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SPOILERS !

Adaptation du phénoménal roman d’anticipation du même nom que George Orwell a écrit en 1948, 1984 est sorti en…1984, justement (belle opération marketing !), et est réalisé par Michael Radford. Interprété par un John Hurt magistral, mais aussi par Richard Burton (dans son dernier rôle), Cyril Cusack et Suzanna Hamilton, le film est une adaptation intéressante du roman (un des romans les plus terrifiants jamais conçus), malgré ses quelques petits défauts – dont le plus important est sa bande-son.

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L’action se situe en 1984 (même si, comme il est dit par le personnage principal, la date de 1984 ne peut être affirmée avec certitude), en Angleterre. Le monde occidental (l’Oceania) vit sous la coupe d’une dictature absolument terrifiante, un régime totalitaire dirigé par Big Brother, que personne ne voit jamais autrement que sur des affiches.

Chaque citoyen est contrôlé par des écrans de TV disposés un peu partout, et un organisme d’état, la Police de la Pensée, est capable de lire dans les esprits de chaque individu pour y déceler de la rebellion au Parti. Les citoyens sont devenus des matricules, et l’un d’eux, Winston Smith (John Hurt), matricule 6079, travaille comme employé de bureau dans un des ministères du Parti.

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Docile, obéissant aux doctrines innombrables et absurdes du Parti (la Minute de la Haine, entre autres), Winston, un jour, n’en peut plus, et se met à penser par lui-même, ce qui est absolument tabou et interdit. De plus, il devient obnubilé par une jeune femme (Suzanna Hamilton), une employée séduisante, et en tombe amoureux, ce qui est un autre interdit (CrimeSexe, mot en novlangue - argot du Parti - pour les relations sexuelles ne servant pas à la conception). A partir même du moment où Winston se met à penser, il se sait mort en sursis.

Julia (la jeune femme) et Winston vont vivre de très beaux moments dans un petit local situé dans une échoppe du quartier prolétaire (les rebuts de la société de 1984), à l’abri du Parti, et vont se mettre à rêver d’idéaux impossible à atteindre. Mais ce qui devait arriver arrive un jour, ils sont arrêtés par la Police de la Pensée, et se retrouvent aux mains d’O’Brien (Richard Burton), un homme sadique, qui va les torturer pour leur faire comprendre à quel point ils ont eu tort de se rebeller contre le plus beau Parti qui soit.

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Big Brother is watching you. Avec ce film, on plonge totalement dans un monde terrifiant, dans lequel 2+2 peuvent faire 5 si Big Brother en a décidé ainsi. Un monde dans lequel chaque personne contre le Parti (lequel parti à pour nom, en fait, AngSoc, ce qui signifie Socialisme Anglais) est éliminée et rayée littéralement de la carte, comme si elle n’avais jamais existé (défense absolue ensuite d’en parler, c’est devenu un ‘non-être’, selon les propres termes du Parti). Un monde dans lequel on ne ressemble à rien sauf à des moutons, obéissants, dociles, soumis…

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George Orwell, on le sent, était pessimiste, avait peur de la société de demain. Si on n’est heureusement pas arrivé à telle extrémisme, il faut bien reconnaître qu’avec ces émissions de RealTV, on se rapproche quand même du concept de ‘l’espionnage à la maison’.

Ce film, extrêmement réussi, a certes un peu vieilli (esthétique 80’s qui prend un coup de vieux, musique de Eurythmics assez horrible excepté la chanson 1984 (Sexcrimes), plutôt sympa), mais reste assez angoissant, et les prestations de John Hurt et de Richard Burton sont tout simplement inoubliables. En un mot, 1984 est un excellent film d’anticipation, de nos jours assez méconnu, et qui mériterait de l’être bien mieux.