaliser la puissance incroyable du second volet avec Le Parrain 3 ; il a juste fait un film totalement différent.

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Nous sommes dans la fin des seventies, plus principalement en 1978-1979 (les évenements abordés dans le film permettent de le dire). Michael Corleone (Al Pacino, encore et toujours), la soixantaine, dirige toujours sa Famille, mais il ne s'occupe plus que de business licite. Oubliée, la Mafia, Michael a redoré son blason, et a reçu une décoration de la part du Pape Paul VI lui-meme pour sa contribution à des oeuvres de charité (dont sa fille Mary - Sofia Coppola - est également bienfaitrice, puisqu'elle dirige la Fondation Vito Corleone). Michael est devenu respectable. Une grande fete est organisée. Michael retrouve son ex-femme, Kay (Diane Keaton). Il apprend que son fils, Anthony, veut devenir chanteur lyrique, au lieu de poursuivre ses études de droit. Réticent, Michael finit par admettre que son fils à parfaitement le droit de choisir son avenir.

Au cours de la fete, Vincent Mancini (Andy Garcia), fils caché de Sonny Corleone (un des frères de Michael - James Caan dans le premier film, faut-il tout vous rappeler ?), fait irruption. Vincent travaille pour le compte d'un mafieux de New York, qui travaille lui-meme pour le compte des Corleone, Joey Zasa (Joe Mantegna). Entre Zasa et Michael, aucun problème, mais entre Zasa et Vincent, une grosse embrouille. Michael décide de prendre Vincent ('Vincenzo') sous son aile, il est, après tout, son oncle.

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Tout en rachetant une société européenne d'immobilier, et ce avec le soutien de l'archeveque Gilday (Donald Donnely), qui dirige la Banque du Vatican, Michael forme Vincent. Vincent fait la connaissance de Mary, et tombe amoureux d'elle, ce qui ne plait pas à Michael. Le Pape Paul VI étant malade, et l'acquisition par Michael de la société Immobilia ne dépendant que de lui, les transactions, mal vues par les fondateurs de la société (Don Lucchesi, Keinszig) sont mises en attente.

Michael se rend à Atlantic City, afin de clore définitivement les affaires le liant à ses différents associés. A partir de maintenant, il rentre dans le droit chemin. Parmi les gens présents, Joey Zasa, qui est le seul à ne pas recevoir de prime d'adieu de la part de Michael. Zasa sort de la salle de meeting, et très peu de temps après une violente fusillade ravage les locaux, tuant tout le monde, excepté Michael et Vincent, ayant réussi à s'enfuir. Michael, apprenant que Don Altobello (Eli Wallach), qui était présent, avait quitté la salle peu de temps avant le massacre, commence à le soupçonner d'etre le responsable de tout cela. Malheureusement, une violente crise de diabète l'envoir direct à l'hopital. Voyant l'état de Michael, Connie charge Vincent de règler le problème Zasa, et c'est au cours d'une fete populaire dans les rues de New York que Vincent abattra le gèneur.

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Michael, vite remis sur pied, n'approuve pas la situation. Pour se calmer, il se rend en Sicile, et apprend que son fils Anthony se produira bientot au Théatro Massimo, dans un opéra. Kay débarque en Sicile, pour la première fois, et Michael, tentant de se rabibocher avec elle, lui fait faire le tour de l'ile, lui fait découvrir le pays.

Pendant ce temps, le Pape Paul VI décède, et est remplacé par un nouveau Pape, Jean-Paul 1er. Ce dernier signe tout de suite l'accord faisant de Michael le gérant de la société Immobilia. Mais les autres responsables, tous dirigés par Don Lucchesi, font mandater un tueur sicilien pour abattre Michael. Michael, se sentant trop faible et vieux pour continuer à gérer la Famille, fait de Vincent le nouveau Don, à condition que celui-ci renonce à fréquenter Mary. Vincent accepte.

C'est au cours de la soirée à l'opéra, alors que, de son coté, le nouveau Pape décèdera dans son sommeil (Jean-Paul 1er, qui sera remplacé par Jean-Paul II par la suite, n'a pas été Pape très longtemps, quelques semaines à peine - à ce sujet, le film semble accréditer une thèse assez douteuse : on a l'impression que le Papa aurait été empoisonné, en voyant le film, or ce n'est pas vrai), que tout se jouera : le tueur, à la sortie de l'opéra, tente d'abattre Michael, et ne fait que le blesser ; en revanche, il tue accidentellement Mary, la fille de Michael, avant d'etre abattu par Vincent. La scène finale montre Michael Corleone, agé d'environ 75-80 ans, mourir de vieillesse, en Sicile. Le dernier des Corleone.

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Le Parrain 3 est donc le moins fort des trois films de la saga. C'est incontestable. Mais, rien que pour l'interprétation toujours superbe de Al Pacino, et aussi pour Andy Garcia, qui a ici son meilleur role, il faut le voir. Certaines scènes sont purement et simplement inoubliables, telles la confession de Michael (Pacino, en larmes) par le cardinal Lamberto (qui deviendra le Pape Jean-Paul 1er, qui emportera cette confession dans la tombe), ou bien encore le final, grandiose (la scène de l'opéra). La musique n'est plus signée Nino Rota (qui est mort en 1979), mais Carmine Coppola, père du réalisateur. Très proche de celle des deux premiers films, mais en plus dramatique (conclusion oblige), elle est tout aussi belle. La réalisation, bien sur, est impeccable. A noter que le film est plus court que les autres, 2h40 (ce qui est quand meme pas mal, comme durée).

Une conclusion assez mineure par rapport aux deux autres films, mais je pense sincèrement que ce film est presque du meme niveau que, par exemple, Casino ou Les Affranchis (qui sont, eux, exceptionnels, mais en-dessous du niveau des deux premiers films de la saga de Coppola, quand meme) : un putain de bon film. Il ne faut pas trop le comparer avec les deux premiers volet pour bien l'apprécier, meme si c'est vrai que c'est au bout de deux ou trois visionnages qu'on comence vraiment à l'aimer autant que les deux autres.

Au final, la saga du Parrain est incontestablement un des plus grands moments de l'histoire du cinéma. Il faut absolument voir, et revoir, ces films. Presque 9 heures (en tout) de bonheur.